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Coups de cœur
Les trois dernières muses castillanes
Je regarde cette montagne qui vieillit en janvier,
et cana je regarde expirer avec la neige
son sommet qui, froid, sombre et bref,
Le soleil la regarde, qui l'a peinte en premier.
Je vois que dans de nombreux endroits, flatteur,
soit il donne sa glace, soit il la boit;
qui, reconnaissant de sa pitié, bouge
le musicien de cristal libre et bavard.
Mais dans les Alpes de ta poitrine en colère,
Je ne vois pas que tes yeux sur les miens
Donnez, étant le feu, la glace que vous aimez.
Ma propre flamme se multiplie par le froid,
et dans mes propres cendres je brûle gelé,
envier le bonheur de ces rivières.
Francisco de Quevedo
La poésie est
La poésie est ce qui est le plus proche de la pensée.
Hannah Arendt
Si tu m'aimes, aime-moi tout entier
Si tu m'aimes, aime-moi tout entier
pas par des zones de lumière ou d'ombre ...
Si tu m'aimes, aime-moi noir
et blanc, et gris, vert et blond,
et brune ...
Aime-moi jour,
aime-moi la nuit ...
Et tôt le matin à la fenêtre ouverte! ...
Si tu m'aimes, ne me coupe pas:
Aime-moi tout ... Ou ne m'aime pas !
Te deum laudamus
Papillons de janvier
Un jour d'hiver gris et terne. Avoir,
le jardin est paresseux, les fleurs somnolent,
fatigué les eaux, qui tiennent à peine
redresser les jets des jets.
Il n'y a pas d'oiseaux qui chantent; aucune voix ne retentit;
et dans l'anémie de la lumière et de la verdure,
deux papillons qui vont et viennent
les ailes de couleur aromatisées secouent.
Vous cherchez du miel, vous vous trompez! le miel n'existe plus,
et un trope m'assaille, très vieux et très triste:
les deux illusions de toute ma vie.
(Aimer! Être aimé!) Sont deux papillons
dans un jardin desséché sans roses….
Ce sont deux retardataires du printemps.
Luis Gonzaga Urbina
Mais qui n'aime pas
Mais qui n'aime pas prolonger ce moment délicieux qui précède le premier baiser, quand deux êtres qui ressentent l'un pour l'autre quelque inclination amoureuse ont déjà tacitement décidé de s'embrasser, que leurs yeux le savent, leurs sourires le devinent, que leurs lèvres et leurs mains le pressentent mais qu'ils diffèrent encore le moment d'effleurer tendrement leurs bouches pour la première fois ?
Jean-Philippe Toussaint, Faire l'amour.
Le miroir
Au ralenti, le clair de lune traversait une fois
le rêveur miroir,
où, à genoux, inviolablement profond,
vieux port aux secrets inoubliables
des merveilles inoubliables.
Mais maintenant des toiles d'araignées poussiéreuses s'entrelacent
à travers le miroir, celui qui autrefois
J'ai vu les doigts qui enlevaient l'or
d'un front insouciant;
et les profondeurs sont aveuglées par la lune,
et oublié ses secrets, jamais révélés.
Aldous Huxley
Enfant travaillant dans un champ de pommes de terre.
A une robe rose
Que tu me plais dans cette robe
Qui te déshabille si bien,
Faisant jaillir ta gorge en globe,
Montrant tout nu ton bras païen !
Frêle comme une aile d’abeille,
Frais comme un cœur de rose-thé,
Son tissu, caresse vermeille,
Voltige autour de ta beauté.
De l’épiderme sur la soie
Glissent des frissons argentés,
Et l’étoffe à la chair renvoie
Ses éclairs roses reflétés.
D’où te vient cette robe étrange
Qui semble faite de ta chair,
Trame vivante qui mélange
Avec ta peau son rose clair ?
Est-ce à la rougeur de l’aurore,
A la coquille de Vénus,
Au bouton de sein près d’éclore,
Que sont pris ces tons inconnus ?
Ou bien l’étoffe est-elle teinte
Dans les roses de ta pudeur ?
Non ; vingt fois modelée et peinte,
Ta forme connaît sa splendeur.
Jetant le voile qui te pèse,
Réalité que l’art rêva,
Comme la princesse Borghèse
Tu poserais pour Canova.
Et ces plis roses sont les lèvres
De mes désirs inapaisés,
Mettant au corps dont tu les sèvres
Une tunique de baisers.
Théophile Gautier
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