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Vertuchou.over-blog.com

Nous nous sommes rencontrés,

4 Décembre 2024, 01:55am

Publié par vertuchou

Nous nous sommes rencontrés, nous nous sommes reconnus, nous nous  sommes abandonnés l’un à l’autre, nous avons réussi un amour brûlant de  cristal pur, te rends-tu compte de notre bonheur et de ce qui nous a été donné ?

Lettre de Maria Casarès à Albert Camus, 4 juin 1950

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J’aimerais !

3 Décembre 2024, 01:51am

Publié par vertuchou

J’aimerais !

J’aimerais te déshabiller de tes inquiétudes et t'habiller simplement de mes mots.

Le bonheur, dit-on, pousse mal sur les blessures mais je me sais la jardinière de mes déraisons.

J’aimerais te déshabiller de tes incertitudes et te parer du sourire de la paix.

Le Bonheur, dit-on, pousse mal sur les inquiétudes mais je me sais jardinière de tes gestes apaisés.

J’aimerais te déshabiller de tes larmes grises, et t'habiller des rires, de nos émois.

Le Bonheur pousse mal sur nos déchirures mais je me sais jardinière de nos éternités de toi et de moi.

J'aimerais te déshabiller des jours sans certitudes et t'habiller de rêves en douces féeries.

Le Bonheur pousse mieux loin des égratignures que les maux font toujours à nos songes d'envies.

Le bonheur pousse mieux loin de toi

Manuela Terkemani

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Ritournelle

2 Décembre 2024, 00:42am

Publié par vertuchou

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A une Madone

1 Décembre 2024, 01:04am

Publié par vertuchou

Ex-voto dans le goût espagnol.

Je veux bâtir pour toi, Madone, ma maîtresse,
Un autel souterrain au fond de ma détresse,
Et creuser dans le coin le plus noir de mon coeur,
Loin du désir mondain et du regard moqueur,
Une niche, d'azur et d'or tout émaillée,
Où tu te dresseras, Statue émerveillée.
Avec mes Vers polis, treillis d'un pur métal
Savamment constellé de rimes de cristal,
Je ferai pour ta tête une énorme Couronne ;
Et dans ma jalousie, ô mortelle Madone,
Je saurai te tailler un Manteau, de façon
Barbare, roide et lourd, et doublé de soupçon,
Qui, comme une guérite, enfermera tes charmes ;
Non de Perles brodé, mais de toutes mes Larmes !
Ta Robe, ce sera mon Désir, frémissant,
Onduleux, mon Désir qui monte et qui descend,
Aux pointes se balance, aux vallons se repose,
Et revêt d'un baiser ton corps blanc et rose.
Je te ferai de mon Respect de beaux Souliers
De satin par tes pieds divins humiliés,
Qui, les emprisonnant dans une molle étreinte,
Comme un moule fidèle en garderont l'empreinte.
Si je ne puis, malgré tout mon art diligent,
Pour Marchepied tailler une Lune d'argent,
Je mettrai le Serpent qui me mord les entrailles
Sous tes talons, afin que tu foules et railles,
Reine victorieuse et féconde en rachats,
Ce monstre tout gonflé de haine et de crachats.
Tu verras mes Pensers, rangés comme les Cierges
Devant l'autel fleuri de la Reine des Vierges,
Etoilant de reflets le plafond peint en bleu,
Te regarder toujours avec des yeux de feu ;
Et comme tout en moi te chérit et t'admire,
Tout se fera Benjoin, Encens, Oliban, Myrrhe,
Et sans cesse vers toi, sommet blanc et neigeux,
En Vapeurs montera mon Esprit orageux.

Enfin, pour compléter ton rôle de Marie,
Et pour mêler l'amour avec la barbarie,
Volupté noire ! des sept Péchés capitaux,
Bourreau plein de remords, je ferai sept Couteaux
Bien affilés, et, comme un jongleur insensible,
Prenant le plus profond de ton amour pour cible,
Je les planterai tous dans ton Coeur pantelant,
Dans ton Coeur sanglotant, dans ton Coeur ruisselant

Charles Baudelaire

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définir la poésie

30 Novembre 2024, 01:49am

Publié par vertuchou

Si tu devais absolument définir la poésie en 3 mots... quels seraient-ils ?

Horizon, air, paysage.
Mais je pourrais dire : Amour, sang, corps.
Ou : neige, nuit, danse.
Trois mots ne suffiraient pas pour cet absolu qui ne se laisse absolument pas réduire à trois mots...

Ida Jaroschek

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Je ne peux pas

30 Novembre 2024, 01:18am

Publié par vertuchou

Je ne peux pas penser à un exemple où les poèmes ont changé le monde,

mais ce qu'ils font, c'est qu'ils changent la compréhension des gens

sur ce qui se passe dans le monde.'

Seamus Heaney

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Évangile selon saint Eros

29 Novembre 2024, 01:56am

Publié par vertuchou

Douce est la soie au plus vif du corps féminin
Douce aussi sera ma parole pour chanter
Avec candeur et vénération cette île
Où commencent les voiles de la santé
Je chante le sexe de la femme
Je dis ses équinoxes et ses légendes
Je dis son Évangile selon saint Eros
Je crie ses lumières et ses ombres voyantes
Et tout ce que je sais de ses hautes marées !
Êtres humains
Ne rougissez pas de mon chant
Sa nudité vient de l'arbre
Que la pluie a aimé.

René Depestre

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Infinitude

28 Novembre 2024, 01:27am

Publié par vertuchou

Anne W. Brigman (1869-1950) - Infinitude, 1910.

Anne W. Brigman (1869-1950) - Infinitude, 1910.

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Les cinq doigts de la main

27 Novembre 2024, 01:51am

Publié par vertuchou

Une honnête famille où il n’y a jamais eu de banqueroute, où personne n’a jamais été pendu.
La parenté de Jean de Nivelle.


Le pouce est ce gras cabaretier flamand, d’humeur goguenarde et grivoise, qui fume sur sa porte, à l’enseigne de la double bière de mars.

L’index est sa femme, virago sèche comme une merluche, qui dès le matin soufflette sa servante dont elle est jalouse, et caresse la bouteille dont elle est amoureuse.

Le doigt du milieu est leur fils, compagnon dégrossi à la hache, qui serait soldat s’il n’était brasseur, et qui serait cheval s’il n’était homme.

Le doigt de l’anneau est leur fille, leste et agaçante Zerbine qui vend des dentelles aux dames et ne vend pas ses sourires aux cavaliers.

Et le doigt de l’oreille est le Benjamin de la famille, marmot pleureur, qui toujours se trimbala à la ceinture de sa mère comme un petit enfant pendu au croc d’une ogresse.

Les cinq doigts de la main sont la plus mirobolante giroflée à cinq feuilles qui ait jamais brodé les parterres de la noble cité de Harlem.

Aloysius Bertrand

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Je viens, j’arrive

26 Novembre 2024, 01:58am

Publié par vertuchou

Je viens, j’arrive, je suis là, je me blottis dans tes bras qui se referment sur moi, et y a pas plus doux qu.e tes cheveux dans ma main, que ta main qui caresse mon épaule. Je sais pas où tout ça va nous mener. Je m’en fous. La Terre peut bien s’arrêter de tourner, les eaux peuvent monter, les glaciers peuvent fondre, les forêts brûler. Je m’en fous.

Emmanuelle Pirotte, Au bord du monde

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