Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Vertuchou.over-blog.com

Bricolage

26 Décembre 2011, 06:07am

Publié par vertuchou

Tu naquis d'un bricolage

Du génial univers

Par d'étranges combinaisons

Par surprise et par liaisons


Tu devins Toi plutôt que mouche

Plutôt que zèbre souris lion


Surgi du magma des possibles

Et de la souche de toute vie

Tu devins Toi

Unique au monde

Face à l'éphémère défi



Andrée Chedid

Voir les commentaires

Jauchzet, Frohlocket !

25 Décembre 2011, 06:15am

Publié par vertuchou

Voir les commentaires

Sans doute la poésie

24 Décembre 2011, 06:04am

Publié par vertuchou

Sans doute la poésie a-t-elle pour fond la nostalgie.

Nostalgie du jadis et du naguère, nostalgie du perdu, de l’origine, de l’impossible.

 

Jean-Michel Maulpoix

 

link

Voir les commentaires

La dame de carreau

23 Décembre 2011, 05:59am

Publié par vertuchou

Tout jeune, j’ai ouvert mes bras à la pureté. Ce ne fut qu’un battement d’ailes au ciel de mon éternité, qu’un battement de coeur amoureux qui bat dans les poitrines conquises. Je ne pouvais plus tomber.

Aimant l’amour. En vérité, la lumière m’éblouit.

J’en garde assez en moi pour regarder la nuit, toute la nuit, toutes les nuits.

Toutes les vierges sont différentes. Je rêve toujours d’une vierge.

A l’école, elle est au banc devant moi, en tablier noir. Quand elle se retourne pour me demander la solution d’un problème, l’innocence de ses yeux me confond à un tel point que, prenant mon trouble en pitié, elle passe ses bras autour de mon cou.

Ailleurs, elle me quitte. Elle monte sur un bateau. Nous sommes presque étrangers l’un à l’autre, mais sa jeunesse est si grande que son baiser ne me surprend point.

Ou bien, quand elle est malade, c’est sa main que je garde dans les miennes, jusqu’à en mourir, jusqu’à m’éveiller.

Je cours d’autant plus vite à ses rendez-vous que j’ai peur de n’avoir pas le temps d’arriver avant que d’autres pensées me dérobent à moi-même.

Une fois, le monde allait finir et nous ignorions tout de notre amour. Elle a cherché mes lèvres avec des mouvements de tête lents et caressants. J’ai bien cru, cette nuit-là, que je la ramènerais au jour.

Et c’est toujours le même aveu, la même jeunesse, les mêmes yeux purs, le même geste ingénu de ses bras autour de mon cou, la même caresse, la même révélation.

Mais ce n’est jamais la même femme.

Les cartes ont dit que je la rencontrerai dans la vie, mais sans la reconnaître.

Aimant l’amour.

 

Paul Eluard

Voir les commentaires

Je suis de celles

22 Décembre 2011, 06:04am

Publié par vertuchou

Tiens, qu’est-ce que tu fais là ?

C’est moi, c’est Nathalie

Quoi tu me reconnais pas ?

Mais si

On était ensemble au lycée

C’est vrai, j’ai changé

J’ai des enfants, un mari

Bah quoi, t’as l’air surpris

J’étais pas destinée

A une vie bien rangée

J’étais perdue

Mon mari m’a trouvée

J’étais de celles

Qui disent jamais non

Les “Marie couche-toi là”

Dont on oublie le nom

J’étais pas la jolie

Moi, j’étais sa copine

Celle qu’on voit à peine

Qu’on appelle machine

J’avais deux ans de plus

Peut-être deux ans de trop

Et j’aimais les garçons

Peut-être un peu trop

Bien sûr, vous aviez eu

Des dizaines de conquêtes

Que personnes n’avaient vues

Toujours pendant les fêtes

Pour beaucoup d’entre vous

Je suis la première fois

De celles qui comptent

Mais pas tant que ça

Je n’étais pas de celles

A qui l’on fait la cour

Moi, j’étais de celles

Qui sont déjà d’accord

Vous veniez chez moi

Mais dès le lendemain

Vous refusiez en public

De me tenir la main

Quand vous m’embrassiez

A l’abri des regards

Je savais pourquoi

Pour pas qu’on puisse nous voir

Alors je fermais les yeux

A m’en fendre les paupières

Pendant que pour guetter

Vous les gardiez ouverts

Je me répétais :

” faut pas que je m’attache “

Vous vous pensiez :

” il faut pas que ça se sache “

Mais une fois dans mes bras

Vos murmures essoufflés

C’est à moi, rien qu’à moi

Qu’ils étaient destinés

Enlacée contre vous

A respirer vos cheveux

Je le sais, je l’affirme

Vous m’aimiez un peu

Certaines tombent amoureuses

C’est pur, ça les élève

Moi, je tombais amoureuse

Comme on tombe d’une chaise

Et gonflés de l’avoir fait

Vous donniez conférence

Une souris qu’on dissèque

Mon corps pour la science

Je nourrissais

Vos blagues de caserne

Que vous pensiez viriles

Petits hommes des cavernes

D’avoir pour moi

Un seul mot de tendresse

Vous apparaissait

Comme la pire des faiblesses

Vous les fiers à bras

Vous parliez en experts

Oubliant qu’dans mes bras

Vous faisiez moins les fiers

Et les autres filles

Perfides petites saintes

M’auraient tondue les cheveux

A une autre époque

Celles qui ont l’habitude

Qu’on les cajole

Ignorent la solitude

Que rien ne console

Vous veniez chez moi

Mais dès le lendemain

Vous refusiez en public

De me tenir la main.

 

Benabar

 

 

Voir les commentaires

Libération

21 Décembre 2011, 06:07am

Publié par vertuchou

Marc-Chagall--Liberation--part-of-triptych-Resistance--Resu.jpg

 

Marc Chagall

1887-1985

 

 Libération

volet droit du triptyque "Resistance, Resurrection, Liberation"

1937-1952

 

huile sur toile

168 x 88 cm

Voir les commentaires

Marie

20 Décembre 2011, 06:01am

Publié par vertuchou

Vous y dansiez petite fille
Y danserez-vous mère-grand
C'est la maclotte qui sautille
Toutes les cloches sonneront
Quand donc reviendrez-vous Marie

Les masques sont silencieux
Et la musique est si lointaine
Qu'elle semble venir des cieux
Oui je veux vous aimer mais vous aimer à peine
Et mon mal est délicieux

Les brebis s'en vont dans la neige
Flocons de laine et ceux d'argent
Des soldats passent et que n'ai-je
Un cœur à moi ce cœur changeant  
Changeant et puis encor que sais-je

Sais-je où s'en iront tes cheveux
Crépus comme mer qui moutonne
Sais-je où s'en iront tes cheveux
Et tes mains feuilles de l'automne
Que jonchent aussi nos aveux

Je passais au bord de la Seine
Un livre ancien sous le bras
Le fleuve est pareil à ma peine
Il s'écoule et ne tarit pas
Quand donc finira la semaine

 

Guillaume Apollinaire

Voir les commentaires

La poésie est tout sauf

19 Décembre 2011, 06:00am

Publié par vertuchou

La poésie est tout sauf une décoration de l'existence

[...] Substantielle, elle aide à vivre ; et celui qui l'écrit et ceux qui la lisent.


Colette Nys-Mazure

Voir les commentaires

Concerto pour deux pianos in do mineur

18 Décembre 2011, 05:47am

Publié par vertuchou

 

 


 

Jean-Sébastien Bach

1685 - 1750


Concerto pour deux pianos en do mineur

BWV 1060

(extrait)

 

Edit Klukon, piano
Dezso Ranki, piano

Cher d'orchestre : Andreas Keller

Voir les commentaires

Se equivocó la paloma / La colombe s’est trompée

17 Décembre 2011, 05:42am

Publié par vertuchou

Se equivocó la paloma.
Se equivocaba.
Por ir al norte, fue al sur.
Creyó que el trigo era agua.
Se equivocaba.

Creyó que el mar era el cielo;
que la noche, la mañana.
Se equivocaba.

Que las estrellas, rocío;
que la calor; la nevada.
Se equivocaba.

Que tu falda era tu blusa;
que tu corazón, su casa.
Se equivocaba.

(Ella se durmió en la orilla.
Tú, en la cumbre de una rama.)

 


Rafael Alberti                


La colombe s'est  trompée.
Elle se trompait.
Pour prendre au nord, elle partit au sud.
Elle crut que le blé était de l’eau.
Elle se trompait.

Elle crut que la mer était le ciel ;
que la nuit, le matin.
Elle se trompait.

Que les étoiles, la rosée ;
que chaleur ; la chute de neige.
Elle se trompait.

Que ta jupe était ta blouse;
que ton cœur, sa maison.
Elle se trompait.

(Elle s'endormit au bord.
Toi, au sommet d'une branche.)

Voir les commentaires