On ne peut pas se tromper
On ne peut pas se tromper quand on écrit un poème minute.
Tout juste peut-on décevoir la concordance des temps, la grammaire et l'orthographe.
Arthur Teboul
Coups de cœur
On ne peut pas se tromper quand on écrit un poème minute.
Tout juste peut-on décevoir la concordance des temps, la grammaire et l'orthographe.
Arthur Teboul
On s’embrasse sur la bouche et sur les lèvres,
on s’enlace dans la nuit et sous les toits,
tétins couleur de vieux soleil,
toison couleur de jeune soir,
voguez ensemble jusqu’au matin
le rouge avec le noir
Cécile Coulon
J’ai travesti, pour te complaire,
Ma véhémence et mon émoi
En un cœur lent et sans colère.
Mais ce qui m’importe le plus
Depuis l’instant où tu m’as plu,
C’est d’être un jour lasse de toi !
— Je perds mon appui et mon aide,
Tant tu me hantes et m’obsèdes
Et me deviens essentiel !
Je ne vois la vie et le ciel
Qu’à travers le vitrail léger
Qu’est ton nuage passager.
— Je souffre, et mon esprit me blâme,
Je hais ce harassant désir !
Car il est naturel à l’âme
De vivre seule et d’en jouir…
Anna de Noailles
Je n'oublierais jamais la façon qu'il tenait son cou. Ils ne flirtaient pas, ne faisaient aucun geste érotique ou démonstratif, mais leur intimité était électrique. Il tenait son cou. Ce n'était pas un geste possessif, c'était fusionnel.
Lucia Berlin, Manuel à l'usage des femmes de ménage.
Le noyé qui gît là dans l’herbe de la berge,
n’ayant plus rien d’humain qu’une main non rongée
où luit un anneau d’or,
poussé du pied par vous avec haine et dégoût
ainsi que la charogne d’une bête mauvaise,
parce qu’il est vêtu d’un dolman ennemi
était pourtant un homme – un homme – un tout jeune homme
nourri d’air, de soleil, d’amour, tout comme vous.
Peut-être que chez lui vivait sa douce mère,
sûrement son épouse, peut-être des enfants !
Songez, quelle agonie angoissée loin des siens
il dut avoir, blessé, dans l’ombre de la nuit
et l’eau froide et profonde.
Qu’une pensée humaine au moins soit son linceul.
Lucien Jacques
Je me tiens
là où le bleu de la mer
est sans limites
Taneda Santoka
La création poétique est un mystère indéchiffrable, comme le mystère de la naissance de l'homme. On entend des voix, on ne sait pas d'où, et ça ne sert à rien de se soucier d'où elles viennent.
Federico García Lorca
Quand je serai un oiseau
je n’aurai plus jamais le vertige,
plus jamais la voix enrouée,
et je sifflerai dans le ciel
pour faire avancer le soleil.
François David