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Vertuchou.over-blog.com

Et comment vivre sans elle

10 Juillet 2025, 00:57am

Publié par vertuchou

Et comment vivre sans elle, privé de son rire timide et clair, de son teint hâlé couleur de cannelle, de son parfum de girofle, de sa chaleur, de sa langueur, de sa voix lui disant “mon beau monsieur”, des pâmoisons nocturnes dans ses bras, de la chaleur de son sein, de l’ardeur de ses jambes, comment ? Alors il comprit tout ce que signifiait Gabriela. Dieu du ciel ! Que se passait-il, pourquoi cette peur soudaine de la perdre, pourquoi la brise de la mer devenait-elle un vent glacé qui faisait frissonner ses graisses ? Non, la seule pensée de la perdre était intolérable, comment vivre sans elle ? 

Jorge Amado, Gabriela, girofle et cannelle.

 

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Le Sud

9 Juillet 2025, 00:29am

Publié par vertuchou

Le Sud paresseux et riant
Avec du sang sur la bouche
Le Sud ensoleillé,
fort de bête, d'
idiot.
Le Sud enfantin
Gratter dans les cendres du feu mort
Pour les os d'un nègre.
Le coton et la lune, La
chaleur, la terre, la chaleur,
Le ciel, le soleil, les étoiles,
Le sud parfumé au magnolia.
Belle, comme une femme,
Séduisante comme une pute aux yeux noirs,
Passionnée, cruelle,
aux lèvres de miel, syphilitique -
C'est le Sud.
Et moi qui suis noir, je l'aimerais
Mais elle me crache au visage.
Et moi, qui suis noire, je
lui ferais de nombreux cadeaux rares.
Mais elle me tourne le dos.
Alors maintenant je cherche le Nord -
Le Nord au visage froid,
Car elle, disent-ils,
Est une meilleure maîtresse,
Et dans sa maison mes enfants
peuvent échapper au charme du Sud.

Langston Hughes

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Canzon à 3, Due Canti e Basso

8 Juillet 2025, 00:00am

Publié par vertuchou

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Tierce rime pour votre âme

7 Juillet 2025, 00:21am

Publié par vertuchou

Votre âme est une enfant que je voudrais bercer
En mes bras trop humains pour porter ce fantôme,
Ce fantôme d'enfant qui pourrait me lasser,

Et je veux vous conter comme un bon Chrysostome
La beauté de votre âme aperçue à demi
Autant qu'on peut voir une monade, un atome.

Votre âme est dans la paix comme cloître endormi.
Des larrons useront de plus d'un stratagème
Pour ouvrir la portail qui forclôt l'ennemi.
Et l'un venant de droite avec la claire gemme
L'offrira de dehors à votre âme en dedans;
Un autre, le sinistre, alors s'écriera : "J'aime!
* J'aime la paix des soirs qui sont des occidents,
* Dans un cloître aux échos longs comme ma mémoire."
Et contre le heurtoir il brisera ses dents.

Votre âme est un parfum subtil dans une armoire,
Votre âme est un baiser que je n'aurai jamais,
Votre âme est un lac bleu que nul autan ne moire;

Et l'on dérobera le parfum que j'aimais,
On prendra ce baiser dans un baiser trop tendre,
On boira dans ce ac où l'eau, je le promets,

Sera douce douce et très fraîche à qui saura s'étendre
Au bord du lac et boire comme une fleur d'eau,
Etre au lac de votre âme, homme fleur ô l'anthandre !

Votre âme est une infante à qui c'est un fardeau
Que porter le brocart de sa robe et sa traîne.
L'infante aux yeux ouverts qui veut faire dodo.

Votre âme est une infante à l'ombre souveraine
Des cyprès à l'instant où les rois vont passer,
Votre âme est une infante et qui deviendra reine,

Votre âme est une enfant que je voudrais bercer.

 Guillaume Apollinaire
 

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Je crois qu’un poète

6 Juillet 2025, 00:59am

Publié par vertuchou

Je crois qu’un poète doit tout avouer, tout ce que fait son âme jusqu’aux pires ombres.

Pierre Mohrange 

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Fleurs et couronnes

5 Juillet 2025, 01:13am

Publié par vertuchou

Homme

Tu as regardé la plus triste la plus morne de toutes les

fleurs de la terre
Et comme aux autres fleurs tu lui as donné un nom
Tu l'as appelée
Pensée.
Pensée

C'était comme on dit bien observé
Bien pensé
Et ces sales fleurs qui ne vivent ni se ne se fanent

jamais
Tu les as appelées immortelles...
C'était bien fait pour elles...
Mais le lilas tu l'as appelé lilas
Lilas c'était tout à fait ça
Lilas...
Lilas...

Aux marguerites tu as donné un nom de femme
Ou bien aux femmes tu as donné un nom de fleur
C'est pareil.

L'essentiel c'était que ce soit joli
Que ça fasse plaisir...
Enfin tu as donné les noms simples à toutes les fleurs

simples
Et la plus grande la plus belle
Celle qui pousse toute droite sur le fumier de la misère



Celle qui se dresse à côté des vieux ressorts rouilles

A côté des vieux chiens mouillés

A côté des vieux matelas éventrés

A côté des baraques de planches où vivent les sous-

alimentés
Cette fleur tellement vivante
Toute jaune toute brillante
Celle que les savants appellent
Hélianthe
Toi tu l'as appelée soleil ...
Soleil...

Hélas ! hélas ! hélas et beaucoup de fois hélas !
Qui regarde le soleil hein?
Qui regarde le soleil ?
Personne ne regarde plus le soleil
Les hommes sont devenus ce qu'ils sont devenus
Des hommes intelligents...
Une fleur cancéreuse tubéreuse et méticuleuse à leur

boutonnière
Ils se promènent en regardant par terre
Et ils pensent au ciel

Ils pensent...
Ils pensent... ils n'arrêtent pas de penser...
Ils ne peuvent plus aimer les véritables fleurs vivantes
Ils aiment les fleurs fanées les fleurs séchées
Les immortelles et les pensées
Et ils marchent dans la boue des souvenirs dans la

boue des regrets...
Ils se traînent
A grand-peine

Dans les marécages du passé
Et ils traînent... ils traînent leurs chaînes
Et ils traînent les pieds au pas cadencé...
Us avancent à grand-peine
Enlisés dans leurs champs-élysées
Et ils chantent à tue-tête la chanson mortuaire
Oui ils chantent
A tue-tête



Mais tout ce qui est mort dans leur tête

Pour rien au monde ils ne voudraient l'enlever

Parce que

Dans leur tête

Pousse la fleur sacrée

La sale maigre petite fleur

La fleur malade

La fleur aigre

La fleur toujours fanée

La fleur personnelle...

...
La pensée...
 
Jacques Prévert

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Three Little Black Dresses

4 Juillet 2025, 00:33am

Publié par vertuchou

Norman Parkinson, Three Little Black Dresses, 1961

Norman Parkinson, Three Little Black Dresses, 1961

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Printemps

3 Juillet 2025, 00:10am

Publié par vertuchou

Quand loin de la chair molle et des amours brutales
Les pardons du sommeil tombent sur mes yeux las,
Je rêve un odorant bosquet de blancs lilas,
Abritant vos baisers, tendresses virginales !

J’aime comme une fleur, j’aime comme un oiseau,
J’aime si doucement que l’amour s’en étonne ;
Et les jeunes printemps viennent dans mon automne
Refléter leur beauté comme le ciel dans l’eau.

Des brises, des chansons, des parfums, des lumières !…
Mon âme vous salue, ô splendeurs printanières,
Suprême illusion de la félicité !

Ni passé ni futur : le présent nous convie !
Le mensonge divin chante la volupté
Et leurre en souriant l’Espérance ravie.

Ivan Gilkin

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Selon les règles du jeu

2 Juillet 2025, 00:53am

Publié par vertuchou

Selon les règles du jeu il s'allonge contre elle et presse la bouchecontre son front, ses paupières, ses joues, son cou, ses épaules.
Ses épaules son cou ses paupières.
Peau brûlante goût de sel résistance de la chair dès que les lèvres s'y appuient odeur Vermeille goût de soleil goût de raisins de serre il ne respire plus ses propres mains ses reins ses jambes sont glacés les battements de son cœur se développent de plus en plus fort de plus en plus rapprochés irradiant sa gorge comme si une course
une fuite blessée le soulevait du sol et le laissait retomber plus lourdement à chaque foulée il fuit bien qu'il ne bouge pas ne l'embrasse même plus reste simplement serré contre elle poursuivi par le goût de raisins de sa chair et le faible parfum d'amandes de ses cheveux

Jean-René Huguenin,  La côte sauvage.

 

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Ce doute

1 Juillet 2025, 01:02am

Publié par vertuchou

Ce doute
Sur le devenir des choses 
Je l’avais déjà hier

Akiko Yosano

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