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Vertuchou.over-blog.com

Au Lecteur

11 Novembre 2024, 01:36am

Publié par vertuchou

Quand je vous livre mon poème,
Mon cœur ne le reconnaît plus :
Le meilleur demeure en moi-même,
Mes vrais vers ne seront pas lus.

Comme autour des fleurs obsédées
Palpitent les papillons blancs,
Autour de mes chères idées
Se pressent de beaux vers tremblants ;

Aussitôt que ma main les touche
Je les vois fuir et voltiger,
N’y laissant que le fard léger
De leur aile frêle et farouche.

Sully Prudhomme

 

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Sans fin se décrivant

10 Novembre 2024, 01:09am

Publié par vertuchou

Sans fin se décrivant. L'un l'autre. À l'un, l'autre. Disant la couleur des yeux. Le grain de la peau. La douceur du sein qui tient dans la main. La douceur de cette main. En ce moment même où elle en parle, elle la regarde. Je me regarde avec tes yeux.

Marguerite Duras, Le navire Night.

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Je veux profiter de ce moment

9 Novembre 2024, 01:49am

Publié par vertuchou

Je veux profiter de ce moment
échevelé et en désordre,
d'odeurs et de sensations,
léger et immense.
Tout est harmonie
et le monde n'existe plus.
Juste ta peau et ton souffle
qui s'accroche à moi.
Tu es endormi et loin
sur moi comme une couverture chaude,
Tu es la seule chose que je veux vraiment.

Tiziana Miceli

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Une rue de Bow, Londres

8 Novembre 2024, 01:47am

Publié par vertuchou

Norah Smyth, Une rue de Bow, Londres, 1914.

Norah Smyth, Une rue de Bow, Londres, 1914.

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Je regardais, au bord de la Néva,

7 Novembre 2024, 01:21am

Publié par vertuchou

Je regardais, au bord de la Néva,
Dans les vapeurs d’une brume glacée,
Resplendir la coupole dorée
Du grand géant Saint-Isaac.

Timidement les nuages se levaient
Sur le ciel nocturne, hivernal,
Dans un silence de mort le fleuve pâle
Luisait de ses eaux gelées.

Et j’ai songé, triste et silencieux,
Qu’en des pays de soleil brûlant,
La baie de Gênes en cet instant
Flamboyait de tous ses feux.

O toi, Nord, Nord-sorcier,
Suis-je donc par toi envoûté ?
Ou suis-je vraiment enchaîné
Au froid granit de tes contrées ?

Ah, si un souffle, en passant,
Doucement dans le soir incertain,
M’emportait, m’emportait au loin,
Là-bas, là-bas, vers le Sud brûlant…


Fiodor Tiouttchev

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La poésie, c’est quelque chose qui traîne

6 Novembre 2024, 01:55am

Publié par vertuchou

La poésie, c’est quelque chose qui traîne dans les rues. Qui se meut, qui passe à côté de nous. Toutes les choses ont leur mystère, et la poésie, c’est le mystère de toutes les choses. On passe près d’un homme, on regarde une femme, on remarque l’allure oblique d’un chien, et c’est en chacun de ces objets humains que réside la poésie.

Federico García Lorca

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Je m'allongerai sous tes paupières

5 Novembre 2024, 01:35am

Publié par vertuchou

Je m'allongerai sous tes paupières.
Lorsque tu les baisseras pour t'endormir,
je lancerai de l'or dans ton sommeil.
De l'or et des songes pareils à des nuages.

Christian Bobin

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Sonate n°31 en la bémol

4 Novembre 2024, 01:11am

Publié par vertuchou

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Oh, objet désiré

3 Novembre 2024, 01:51am

Publié par vertuchou

Oh, objet désiré de ma douce flamme !
Je respire enfin l’air que tu respires.
Où que je tourne mon regard,
ce sont tes traits charmants
que l’amour peint en moi,
et mes pensées forment
les plus belles espérances.
Dans le désir qui emplit mon cœur,
je te cherche, je t’appelle, j’espère et soupire !

Ranieri de Calzabigi  

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Avec quel émoi Meaulnes se rappelait

2 Novembre 2024, 01:03am

Publié par vertuchou

Avec quel émoi Meaulnes se rappelait dans la suite cette minute où, sur le bord de l'étang, il avait eu très près du sien le visage désormais perdu de la jeune fille ! Il avait regardé ce profil si pur, de tous ses yeux, jusqu'à ce qu'ils fussent près de s'emplir de larmes. Et il se rappelait avoir vu, comme un secret délicat qu'elle lui eût confié, un peu de poudre restée sur sa joue...
A terre, tout s'arrangea comme dans un rêve. Tandis que les enfants couraient avec des cris de joie, que les groupes se formaient et s'éparpillaient à travers bois, Meaulnes s'avança dans une allée, où, dix pas devant lui, marchait la jeune fille. Il se trouva près d'elle sans avoir eu le temps de réfléchir :
« Vous êtes belle », dit-il simplement.

Alain-Fournier, Le grand Meaulnes.

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