Un poète c’est
Un poète c’est quelqu’un qui a un don égal pour l’âme et pour le verbe.
Marina Tsvetaïeva
Coups de cœur
Un poète c’est quelqu’un qui a un don égal pour l’âme et pour le verbe.
Marina Tsvetaïeva
Les objets!
Brûlez-les, brûlez-les ! Faites un beau
Feu ! Plus de place dans ton cœur pour l’amour,
pour les arbres ! Pour les oiseaux qui possèdent
rien – la raison pour laquelle ils peuvent voler.
Mary Oliver
Je n'ai plus que trois envies maintenant : manger, dormir et baiser. Les cabarets me passionnent. J'ai envie d'entendre une musique rauque, de voir des visages, de frôler des corps, de boire de la bénédictine enflammée. Les belles femmes et les beaux hommes suscitent en moi des désirs féroces. Je veux danser. Je veux de la drogue. J'ai envie de connaître des gens pervers, d'être intime avec eux. Je ne regarde jamais les visages naïfs. Je veux mordre dans la vie et en être déchiré.
Anaïs Nin, Henry et June.
Une lumière existe au printemps
Qui n’est présente
À aucun autre moment de l’année
Quand mars est à peine arrivé
Une couleur se détache
Dans les champs solitaires
Que la science ne peut dépasser
Mais la nature humaine le ressent…
Emily Dickinson
L’eau des millénaires creuse
L’épaisseur des granits noirs
Dont scintillent les cristaux
Tu respires l’air du gouffre
Le pont nous semble si haut
que la rivière fait peur
Le ciel coule trop profond
Nous sommes des primitifs
Qui répondent à l’écho
Comme à l’inconnu qui passe
Nous sommes l’eau qui reflète
un frémissement de feuille
Juliette Darle
Toujours la poésie essaie d’habiller la femme,
mais elle ne peut pas.
Toujours elle essaie de cerner l’infini, mais elle ne peut pas, et la femme est l’infini.
Adonis
Pour qui, comment quand et pourquoi ?
Contre qui, comment, contre quoi ?
C′en est assez de vos violences
Qui êtes-vous, où allez-vous ?
Qui priez-vous, que voulez-vous ?
Je vous prie de faire silence
Pour qui, comment, quand et pourquoi ?
S'il faut absolument qu′on soit
Contre quelqu'un ou quelque chose
Je suis pour les soleils couchants
En haut des collines désertes
Je suis pour les forêts profondes
Car un enfant qui pleure, qu'il soit de n′importe où
Est un enfant qui pleure
Car un enfant qui meurt au bout de vos fusils
Est un enfant qui meurt
Que c'est abominable d'avoir à choisir
Entre deux innocences !
Que c'est abominable d'avoir pour ennemis
Les rires de l'enfance !
Pour qui, comment, quand et combien ?
Contre qui ? Comment et combien ?
À en perdre le goût de vivre,
Le goût de l'eau, le goût du pain
Et celui du Perlimpinpin
Dans le square des Batignolles !
Mais pour rien, mais pour presque rien,
Pour être avec vous et c'est bien !
Et pour une rose entr'ouverte,
Et pour une respiration,
Et pour un souffle d'abandon,
Et pour ce jardin qui frissonne !
Rien avoir, mais passionnément,
Ne rien se dire éperdument,
Mais tout donner avec ivresse
Et riche de dépossession,
N'avoir que sa vérité,
Posséder toutes les richesses,
Ne pas parler de poésie,
Ne pas parler de poésie
En écrasant les fleurs sauvages
Et faire jouer la transparence
Au fond d'une cour au murs gris
Où l'aube n'a jamais sa chance.
Contre qui, comment, contre quoi ?
Pour qui, comment, quand et pourquoi ?
Pour retrouver le goût de vivre,
Le goût de l'eau, le goût du pain
Et celui du Perlimpinpin
Dans le square des Batignolles.
Contre personne et contre rien,
Contre personne et contre rien,
Mais pour toutes les fleurs ouvertes,
Mais pour une respiration,
Mais pour un souffle d'abandon
Et pour ce jardin qui frissonne !
Et vivre passionnément,
Et ne se battre seulement
Qu'avec les feux de la tendresse
Et, riche de dépossession,
N'avoir que sa vérité,
Posséder toutes les richesses,
Ne plus parler de poésie,
Ne plus parler de poésie
Mais laisser vivre les fleurs sauvages
Et faire jouer la transparence
Au fond d'une cour aux murs gris
Où l'aube aurait enfin sa chance,
Vivre,
Vivre
Avec tendresse,
Vivre
Et donner
Avec ivresse !
Barbara