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Vertuchou.over-blog.com

Amour atrophié

25 Novembre 2010, 06:56am

Publié par vertuchou

Amour sourd

aux battements de mon cœur

 

Amour aveugle

à la beauté naïve du regard

 

Amour muet

pour mon âme assoiffée de mots amoureux

 

Amour insensible

aux caresses de mes rêves

 

Amour défunt

embaumé de ton parfum

 

Amère mère

de mes sens troublés

 

Tu m'as laissé tomber

folle Passion insensée

 

 Nadia Gosselin

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Blue territory

24 Novembre 2010, 06:31am

Publié par vertuchou

Joan-Mitchell_Blue-territory--1972_huile-sur-toile-260-cm-x.jpg

 

Joan Mitchell   Blue territory, 1972

huile sur toile 260 cm x 180 cm

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Les feuilles mortes

23 Novembre 2010, 05:54am

Publié par vertuchou

 Oh! je voudrais tant que tu te souviennes
Des jours heureux où nous étions amis
En ce temps-là la vie était plus belle,
Et le soleil plus brûlant qu'aujourd'hui
Les feuilles mortes se ramassent à la pelle
Tu vois, je n'ai pas oublié...
Les feuilles mortes se ramassent à la pelle,
Les souvenirs et les regrets aussi
Et le vent du nord les emporte
Dans la nuit froide de l'oubli.
Tu vois, je n'ai pas oublié
La chanson que tu me chantais.

C'est une chanson qui nous ressemble
Toi, tu m'aimais et je t'aimais
Et nous vivions tous deux ensemble
Toi qui m'aimais, moi qui t'aimais
Mais la vie sépare ceux qui s'aiment
Tout doucement, sans faire de bruit
Et la mer efface sur le sable
Les pas des amants désunis.

Les feuilles mortes se ramassent à la pelle,
Les souvenirs et les regrets aussi
Mais mon amour silencieux et fidèle
Sourit toujours et remercie la vie
Je t'aimais tant, tu étais si jolie,
Comment veux-tu que je t'oublie?
En ce temps-là, la vie était plus belle
Et le soleil plus brûlant qu'aujourd'hui
Tu étais ma plus douce amie
Mais je n'ai que faire des regrets
Et la chanson que tu chantais
Toujours, toujours je l'entendrai !


C'est une chanson qui nous ressemble
Toi, tu m'aimais et je t'aimais
Et nous vivions tous deux ensemble
Toi qui m'aimais, moi qui t'aimais
Mais la vie sépare ceux qui s'aiment
Tout doucement, sans faire de bruit
Et la mer efface sur le sable
Les pas des amants désunis.


paroles: Jacques Prévert
musique: Joseph Kosma

 

 

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Dame au balcon

22 Novembre 2010, 06:27am

Publié par vertuchou

Soudain, elle apparaît, enveloppée de vent,
claire dans la clarté, arrachée, semble-t-il,
et sa chambre, taillée en biseau,
remplit la porte derrière elle,

sombre comme le champ d’un camée
dont les bords sont frangés de lumière ;
et tu as l’impression que le soir n’était pas
avant qu’elle apparût pour, sur la balustrade,

déposer encore un peu d’elle-même :
les mains encore — afin d’être légère :
comme offerte au ciel par les files
de maisons, mobile à tous les vents.

Rainer Maria Rilke

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C’est, c’est, c’est Labadie

21 Novembre 2010, 05:40am

Publié par vertuchou

Avoir 20 ans en Haïti
N’est pas comme vivre paisiblement à Paris,
Avoir 20 ans en Haïti depuis qu’on cherche un visa
N’est pas comme se lever un beau jour et se rendre au Canada,
Avoir 20 ans en Haïti à essayer de réussir son examen de baccalauréat
N’est pas comme on éprouve un dégoût immense après avoir dégusté un rat,
Avoir 20 ans en Haïti depuis qu’on vit dans le chômage
N’est pas comme on se dit qu’une minute plus tard Haïti ne sera qu’un mirage,
Avoir 20 ans en Haïti à idolâtrer Franck Etienne*
N’est pas comme vouloir démontrer qu’on est Haïtienne,
Alors c’est quoi ?
Je dois savoir quoi ?
Avoir 20 ans en Haïti depuis qu’on cherche du travail
C’est le désespoir de deux amoureux s’apercevant qu’ils ne s’aiment plus après une
nuit de retrouvailles,
Avoir 20 ans en Haïti handicapé, enfermé dans une maison
C’est se lever chaque jour et prier Dieu pour avoir la force de ne pas prendre du poison
Avoir 20 ans en Haïti à être humilié parce qu’on ne sait pas lire
C’est se lever chaque jour et regarder des milliers d’hommes sans savoir qui choisir,
C’est se dire que nous avons droit à un peu de loisir
Avoir 20 ans en Haïti à pleurer sur la tombe de sa mère
C’est se dire bientôt j’aurai des enfants qui pleureront eux aussi car je serai mère
Avoir 20 ans en Haïti à se laisser aider par les étrangers
C’est se dire qu’on n’aura jamais une dinde au goûter,
Avoir 20 ans en Haïti à prévoir un goudougoudou**
C’est se lever et dire aujourd’hui je mangerai du rapadou***,
Avoir 20 ans en Haïti à chercher un valet
C’est se dire qu’Haïti est nôtre et on doit le prendre comme il est
Avoir 20 ans en Haïti à regarder son drapeau flotter
C’est se dire qu’un jour notre perle aura sa clarté ;
Avoir 20 ans en Haïti
C’est, C’est, C’est Labadie****.


Destine Cassandra Cindy, 20 ans


* Chanteur et écrivain, plus connu sous le nom de Frankétienne.
** Onomatopée désignant le séisme du 12 janvier 2010.
*** Sucre non raffiné vendu dans des feuilles de palmiste.
**** Station balnéaire privée au nord du pays, réservée aux étrangers.

 

Haiti

 

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Sur la plume de Dabo

20 Novembre 2010, 05:10am

Publié par vertuchou

Va mon baiser, quitte le frêle gîte
Ton amour est trouvé, un bouleau te le tend,
La résine de l'été et la neige de l'hiver
ont pris garde.

Réné Char

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La poésie est comme le vent

19 Novembre 2010, 06:16am

Publié par vertuchou

.. La poésie est comme le vent,
ou comme le feu, ou comme la mer.
Elle fait vibrer des arbres, des vêtements,
elle embrase des épis, des feuilles sèches,
elle berce dans sa houle
les objets qui dorment sur la plage ...

José Hierro

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Écoute, comme une ombre

18 Novembre 2010, 06:00am

Publié par vertuchou

Écoute, comme une ombre
s’avancerait, la mer, l’inlassable
vol des vagues qui claquent
contre la terre, écoute

ce monde devenu monde, à force
de résonner parmi les ans. Ton enfance
est cette matière fossile, un vœu
du temps qui brûle à mesure.

Écoute, et l’oiseau fuira encore
brisant tes châteaux sur le sable

de cette côte de l’Atlantique
où tu vis s’en aller l’aube
et revenir par tant de marées.

 

Hélène Dorion

 

Bonneville Salt Flats


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El viento en la isla / Le vent dans l'île

17 Novembre 2010, 05:31am

Publié par vertuchou

El viento es un caballo:
óyelo cómo corre
por el mar, por el cielo.

Le vent est un cheval :
écoute comme il court
à travers mer et ciel.

Quiere llevarme: escucha
cómo recorre el mundo
para llevarme lejos.

 Pour m'emmener : écoute
comme il parcourt le monde
pour m'emmener au loin.

Escóndeme en tus brazos
por esta noche sola,
mientras la lluvia rompe
contra el mar y la tierra
su boca innumerable.

Cache-moi dans tes bras,
cette nuit solitaire,
tandis que la pluie blesse
à la mer, à la terre,
innombrable, sa bouche.

Escucha como el viento
me llama galopando
para llevarme lejos.

Entends comme le vent
m'appelle en galopant
pour m'emmener au loin.

Con tu frente en mi frente,
con tu boca en mi boca,
atados nuestros cuerpos
al amor que nos quema,
deja que el viento pase
sin que pueda llevarme.

Ton front contre  mon front,
ta bouche sur ma bouche,
nos  deux corps amarrés
à l'amour qui nous brûle,
laisse le vent passer,
qu'il ne m'emporte pas.

Deja que el viento corra
coronado de espuma,
que me llame y me busque
galopando en la sombra,
mientras yo, sumergido
bajo tus grandes ojos,
por esta noche sola
descansaré, amor mío.

Laisse courir le vent
d'écume couronné,
qu'il m'appelle et me cherche
en galopant dans l'ombre,
tandis que moi, plongé
au fond de tes grands yeux,
cette nuit solitaire,
mon amour je me reposerai.

 

Pablo Neruda

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Automne

16 Novembre 2010, 05:17am

Publié par vertuchou

Jaime-Moroldo-Lira_Automne_15-modules-30-x30-cm--acrylique-.JPG

 

Jaime Moroldo Lira,  Automne

15 modules de 30 x 30cm

acrylique sur papier et bois

 

 

 

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