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Coups de cœur
La poésie c'est un peu cela,
ce sont les vers qui nous rongent le cœur que l'on met sur papier.
On leur dessine des ailes et puis... ils deviennent alors
de magnifiques papillons prenant leur envol
vers la liberté... d'expression !
C'est la plus belle métamorphose qui soit !
Nadia Gosselin
Charme
La femme chevelure
Peinte aux ires du vent
A baigné dans son chant
L'astre qui ne vibre encore
François David
Songes
Les songes ont des âmes
que l'on trouve égarées
au creux de nos têtes
le visage masqué
au creux de ma tête
ils sont lourds à porter
Mes songes font de moi
une tête penchée
dans l'au-delà
faut-il aller
se noyer ?
Il y a dans mes songes
un visage inconnu
à la tête ronde
triste comme un pendu
Dis moi qui es tu
et ce que tu as vu
et si tu ne veux rien dire
alors laisse moi dormir
Dans l'au-delà
Faut-il aller
Se noyer ?
Dessous mes yeux clos
il y a ta tête triste
ta larme arrose
tous les myosotis
J'ai fouillé la mer
et tous mes souvenirs
mais il est perdu
à jamais, ton sourire
Dans l'au-delà
je ne veux plus aller
me noyer
Dans l'au-delà
je ne veux plus aller
me noyer
Emily Loizeau
Es-tu brune ou blonde ?
Es-tu brune ou blonde ?
Sont-ils noirs ou bleus,
Tes yeux ?
Je n'en sais rien mais j'aime leur clarté profonde,
Mais j'adore le désordre de tes cheveux.

Es-tu douce ou dure ?
Est-il sensible ou moqueur,
Ton cœur ?
Je n'en sais rien mais je rends grâce à la nature
D'avoir fait de ton cœur mon maître et mon vainqueur.
Fidèle, infidèle ?
Qu'est-ce que ça fait,
Au fait
Puisque toujours dispose à couronner mon zèle
Ta beauté sert de gage à mon plus cher souhait.
Paul Verlaine
Je vous cherche
l'icône espérance
Il y a le bleu des brèches et des horizons pâles
Il y a que je pense à un figuier comme
À la perfection du sommeil
Il y a que le ciel penche au-dedans de nous
Et se relève : il y a la jeunesse des eaux.

Il y a une icône au fond d'un temple
Et le temps qui s'inscrit tout entier en toi
Il y a ce poème qui te ressemble
Une rose à jamais pure
Rose noire la rose de ta voix.
Il y a une arche au-dessus du froid
Quelque chose qui respire tout près d'ici
Je t'écoute est-ce toi est-ce moi
Il y a une source qui ne finit pas.
Lionel Ray
The wine shop / Le bistro
Edward Hopper, 1909, huile sur toile, 61 x 73,5 cm
Les mots
Les mots qui vont surgir savent de nous des choses que nous ignorons d'eux.
Un moment nous serons l'équipage de cette flotte composée d'unités rétives
et le temps d'un grain, son amiral.
Puis le large la reprendra, nous laissant à nos torrents limoneux
et nos barbelés givrés.
René Char
