Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Vertuchou.over-blog.com

Quelque chose, quelqu'un

26 Mars 2010, 16:02pm

Publié par vertuchou


Sur la pierre, sous la pierre,
les lucioles comme des lanternes du temps.
 Quelqu'un descend le talus, tu ne sais pas si c'est toi,
l'eau est chaude, la route aussi,
sur sa chair l'enfance scintille.
Petites étoiles...
immobiles.
 
Sylvie Fabre G.

Voir les commentaires

Quincaillerie

25 Mars 2010, 21:41pm

Publié par vertuchou

Dans une quincaillerie de détail en province
des hommes vont choisir
des vis et des écrous
et leurs cheveux sont gris et leurs cheveux sont roux
ou roidis ou rebelles.

La large boutique s'emplit d'un air bleuté,
dans son odeur de fer
de jeunes femmes laissent fuir
leur parfum corporel.

Il suffit de toucher verrous et croix de grilles
qu'on vend là virginales
pour sentir le poids du monde inéluctable.

Ainsi la quincaillerie vogue vers l'éternel
et vend à satiété
les grands clous qui fulgurent.

Jean Follain

Voir les commentaires

De ce lieu

24 Mars 2010, 22:15pm

Publié par vertuchou

De

ce

lieu

Dieu

sort

 mort

mais

très

fort

Voir les commentaires

La mer n’a point…

23 Mars 2010, 22:36pm

Publié par vertuchou

Je me consume allant de plage en plage.

De jour pensif, pleurant toute la nuit,

Suis sans repos comme est la belle lune :

Et tout soudain que vois venir le soir,

Soupirs du cœur, des yeux fais si grands ondes,

Qu’arrosent champs, et font crouler les bois.

 

Je hais la ville, et aime mieux les bois :

Car quand je suis en cette douce plage,

Vais déchargeant avec le bruit des ondes

Mes grefs travaux dessous la coye nuit,

Et quand est jour je n’attends que le soir,

Que le soleil donne place à la lune.

 

Las fussé-je ore au vague de la lune

Bien endormi dedans quelques verts bois :

Et celle-là, qui fait venir le soir

Trop tôt pour moi, vint seule en celle plage

Avecques moi demeurer une nuit,

Et le jour fut tout temps delà les ondes.

 

Sur ondes faite, aux rayons de la lune,

Et de nuit née, ô Chanson, dans les bois,

Verras demain très riche plage au soir.

 

Vasquin Philieul



 

Voir les commentaires

Si j’osais... Si seulement j’osais...

22 Mars 2010, 21:15pm

Publié par vertuchou

Si j’osais... Si seulement j’osais...

Je vous raconterais la façon dont votre ombre
Se glisse certains soirs, chez moi, dans la pénombre

Pour matérialiser mes rêves les plus fous
Défiant la bienséance, transgressant mes tabous ;
Le frôlement de vos mains, que j’imagine si douces
Qui m’attirent contre vous sans que je les repousse ;
Comment mon subconscient dessine votre image
Et bouscule ma vie, si rangée et si sage ;
Mes doigts sur votre nuque, qui plongent dans vos cheveux
Sentant que vos désirs se font plus impérieux ;
La façon dont vos lèvres embrasent tous mes sens,
Vos caresses qui me donnent cette étrange souffrance.
Je vous dirai ce feu qui consume nos corps
Dans la danse sensuelle que l’on invente alors...

Si j’osais... Si seulement j’osais...

Mais... Le temps passe, et l’aube se lève, déjà...
Rassurez-moi : je n’ai rien dit n’est-ce pas ?
Tenons-nous en aux convenances voulez-vous ?
Je vous souhaite le bonjour... Dîtes... Me permettez-vous ?

Ce soir... Laissez sortir votre ombre !

 

 

Claudie Becques

4405700050_e76b26a195.jpg

Voir les commentaires

Le discours à la première personne (extrait)

21 Mars 2010, 17:42pm

Publié par vertuchou

J’aurais tant voulu vous aider
Vous qui semblez autres moi-même
Mais les mots qu’au vent noir je sème
Qui sait si vous les entendez

Tout se perd et rien ne vous touche
Ni mes paroles ni mes mains
Et vous passez votre chemin
Sans savoir ce que dit ma bouche

 

Votre enfer est pourtant le mien
Nous vivons sous le même règne
Et lorsque vous saignez je saigne
Et je meurs dans vos mêmes liens

 

Quelle heure est-il quel temps fait-il
J’aurais tant aimé cependant
Gagner pour vous pour moi perdant
Avoir été peut-être utile

 

C’est un rêve modeste et fou
Il aurait mieux valu le taire
Vous me mettrez avec en terre
Comme une étoile au fond d’un trou

 

Aragon

Voir les commentaires

Le parcours

20 Mars 2010, 08:10am

Publié par vertuchou

D'obstacles en terrasses
De rameaux en ténèbres
Le parcours est sans pitié

Va main à main
avec tant d'autres
Leur feu ton feu
seront alliés

Avance
La terre prendra ta forme

Elle n'abolit que les miroirs !

Andrée Chedid

Voir les commentaires

J'ai tant rêvé de toi

17 Mars 2010, 20:38pm

Publié par vertuchou.over-blog.com

J'ai tant rêvé de toi que tu perds ta réalité.
Est-il encore temps d'atteindre ce corps vivant
Et de baiser sur cette bouche la naissance
De la voix qui m'est chère?

J'ai tant rêvé de toi que mes bras habitués
En étreignant ton ombre
A se croiser sur ma poitrine ne se plieraient pas
Au contour de ton corps, peut-être.
Et que, devant l'apparence réelle de ce qui me hante
Et me gouverne depuis des jours et des années,
Je deviendrais une ombre sans doute.


O balances sentimentales.

J'ai tant rêvé de toi qu'il n'est plus temps
Sans doute que je m'éveille.
Je dors debout, le corps exposé
A toutes les apparences de la vie
Et de l'amour et toi, la seule
qui compte aujourd'hui pour moi,
Je pourrais moins toucher ton front
Et tes lèvres que les premières lèvres
et le premier front venu.

 

J'ai tant rêvé de toi, tant marché, parlé,
Couché avec ton fantôme
Qu'il ne me reste plus peut-être,
Et pourtant, qu'a être fantôme
Parmi les fantômes et plus ombre
Cent fois que l'ombre qui se promène
Et se promènera allègrement
Sur le cadran solaire de ta vie.

 

 

Robert Desnos

Voir les commentaires

Le mal de vivre

14 Mars 2010, 22:28pm

Publié par vertuchou

Ça ne prévient pas quand ça arrive

Ça vient de loin

Ça c'est promené de rive en rive

La gueule en coin

Et puis un matin, au réveil

C'est presque rien

Mais c'est là, ça vous ensommeille

Au creux des reins

 

Le mal de vivre

Le mal de vivre

Qu'il faut bien vivre

Vaille que vivre

 

On peut le mettre en bandoulière

Ou comme un bijou à la main

Comme une fleur en boutonnière

Ou juste à la pointe du sein

C'est pas forcément la misère

C'est pas Valmy, c'est pas Verdun

Mais c'est des larmes aux paupières

Au jour qui meurt, au jour qui vient

 

Le mal de vivre

Le mal de vivre

Qu'il à nous faut vivre

Vaille que vivre

 

Qu'on soit de Rome ou d'Amérique

Qu'on soit de Londres ou de Pékin

Qu'on soit d'Egypte ou bien d'Afrique

Ou de la porte Saint-Martin

On fait tous la même prière

On fait tous le même chemin

Qu'il est long lorsqu'il faut le faire

Avec son mal au creux des reins

 

Ils ont beau vouloir nous comprendre

Ceux qui nous viennent les mains nues

Nous ne voulons plus les entendre

On ne peut pas, on n'en peut plus

Et tous seuls dans le silence

D'une nuit qui n'en finit plus

Voilà que soudain on y pense

A ceux qui n'en sont pas revenus

 

Du mal de vivre

Leur mal de vivre

Qu'ils devaient vivre

Vaille que vivre

 

Et sans prévenir, ça arrive

Ça vient de loin

Ça c'est promené de rive en rive

Le rire en coin

Et puis un matin, au réveil

C'est presque rien

Mais c'est là, ça vous émerveille

Au creux des reins

 

La joie de vivre

La joie de vivre

Viens, il faut la vivre

Ta joie de vivre

 

La, la, la, la...

La joie de vivre

 

Barbara

 


Voir les commentaires

Sonnet

12 Mars 2010, 07:05am

Publié par vertuchou.over-blog.com

Au bord tristement doux des eaux, je me retire,

Et voy couler ensemble, et les eaux, et mes jours,
Je m'y voy sec, et pasle, et si j'ayme tousjours,
 Leur resveuse mollesse où ma peine se mire.

Au plus secret des bois je conte mon martyre,
Je pleure mon martyre en chantant mes amours,
Et si j'ayme les bois, et les bois les plus sours,
Quand j'ai jetté mes cris, me les viennent redire.

Dame dont les beautez me possedent si fort,
Qu'estant absent de vous je n'aime que la mort :
Les eaux en vostre absence, et les bois me consolent.

Je voy dedans les eaux, j'entends dedans les bois,
L'image de mon teint, et celle de ma voix,
Toutes peintes de morts qui nagent, et qui volent.

Jacques Davy du Perron

 

link

Voir les commentaires