Building Blocks
Kumi Yamashita
Building Blocks
1997
Bois, lumière et ombre
H 230 cm
Coups de cœur
Kumi Yamashita
Building Blocks
1997
Bois, lumière et ombre
H 230 cm
Dès que tu entres dans ma chambre
tu la fais se tourner vers le soleil.
Le front sur toi de la plus faible lueur
et c'est tout le ciel qui t'enjambe.
Pour que mes mains puissent te toucher
il faut qu'elles se fraient un passage
à travers les blés dans lesquels tu te tiens,
avec toute une journée de pollen sur la bouche.
Nue, tu te jettes dans ma nudité
comme par une fenêtre
au-delà de laquelle le monde n'est plus
qu'une affiche qui se débat dans le vent.
Tu ne peux pas aller plus loin que mon corps
qui est contre toi comme un mur.
Tu fermes les yeux pour mieux suivre les chemins
que ma caresse trace sous ta peau.
Lucien Becker
Chaque matin, tu délivres
le trésor jadis gardé
par un marin aveugle
aux yeux brûlés
par la folie des dieux
leur vengeance inassouvie
Chaque matin ton corps
enveloppé de bandelettes
révèle les mantras sacrés
recueillis durant
tes nuits meurtries
par la ronde des mots
Chaque matin je recueille
à travers le tamis de la vie
tes mots consacrés
par la pluie fertile
ruisselant sur ton corps
meutri
Chaque matin, je m'en remets
à toi...
(1685-1750)
Cantate "Gloria In excelsis Deo", BWV 191
vers 1740
III. Sicut erat in principio.
Roger:
Je peux plus dormir
Je peux plus rêver
Je suis pas sur demain de me réveiller
On a beau me dire tout ce qu'on voudra
Je ne suis pas sur que deman le jour se levera
Je peux plus dormir
Je peux plus rêver
Tant qu'un ami ou un amour seront enfermes
Tant qu'on laissera une innocence
Derierre les barreaux de la loi du silence
Je peux plus dormir
Je veux pas me coucher
Je veux résister jusqu'a ce que je vois le ciel s'éclaircir
Encore une nuit pass?e seul
A réfléchir
A ne plus supporter
De voir sa gueule dans le miroir de la solitude
Roger:
J'ai jamais tiré sur personne
J'ai voulu etre un perdant qui gagne
20 ans de prison
Encore 10 ans suspendus au dessus de ma tete
Je ne sais meme plus si je suis vivant ou mort
Marie:
En te perdant j'ai perdu mon ame
Nul etre ne m'a fait source d'autant de bonheur
Te souviens tu de ces routes d'italie
Quand je m'allongeais sur toi regardant le ciel
Et que tu conduisais heureux ton corps chaud contre le mien
Roger:
Réemprisonner depuis 2 ans je tourne dans ma cellule
Jusqu'a épuisement
Le sentiment d'etre né en captivité
De ne plus rien ressentir
Marie:
Je veux pas perdre ta main
Je veux pas qu'on nous sépare
Je veux pas que mon enfant meurt a force de d?sespoir
Roger:
S'il faut dormir ne plus rêver
Marie:
C'est long d'être sans toi c'est difficile ? vivre
Roger:
Se reposer oublier chaque jour qui s'en va
Marie:
Je voudrais briser ta cage
Roger:
Je veux bien dormir entre tes bras
Marie:
Ecarter tes barreaux
Roger:
Fermer les yeux pour mieux sentir
Marie:
Je voudrais que tu vives
Roger:
Fermer les yeux pour mieux sentir ton coeur
Qui bat.
paroles de Marie Rivière, Roger Knobelspiess et Jacques Higelin
musique de Jacques Higelin
Un classique est un livre qui n’a jamais fini
de dire ce qu’il a à dire
Italo Calvino
Autoportrait
(vers 1816)
Eugène Delacroix
1798-1863
huile sur toile
50, 5 cm x 60, 5 cm
Rappelle-toi, quand l’Aurore craintive
Ouvre au Soleil son palais enchanté ;
Rappelle-toi, lorsque la nuit pensive
Passe en rêvant sous son voile argenté ;
A l’appel du plaisir lorsque ton sein palpite,
Aux doux songes du soir lorsque l’ombre t’invite,
Ecoute au fond des bois
Murmurer une voix :
Rappelle-toi.
Rappelle-toi, lorsque les destinées
M’auront de toi pour jamais séparé,
Quand le chagrin, l’exil et les années
Auront flétri ce coeur désespéré ;
Songe à mon triste amour, songe à l’adieu suprême !
L’absence ni le temps ne sont rien quand on aime.
Tant que mon coeur battra,
Toujours il te dira
Rappelle-toi.
Rappelle-toi, quand sous la froide terre
Mon coeur brisé pour toujours dormira ;
Rappelle-toi, quand la fleur solitaire
Sur mon tombeau doucement s’ouvrira.
Je ne te verrai plus ; mais mon âme immortelle
Reviendra près de toi comme une soeur fidèle.
Ecoute, dans la nuit,
Une voix qui gémit :
Rappelle-toi.
Alfred de Musset
(Vergiss mein nicht)
(Paroles faites sur la musique de Mozart)
Pianology 1
extrait de Pianology
(1987)
Ketil Bjørnstad
(1952- )
Deux lueurs rouges — non, des miroirs !
Non, deux ennemis !
Deux cratères séraphins.
Deux cercles noirs
Carbonisés — fumant dans les miroirs
Glacés, sur les trottoirs,
Dans les salles infinies —
Deux cercles polaires.
Terrifiants ! Flammes et ténèbres !
Deux trous noirs.
C’est ainsi que les gamins insomniaques
Crient dans les hôpitaux : — Maman !
Peur et reproche, soupir et amen…
Le geste grandiose…
Sur les draps pétrifiés —
Deux gloires noires.
Alors sachez que les fleuves reviennent,
Que les pierres se souviennent !
Qu’encore encore ils se lèvent
Dans les rayons immenses —
Deux soleils, deux cratères,
— Non, deux diamants !
Les miroirs du gouffre souterrain :
Deux yeux de mort.
30 juin 1921.
Marina Tsvetaeva