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La Torche

9 Décembre 2024, 01:13am

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Publié par vertuchou

Je vous aime, mon corps, qui fûtes son désir,
Son champ de jouissance et son jardin d’extase
Où se retrouve encor le goût de son plaisir
Comme un rare parfum dans un précieux vase.

Je vous aime, mes yeux, qui restiez éblouis
Dans l’émerveillement qu’il traînait à sa suite
Et qui gardez au fond de vous, comme en deux puits,
Le reflet persistant de sa beauté détruite.

Je vous aime, mes bras, qui mettiez à son cou
Le souple enlacement des languides tendresses.
Je vous aime, mes doigts experts, qui saviez où
Prodiguer mieux le lent frôlement des caresses.

Je vous aime, mon front, où bouillonne sans fin
Ma pensée à la sienne à jamais enchaînée.
Et pour avoir saigné sous sa morsure, enfin,
Je vous aime surtout, ô ma bouche fanée.

Je vous aime, mon cœur, qui scandiez à grands coups
Le rythme exaspéré des amoureuses fièvres,
Et mes pieds nus noués aux siens et mes genoux
Rivés à ses genoux et ma peau sous ses lèvres…

Je vous aime, ma chair, qui faisiez à sa chair
Un tabernacle ardent de volupté parfaite
Et qui preniez de lui le meilleur, le plus cher,
Toujours rassasiée et jamais satisfaite.

Et je t’aime, ô mon âme avide, toi qui pars
– Nouvelle Isis – tentant la recherche éperdue
Des atomes dissous, des effluves épars
De son être où toi-même as soif d’être perdue.

Je suis le temple vide où tout culte a cessé
Sur l’inutile autel déserté par l’idole ;
Je suis le feu qui danse à l’âtre délaissé,
Le brasier qui n’échauffe rien, la torche folle…

Et ce besoin d’aimer qui n’a plus son emploi
Dans la mort à présent retombe sur moi-même.
Et puisque, ô mon amour, vous êtes tout en moi
Résorbé, c’est bien vous que j’aime si je m’aime.

Marie Nizet

 

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La poésie est une aventure

8 Décembre 2024, 01:12am

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Publié par vertuchou

La poésie est une aventure vers l'absolu.

Pedro Salinas

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Je me défais de la douleur

7 Décembre 2024, 01:43am

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Publié par vertuchou

Que suis-je prêt à sacrifier ?
Irai-je aux abattoirs pour boire du sang de brebis,
Me ferai-je oiseau noir sur la cime du dernier arbre ?
Vendrai-je l'ombre du fou sans lui en demander la
permission ?
Quand on criera mon nom bougerai-je les oreilles comme
un chien ?
Domine non sum dignus ut intres sub tactum meum
Je laisse ma maison brûler pour la transformer en navire
J'accepte dans mon sépulcre la gloire de l'autre
Je marche sur le même point jusqu'à le convertir en puits
Je me défais de la douleur comme d'un vieux manteau

Alejandro Jodorowsky

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Drinking Fountains

6 Décembre 2024, 00:49am

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Publié par vertuchou

Gordon Parks, Drinking Fountains, Mobile, Alabama,1956.

Gordon Parks, Drinking Fountains, Mobile, Alabama,1956.

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À toute âme qui pleure

5 Décembre 2024, 01:40am

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Publié par vertuchou

À toute âme qui pleure,
À tout péché qui passe,
J’ouvre au sein des étoiles
Mes mains pleines de grâces.

Il n’est péché qui vive
Quand l’amour a parlé;
Il n’est âme qui meure
Quand l’amour a pleuré. . .

Et si l’amour s’égare
Aux sentiers d’ici-bas,
Ses larmes me retrouvent
Et ne s’égarent pas. .

Maurice Maeterlinck

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Nous nous sommes rencontrés,

4 Décembre 2024, 01:55am

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Publié par vertuchou

Nous nous sommes rencontrés, nous nous sommes reconnus, nous nous  sommes abandonnés l’un à l’autre, nous avons réussi un amour brûlant de  cristal pur, te rends-tu compte de notre bonheur et de ce qui nous a été donné ?

Lettre de Maria Casarès à Albert Camus, 4 juin 1950

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J’aimerais !

3 Décembre 2024, 01:51am

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Publié par vertuchou

J’aimerais !

J’aimerais te déshabiller de tes inquiétudes et t'habiller simplement de mes mots.

Le bonheur, dit-on, pousse mal sur les blessures mais je me sais la jardinière de mes déraisons.

J’aimerais te déshabiller de tes incertitudes et te parer du sourire de la paix.

Le Bonheur, dit-on, pousse mal sur les inquiétudes mais je me sais jardinière de tes gestes apaisés.

J’aimerais te déshabiller de tes larmes grises, et t'habiller des rires, de nos émois.

Le Bonheur pousse mal sur nos déchirures mais je me sais jardinière de nos éternités de toi et de moi.

J'aimerais te déshabiller des jours sans certitudes et t'habiller de rêves en douces féeries.

Le Bonheur pousse mieux loin des égratignures que les maux font toujours à nos songes d'envies.

Le bonheur pousse mieux loin de toi

Manuela Terkemani

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Ritournelle

2 Décembre 2024, 00:42am

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Publié par vertuchou

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A une Madone

1 Décembre 2024, 01:04am

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Publié par vertuchou

Ex-voto dans le goût espagnol.

Je veux bâtir pour toi, Madone, ma maîtresse,
Un autel souterrain au fond de ma détresse,
Et creuser dans le coin le plus noir de mon coeur,
Loin du désir mondain et du regard moqueur,
Une niche, d'azur et d'or tout émaillée,
Où tu te dresseras, Statue émerveillée.
Avec mes Vers polis, treillis d'un pur métal
Savamment constellé de rimes de cristal,
Je ferai pour ta tête une énorme Couronne ;
Et dans ma jalousie, ô mortelle Madone,
Je saurai te tailler un Manteau, de façon
Barbare, roide et lourd, et doublé de soupçon,
Qui, comme une guérite, enfermera tes charmes ;
Non de Perles brodé, mais de toutes mes Larmes !
Ta Robe, ce sera mon Désir, frémissant,
Onduleux, mon Désir qui monte et qui descend,
Aux pointes se balance, aux vallons se repose,
Et revêt d'un baiser ton corps blanc et rose.
Je te ferai de mon Respect de beaux Souliers
De satin par tes pieds divins humiliés,
Qui, les emprisonnant dans une molle étreinte,
Comme un moule fidèle en garderont l'empreinte.
Si je ne puis, malgré tout mon art diligent,
Pour Marchepied tailler une Lune d'argent,
Je mettrai le Serpent qui me mord les entrailles
Sous tes talons, afin que tu foules et railles,
Reine victorieuse et féconde en rachats,
Ce monstre tout gonflé de haine et de crachats.
Tu verras mes Pensers, rangés comme les Cierges
Devant l'autel fleuri de la Reine des Vierges,
Etoilant de reflets le plafond peint en bleu,
Te regarder toujours avec des yeux de feu ;
Et comme tout en moi te chérit et t'admire,
Tout se fera Benjoin, Encens, Oliban, Myrrhe,
Et sans cesse vers toi, sommet blanc et neigeux,
En Vapeurs montera mon Esprit orageux.

Enfin, pour compléter ton rôle de Marie,
Et pour mêler l'amour avec la barbarie,
Volupté noire ! des sept Péchés capitaux,
Bourreau plein de remords, je ferai sept Couteaux
Bien affilés, et, comme un jongleur insensible,
Prenant le plus profond de ton amour pour cible,
Je les planterai tous dans ton Coeur pantelant,
Dans ton Coeur sanglotant, dans ton Coeur ruisselant

Charles Baudelaire

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définir la poésie

30 Novembre 2024, 01:49am

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Publié par vertuchou

Si tu devais absolument définir la poésie en 3 mots... quels seraient-ils ?

Horizon, air, paysage.
Mais je pourrais dire : Amour, sang, corps.
Ou : neige, nuit, danse.
Trois mots ne suffiraient pas pour cet absolu qui ne se laisse absolument pas réduire à trois mots...

Ida Jaroschek

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