Quatre mots
Attente, silence
Message
Delivrance
Coups de cœur
Attente, silence
Message
Delivrance
Je pris ton échelle et je sortis du monde.
De la neige noire brillait dans le ciel.
Le soleil avait une forme terrestre,
Il était large comme une feuille.
Les contrées avaient leurs contours dissous par
des lacs.
L'eau était partout, c'est d'elle qu'a surgi l'homme.
Toute, elle était bulleuse et l'air fusait.
Cela trahissait les laves incandescentes.
Beaucoup de feux brûlaient sous le sol.
La mer en était salée, c'est la sueur de la terre
Et le sel cristallisait sous le choc des rayons.
L'univers ondulait et une brume d'étain montait
du vide.
En ces confins du monde, j'eus un sentiment
d'étrangeté.
Car c'est là que tu sièges les yeux pers et
les cheveux de feu
Tandis que ces transformations s'inscrivent
dans un temps défini.
Serge Lanoe
Poème grec - Serge Lanoë - Poésie en prose, poésie libre
POEME GREC° Je pris ton échelle et je sortis du monde. De la neige noire brillait dans le ciel. Le soleil avait une forme terrestre, Il était (...)
Il est plus difficile de vivre décemment une journée
que de composer un livre
Adam Mickiewicz
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est-ce pomme
Jacques Darras |
Je suis François , dont il me poise,
Né de Paris emprès Pontoise,
Et de la corde d’une toise
Saura mon col que mon cul poise.
François Villon
Quand je marche
Quand je marche, je marche
quand je dors, je dors
quand je chante, je chante
je m'abandonne
Quand je marche, je marche droit
quand je chante, je chante nue
et quand j'aime, je n'aime que toi
quand j'y pense, je ne dors plus
Je suis ici, je suis dedans
je suis debout
je ne me moquerai plus de tout
"Entends tu, m'as-tu dis,
le chant du monde », alors depuis
quand l'aube se lève, je la suis
quand la nuit tombe
je tombe aussi
Je suis ici, je suis dedans
je suis debout
je ne me moquerai plus de tout
Quand j'ai faim, tout me nourrit
le cri des chiens, et puis la pluie,
quand tu pars, je reste ici,
je m'abandonne et je t'oublie.
Camille Dalmais
Exaltation muette qui me parcourt
Se dévoiler par le verbe
Se toucher sans se rencontrer
Attente impatiente qui me traverse
Découvrir le don de l’autre
S’emparer de ce présent et en faire chair !
Attention inquiète qui me transperce
Deviner les maux derrière l’écriture
Jusqu’où la terre finira-t-elle sa course ?
Voici des fruits, des fleurs, des feuilles et des branches
Et puis voici mon coeur qui ne bat que pour vous.
Ne le déchirez pas avec vos deux mains blanches
Et qu'à vos yeux si beaux l'humble présent soit doux.
J'arrive tout couvert encore de rosée
Que le vent du matin vient glacer à mon front.
Souffrez que ma fatigue à vos pieds reposée
Rêve des chers instants qui la délasseront.
Sur votre jeune sein laissez rouler ma tête
Toute sonore encor de vos derniers baisers;
Laissez-la s'apaiser de la bonne tempête.
Et que je dorme un peu puisque vous reposez.
Aurons-nous le temps d’aller très loin
de traverser les carrefours, les mers, les nuages
d’habiter ce monde qui va parmi nos pas
d’un infini secret à l’autre, pourrons-nous écouter
le remuement des corps à travers le sable ;
aurons-nous le temps
de tout nous dire et d’arrêter d’être effrayés
par nos tendresses, nos chutes communes ;
pourrons-nous tout écrire
d’un passage de vent sur nos visages
Ces murmures de l’univers, ces éclats d’immensité ;
aurons-nous le temps de trouver
un mètre carré de terre et d’y vivre
ce qui nous échappe
je ne sais pas encore
Hélène Dorion
A découvrir sur
http://www.maulpoix.net/Dorion.html
Le poème, tel que je l'entends,
transformation d'une forme de vie par une forme de langage
et d'une forme de langage par une forme de vie,
partage avec la réflexion le même inconnu, le même risque
et le même plaisir, le même pied de nez
aux idées reçues du contemporain.
Puisqu'on n'écrit ni pour plaire ni pour déplaire, mais pour vivre et transformer la vie.
Henri Meschonnic