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Dans le surgissement du poème

14 Juillet 2011, 06:03am

Publié par vertuchou

Dans le surgissement du poème, veille, avant d'engager ta plume,

à calmer la fougue des mots, plus impétueux et imprévisibles

que des chevaux sauvages, cabrés à la première mise en demeure du sens.


Alexandre Voisard

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White as diamonds

13 Juillet 2011, 05:12am

Publié par vertuchou

I’ve known mornings white as diamonds

Silent from a night so cold

Such a stillness, calm as the owl glides

Our lives are buried in snow

I was sifting through the piles

In my hand a tangled thread

Each patient tug upon the snarl

Is a glimpse of what has been

Burdened bands gave strong hands

Gaping holes where diamonds should be

Must have been the morning that stole them

A glint of white in the pocket of winter

Some hearts are ghosts

Settling down in dark waters

Just as silt grows heavy

And drowns with the stone

I’ve known mornings white as diamonds

Silent from a night so cold

Such a stillness, calm as the owl glides

Our lives are buried in snow

 

The-Island

 

 

 

 

 

J'ai connu des matins,

Blancs comme des diamants.

Silencieux d'une nuit si froide,

Un tel calme...

Calmes comme le hibou glisse dans les airs,

Nos vies sont enterrées dans la neige.

 

Je passais au crible les tas,

Dans ma main, un fil emmêlé.

Chaque saccade tire sur le noeud,

Est un aperçu de ce qui a été.

 

Les bandes, accablées, gagnent des mains fortes.

Des trous bâillants là où les diamants devraient être.

Sûrement le matin qui les a volés...

 

Une étincelle de blancs dans la poche de l'hiver.

Et certains coeurs sont des fantômes s'installant dans des eaux sombres.

De même que la vase devient lourde, et se noie avec les pierres.

 

Quelques coeurs sont des fantômes s'installant dans des eaux sombres.

De même que la vase devient lourde, et se noie avec les pierres.

 

J'ai connu des matins,

Blancs comme des diamants.

Silencieux d'une nuit si froide,

Un tel silence...

Calmes comme le hibou glisse dans les airs,

Nos vies sont enterrées dans la neige.

 

Nos vies sont enterrées dans la neige...

 

Alela Diane

 

 

 

 

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Le menacé / El amenazado

12 Juillet 2011, 06:04am

Publié par vertuchou

C’est l’amour. Je devrai me cacher ou fuir.

Les murs de ma prison grandissent, comme en un rêve atroce. Le beau masque a changé, mais comme toujours c’est le seul. De quoi peuvent me servir mes talismans :  l’exercice des lettres, la vague érudition, l’apprentissage des mots dont l’âpre Nord se servit pour chanter ses mers et ses épées, la sereine amitié, les galeries de la Bibliothèque, les choses courantes, les coutumes, le jeune amour de ma mère, l’ombre militaire de mes morts, la nuit intemporelle, la saveur du sommeil ?

Etre avec toi ou ne pas être avec toi est la mesure de mon temps.

Déjà la cruche se brise sur la fontaine, déjà l’homme se lève à la voix de l’oiseau, déjà s’assombrissent ceux qui regardent aux fenêtres mais l’ombre n’a pas apporté la paix.

C’est, je le sais bien, l’amour : le désir anxieux d’entendre sa voix, l’attente et la mémoire, l’horreur de vivre dans la succession.

C’est l’amour avec ses mythologies, avec ses petites magies inutiles.

Il y a un coin de rue où je n’ose passer.

Déjà les armées m’encerclent, les hordes.

(Cette chambre est irréelle, elle ne l’a pas vue.)

Le nom d’une femme me dénonce.

J’ai mal à une femme dans tout mon corps.

 

Jorge Luis BORGES

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Fleur de saison

11 Juillet 2011, 06:11am

Publié par vertuchou

Dès les premières lueurs
Je sombre


Il me paraît bien loin l’été
Je ne l’ai pas oublié
Mais j’ai perdu la raison
Et le temps peut bien s’arrêter
Peut bien me confisquer
Toute notion des saisons


Dès les premières lueurs d’octobre
En tout bien tout honneur
Je sombre


Je sens comme une odeur de lys
Mes muscles se raidissent
Et j’attends la floraison
Mais qu’a-t-il pu bien arriver
Entre septembre et mai
J’en ai oublié mon nom


Dès les premières lueurs d’octobre
En tout bien tout honneur
Je sombre


Oh le temps a tourné je compte les pousses
Des autres fleurs de saison
Je ne sortirai pas encore de la mousse
Pas plus qu’une autre fleur de saison


Il me paraît bien loin l’été
Mes feuilles desséchées
Ne font plus la connexion
Mais qu’a-t-il pu bien arriver
Entre septembre et mai
Je ne fais plus la distinction


Dès les premières lueurs d’octobre
En tout bien tout honneur
Je sombre


Oh le temps a tourné je compte les pousses
Des autres fleurs de saison
Je ne sortirai pas encore de la mousse
Pas plus qu’une autre fleur de saison


Dès les premières lueurs
Je sombre

 

Paroles et  Musique : Émilie Simon

 

 

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Si tu veux nous nous aimerons

10 Juillet 2011, 06:05am

Publié par vertuchou

Si tu veux nous nous aimerons
Avec tes lèvres sans le dire
Cette rose ne l'interromps
Qu'à verser un silence pire

Jamais de chants ne lancent prompts
Le scintillement du sourire
Si tu veux nous nous aimerons
Avec tes lèvres sans le dire

Muet muet entre les ronds
Sylphe dans la pourpre d'empire
Un baiser flambant se déchire
Jusqu'aux pointes des ailerons
Si tu veux nous nous aimerons

 

Stéphane Mallarmé

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Ombra mai fu

9 Juillet 2011, 05:58am

Publié par vertuchou

 

 

 

"Ombra mai fu,
Di vegetabile,
Cara ed amabile,
Soave piu?"

air de  Xerxès,

  opéra de Georg Friedrich Haendel

composé en 1738

interprété par Anne-Sophie von Otter

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Nous mettons nos pas nus

8 Juillet 2011, 05:01am

Publié par vertuchou

Nous mettons nos pas nus dans l’eau du rêve,

Elle est tiède, on ne sait si c’est le réveil

Ou si la foudre lente et calme du sommeil

Trace déjà ses signes dans des branches


Yves Bonnefoy

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Pierrot

7 Juillet 2011, 06:06am

Publié par vertuchou

 

Pierrot.jpeg

 

Georges Rouault
Pierrot
(vers 1937–38)


huile sur toile
118.1 x 89.5cm

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Défense du poète

6 Juillet 2011, 05:08am

Publié par vertuchou

Ecrire son poème, est-ce une trahison,
comme devant la mise à mort d'un innocent
on détourne les yeux ? Aligner quelques mots
qui lâchent le réel pour un gramme d'azur,
est-ce dresser un paravent contre le monde
affolé dans son bain, parmi l'écume noire ?
Traiter sa fable favorite en libellule
par-dessus la rivière, est-ce oublier le pain
qui manque à l'homme ? Remplacer le vrai printemps
par un printemps verbal aux toucans invisibles
qui sont peut-être un peu de feu, est-ce insulter
notre nature ? Aimer une voyelle blanche
comme on aime sa fille, est-ce être dédaigneux
de notre amour universel, qui nous saccage ?

 

Alain Bosquet

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Fragments

5 Juillet 2011, 00:00am

Publié par vertuchou

L'encre à peine séchée
tes écrits translucides
percent mon cœur,
dans la tempête des sentiments
ma raison chavire
comme le bateau ivre
en quête d'un havre paisible

 

Fragment d'étoile
tu joues avec la lune, ta sœur
éclairant d'une couleur mordorée
les couples incestueux
de l'eau et du feu

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