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Vertuchou.over-blog.com

Je t'aimerai sans toi

13 Juin 2024, 00:01am

Publié par vertuchou

Je t'aimerai sans toi. Ne me fais jamais signe.

Un ajonc peut flamber sur la lande, à midi,

solitaire en son mal et seulement nourri

d'argile avaricieuse au bout de sa racine.

 

Enterre au fond de toi mon nom ensommeillé.

Reste plus ténébreux qu'un buis de cimetière.

Je t'ai volé jadis les neiges de janvier

et j'ai coupé sur toi mes plus hautes javelles.

 

Va, ressemble à un mort. Debout dans mon désert

je sens bouger en moi des foisons de semences.

L'amour qui te cherchait dans sa famine immense

t'a dépassé enfin et brûle l'univers.

 Anne-Marie Kegels.

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Variations Goldberg, n°9

12 Juin 2024, 01:26am

Publié par vertuchou

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Elégie

11 Juin 2024, 00:42am

Publié par vertuchou

ÉLÉGIE

 

J’étais à toi peut-être avant de t’avoir vu.
Ma vie, en se formant, fut promise à la tienne ;
Ton nom m’en avertit par un trouble imprévu,
Ton âme s’y cachait pour éveiller la mienne.
Je l’entendis un jour, et je perdis la voix ;
Je l’écoutai longtemps, j’oubliai de répondre.
Mon être avec le tien venait de se confondre,
Je crus qu’on m’appelait pour la première fois.


Savais-tu ce prodige ? Eh bien, sans te connaître,
J’ai deviné par lui mon amant et mon maître,
Et je le reconnus dans tes premiers accents,
Quand tu vins éclairer mes beaux jours languissants.
Ta voix me fit pâlir, et mes yeux se baissèrent ;
Dans un regard muet nos âmes s’embrassèrent ;
Au fond de ce regard ton nom se révéla,
Et sans le demander j’avais dit : « Le voilà ! »

Dès lors il ressaisit mon oreille étonnée ;
Elle y devint soumise, elle y fut enchaînée.
J’exprimais par lui seul mes plus doux sentiments ;
Je l’unissais au mien pour signer mes serments.
Je le lisais partout, ce nom rempli de charmes,
Et je versais des larmes :
D’un éloge enchanteur toujours environné,
À mes yeux éblouis il s’offrait couronné.
Je l’écrivais… bientôt je n’osai plus l’écrire,
Et mon timide amour le changeait en sourire.
Il me cherchait la nuit, il berçait mon sommeil ;
Il résonnait encore autour de mon réveil ;
Il errait dans mon souffle, et, lorsque je soupire,
C’est lui qui me caresse et que mon cœur respire.

Nom chéri ! nom charmant ! oracle de mon sort !
Hélas ! que tu me plais, que ta grâce me touche !
Tu m’annonças la vie, et, mêlé dans la mort,
Comme un dernier baiser tu fermeras ma bouche !

Marceline Desbordes-Valmore

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On ne peut pas se tromper

10 Juin 2024, 00:47am

Publié par vertuchou

On ne peut pas se tromper quand on écrit un poème minute.
Tout juste peut-on décevoir la concordance des temps, la grammaire et l'orthographe.

Arthur Teboul

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Le Rouge et le Noir

9 Juin 2024, 00:43am

Publié par vertuchou

On s’embrasse sur la bouche et sur les lèvres,
on s’enlace dans la nuit et sous les toits,
tétins couleur de vieux soleil,
toison couleur de jeune soir,
voguez ensemble jusqu’au matin
le rouge avec le noir

 Cécile Coulon

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Rainy day people

8 Juin 2024, 00:25am

Publié par vertuchou

Deborah Turbeville, portrait extrait de la série "Rainy day people".

Deborah Turbeville, portrait extrait de la série "Rainy day people".

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Poème d'amour

7 Juin 2024, 00:53am

Publié par vertuchou

J’ai travesti, pour te complaire,
Ma véhémence et mon émoi
En un cœur lent et sans colère.

Mais ce qui m’importe le plus
Depuis l’instant où tu m’as plu,
C’est d’être un jour lasse de toi !

— Je perds mon appui et mon aide,
Tant tu me hantes et m’obsèdes
Et me deviens essentiel !
Je ne vois la vie et le ciel
Qu’à travers le vitrail léger
Qu’est ton nuage passager.
— Je souffre, et mon esprit me blâme,
Je hais ce harassant désir !
Car il est naturel à l’âme
De vivre seule et d’en jouir…

Anna de Noailles

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Je n'oublierais jamais la façon

6 Juin 2024, 00:23am

Publié par vertuchou

Je n'oublierais jamais la façon qu'il tenait son cou. Ils ne flirtaient pas, ne faisaient aucun geste érotique ou démonstratif, mais leur intimité était électrique. Il tenait son cou. Ce n'était pas un geste possessif, c'était fusionnel.

Lucia Berlin,  Manuel à l'usage des femmes de ménage.

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Le noyé

5 Juin 2024, 01:42am

Publié par vertuchou

Le noyé qui gît là dans l’herbe de la berge,
n’ayant plus rien d’humain qu’une main non rongée
où luit un anneau d’or,
poussé du pied par vous avec haine et dégoût
ainsi que la charogne d’une bête mauvaise,
parce qu’il est vêtu d’un dolman ennemi
était pourtant un homme – un homme – un tout jeune homme
nourri d’air, de soleil, d’amour, tout comme vous.
Peut-être que chez lui vivait sa douce mère,
sûrement son épouse, peut-être des enfants !

Songez, quelle agonie angoissée loin des siens
il dut avoir, blessé, dans l’ombre de la nuit
et l’eau froide et profonde.

Qu’une pensée humaine au moins soit son linceul.

Lucien Jacques

 

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Concerto in E minor for Bassoon

4 Juin 2024, 00:21am

Publié par vertuchou

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