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Coups de cœur
Préludes intenses pour ceux qui ont perdu la mémoire d'amour
Prends-moi. Ta bouche du lin sur ma bouche
Austère. Prends-moi MAINTENANT, AVANT
Avant que la carnation se défasse en sang, avant
La mort, mort amour, ma mort, prends-moi
Enfonce ta main, respire mon souffle, avale
En cadence ma sombre agonie.
Temps du corps, ce temps-là, de la faim
Du dedans. Corps se connaissant, lentement.
Um soleil de diamant mourrissant le ventre,
Le fait de la chair, la mienne.
Fuyante.
Et sur nous ce temps futur tissant
Tissant la grande toile. Au-dessus de nous la vie
La vie se répandant. Cyclique. S’ écoulant.
Tu te reconnais vivant sous un joug nouveau
Tu te mets en ordre. Et moi, déliquescente: amour, amour,
Avant le mur, avant la terre, je dois
Je dois crier ma parole, un charmant
Flanc
Dans l’ ardente tessiture d’ un rocher. Je dois crier
Je le dis à moi même. Mais à côté de toi, je me couche
Immense. En pourpure. En argent. En douceur.
Hilda HILST
le poème aussi est
le poème aussi est façon de voir venir du fond du sombre les mots
comme un ciel d'aube
Antoine Emaz
Invictus
Out of the night that covers me,
Black as the Pit from pole to pole,
I thank whatever gods may be
For my unconquerable soul.
In the fell clutch of circumstance
I have not winced nor cried aloud.
Under the bludgeonings of chance
My head is bloody, but unbowed.
Beyond this place of wrath and tears
Looms but the Horror of the shade,
And yet the menace of the years
Finds, and shall find, me unafraid.
It matters not how strait the gate,
How charged with punishments the scroll.
I am the master of my fate:
I am the captain of my soul.
Dans les ténèbres qui m’enserrent,
Noires comme un puits où l’on se noie,
Je rends grâce aux dieux quels qu’ils soient,
Pour mon âme invincible et fière,
Dans de cruelles circonstances,
Je n’ai ni gémi ni pleuré,
Meurtri par cette existence,
Je suis debout bien que blessé,
En ce lieu de colère et de pleurs,
Se profile l’ombre de la mort,
Et je ne sais ce que me réserve le sort,
Mais je suis et je resterai sans peur,
Aussi étroit soit le chemin,
Nombreux les châtiments infâmes,
Je suis le maître de mon destin,
Je suis le capitaine de mon âme.
William Ernest Henley
je suis un mensonge...
Jean Cocteau
Pour que l'amour me quitte
Pour que l'amour me quitte
Enzo Pietropaoli Quartet
La parole
J'ai la beauté facile et c'est heureux.
Je glisse sur les toits des vents
Je glisse sur le toit des mers
Je suis devenue sentimentale
Je ne connais plus le conducteur
Je ne bouge plus soie sur les glaces
Je suis malade fleurs et cailloux
J'aime le plus chinois aux nues
J'aime la plus nue aux écarts d'oiseau
Je suis vieille mais ici je suis belle
Et l'ombre qui descend des fenêtres profondes
Épargne chaque soir le coeur noir de mes yeux.
Paul ÉLUARD
Un poète
Un poète doit être toujours amoureux jusqu'à la dernière minute de sa vie
Pablo Neruda
Les yeux ouverts
Ce souvenir, je te l'rends
Des souvenirs tu sais, j'en ai tellement
Puisqu'on repart toujours à zéro
Pas la peine de s'charger trop
Ce souvenir je te l'prends
Des souvenirs comme ça, j'en veux tout l'temps
Si par erreur la vie nous sépare
Je l'sortirai d'mon tiroir
J'rêve les yeux ouverts, ça m'fait du bien
Ça n'va pas plus loin
J'veux pas voir derrière puisque j'en viens
Vivement demain
Mon bonheur te ressemble
Tous les deux vous allez bien ensemble
J'te l'dirai jamais, jamais assez
Tout c'que tu fais m'fait d'l'effet
J'rêve les yeux ouverts, ça m'fait du bien
Ça n'va pas plus loin
J'veux pas voir derrière puisque j'en viens
Vivement demain
Un dernier verre de sherry
De chéri mon amour, comme je m'ennuie
Tous les jours se ressemblent à présent
Tu me manques terriblement..
Enzo Enzo
Qu'il connaît qu'on feint de l'aimer
Sonnet
Elle feint de m'aimer, pleine de mignardise,
Soupirant après moi, me voyant soupirer,
Et par de feintes pleurs témoigne d'endurer
L'ardeur que dans mon âme elle connaît éprise.
Le plus accort amant, lorsqu'elle se déguise,
De ses trompeurs attraits ne se peut retirer :
Il faut être sans coeur pour ne point désirer
D'être si doucement déçu par sa feintise.
Je me trompe moi-même au faux bien que je vois,
Et mes contentements conspirent contre moi.
Traîtres miroirs du coeur, lumières infidèles,
Je vous reconnais bien et vos trompeurs appas :
Mais que me sert cela, puisqu'Amour ne veut pas,
Voyant vos trahisons, que je me garde d'elles ?
Honoré d'Urfé