12 Concerti, Opus 3
Francesco Onofrio Manfredini, 12 Concerti, Opus 3
Coups de cœur
Francesco Onofrio Manfredini, 12 Concerti, Opus 3
Cette blessure
Où meurt la mer comme un chagrin de chair
Où va la vie germer dans le désert
Qui fait de sang la blancheur des berceaux
Qui se referme au marbre du tombeau
Cette blessure d'où je viens
Cette blessure
Où va ma lèvre à l'aube de l'amour
Où bat ta fièvre un peu comme un tambour
D'où part ta vigne en y pressant des doigts
D'où vient le cri le même chaque fois
Cette blessure d'où tu viens
Cette blessure
Qui se referme à l'orée de l'ennui
Comme une cicatrice de la nuit
Et qui n'en finit pas de se rouvrir
Sous des larmes qu'affile le désir
Cette blessure
Comme un soleil sur la mélancolie
Comme un jardin qu'on n'ouvre que la nuit
Comme un parfum qui traîne à la marée
Comme un sourire sur ma destinée
Cette blessure d'où je viens
Cette blessure
Drapée de soie sous son triangle noir
Où vont des géomètres de hasard
Bâtir de rien des chagrins assistés
En y creusant parfois pour le péché
Cette blessure d'où tu viens
Cette blessure
Qu'on voudrait coudre au milieu du désir
Comme une couture sur le plaisir
Qu'on voudrait voir se fermer à jamais
Comme une porte ouverte sur la mort
Cette blessure dont je meurs
Léo Ferré.
Mon ami,
Si la poésie naît de ces moments précieux où la solitude est effacée par le murmure des rêves partagés, ou bien de ces heures furtives où les pensées se mêlent ou s’épanouissent dans la chaleur des confidences,
alors mes mains, comme les vôtres sont pleines de fleurs.
- Anaïs Nin
Il fait jour
et je sais ce qu’est le jour
Il fait nuit
et je sais ce qu’est la nuit
Il fait nuit
et le jour
-dis-moi-
c’était comment déjà ?
Il fait jour
et la nuit
-rappelle-moi-
c’était quoi ?
J’ai oublié, ma foi.
Et si le jour ne revenait pas
et si le jour durait toujours
ce serait dur
Et nous serions devenus fous
à nous taper la tête
contre les murs
Ne crois-tu pas ?
Quand la haine est en moi
je sais ce qu’est la haine
Quand l’amour est en moi
je sais ce qu’est l’amour
Mais quand l’amour est là
-tu sais-
celui
qui est en soi
la nuit comme le jour
Ne serait-il pas doux
que la haine s’oublie
pour toujours ?
Christiane Bozza
Plus transparente
Que cette goutte d'eau
Entre les doigts de la plante grimpante
Ma pensée tend un pont
De toi-même à toi-même
Regarde-toi
Plus réelle que le corps que tu habites
Fixe au centre de mon front
Née pour vivre sur une île.
Octavio Paz
"Un jour nous comprendrons que la poésie n’était pas un genre littéraire mal vieilli mais une affaire vitale, la dernière chance de respirer dans le bloc du réel."
— Christian Bobin
Je connais les couleurs qui se marient à toi
J'ai juré sur l'honneur tous des milliers de fois
J'ai plongé dans le bruit pour oublier tout ça
J'ai plongé dans le bruit pour oublier tout ça
J'ai revu la candeur qui se cachait là bas
Les reflets me déforment en des milliers de fois
J'ai prolongé la nuit et penser à tout ça
Prolongé la nuit à te regarder tout bas
Tout sera anormal, en ne regrettant rien
On se dira du mal, qu'on est pas comédien
Et on trouvera ça très bien
Et on trouvera ça très bien
Et portés par le vent, on a dansé pour voir
Dans des vagues de nuit, dans un dernier espoir
J'ai prolongé la nuit et penser à tout ça
Prolongé la nuit à te regarder tout bas
J'ai plongé dans le bruit pour oublier tout ça
J'ai plongé dans le bruit pour oublier tout ça
Tout sera anormal, en ne regrettant rien
On se dira du mal, qu'on n'est pas comédien
Qu'on est même un peu pâle à l'horizontal
Qui nous faisait du bien, tout deviendra vital
Et on trouvera ça très bien
Et on trouvera ça très bien
Et on trouvera ça très bien
Je connais les couleurs qui se marient à toi
J'ai juré sur l'honneur tous des milliers de fois
J'ai plongé dans le bruit pour oublier tout ça
J'ai plongé dans le bruit pour oublier tout ça
J'ai revu la candeur qui se cachait là bas
Les reflets me déforment en des milliers de fois
J'ai prolongé la nuit et penser à tout ça
Prolongé la nuit à te regarder tout bas.
Baden Baden
Maîtresse, embrasse-moi, baise-moi, serre-moi,
Haleine contre haleine, échauffe-moi la vie,
Mille et mille baisers donne-moi je te prie,
Amour veut tout sans nombre, amour n'a point de loi.
Baise et rebaise-moi; belle bouche pourquoi
Te gardes-tu là-bas, quand tu seras blêmie,
A baiser (de Pluton ou la femme ou l'amie),
N'ayant plus ni couleur, ni rien semblable à toi?
En vivant presse-moi de tes lèvres de roses,
Bégaye, en me baisant, à lèvres demi-closes
Mille mots tronçonnés, mourant entre mes bras.
Je mourrai dans les tiens, puis, toi ressuscitée,
Je ressusciterai, allons ainsi là-bas,
Le jour tant soit-il court vaut mieux que la nuitée.
Claude de Pontoux