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Les yeux ouverts

27 Octobre 2011, 05:51am

Publié par vertuchou

Ce souvenir, je te l'rends
Des souvenirs tu sais, j'en ai tellement
Puisqu'on repart toujours à zéro
Pas la peine de s'charger trop

Ce souvenir je te l'prends
Des souvenirs comme ça, j'en veux tout l'temps
Si par erreur la vie nous sépare
Je l'sortirai d'mon tiroir

J'rêve les yeux ouverts, ça m'fait du bien
Ça n'va pas plus loin
J'veux pas voir derrière puisque j'en viens
Vivement demain

Mon bonheur te ressemble
Tous les deux vous allez bien ensemble
J'te l'dirai jamais, jamais assez
Tout c'que tu fais m'fait d'l'effet

J'rêve les yeux ouverts, ça m'fait du bien
Ça n'va pas plus loin
J'veux pas voir derrière puisque j'en viens
Vivement demain

Un dernier verre de sherry
De chéri mon amour, comme je m'ennuie
Tous les jours se ressemblent à présent
Tu me manques terriblement..

 

 Enzo Enzo

 

 

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Qu'il connaît qu'on feint de l'aimer

26 Octobre 2011, 10:07am

Publié par vertuchou

Sonnet

Elle feint de m'aimer, pleine de mignardise,
Soupirant après moi, me voyant soupirer,
Et par de feintes pleurs témoigne d'endurer
L'ardeur que dans mon âme elle connaît éprise.

Le plus accort amant, lorsqu'elle se déguise,
De ses trompeurs attraits ne se peut retirer :
Il faut être sans coeur pour ne point désirer
D'être si doucement déçu par sa feintise.

Je me trompe moi-même au faux bien que je vois,
Et mes contentements conspirent contre moi.
Traîtres miroirs du coeur, lumières infidèles,

Je vous reconnais bien et vos trompeurs appas :
Mais que me sert cela, puisqu'Amour ne veut pas,
Voyant vos trahisons, que je me garde d'elles ?

Honoré d'Urfé

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Les couplets de Folies

25 Octobre 2011, 06:05am

Publié par vertuchou

 

 

 

Marin Marais (1656 - 1728)

 

Les couplets de Folies

 

(Livre de Pièces de Viole)

 

Soliste :  Philippe Foulon

Orchestre:  & Lacrimæ Consort

 

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Il n'y a pas d'oubli

24 Octobre 2011, 06:10am

Publié par vertuchou

Si vous me demandez où j'étais
je dois dire : « Il arrive que ».
Je dois parler du sol que les pierres obscurcissent,
du fleuve qui en se prolongeant se détruit :
je ne connais que les choses perdues par les oiseaux,
la mer laissée en arrière, ou ma soeur qui pleure.
Pourquoi tant de régions. pourquoi un jour
se joint-il à un jour ? Pourquoi une nuit noire
s'accumule-t-elle dans la bouche ? Pourquoi des morts ?
Si vous me demandez d'où je viens, je dois parler
avec les choses brisées,
avec des ustensiles trop amers,
avec de grandes bêtes souvent pourries
et avec mon coeur tourmenté.

Ce ne sont pas les souvenirs qui se sont croisés
ni la colombe jaunâtre qui dort dans l'oubli,
mais des visages avec des larmes,
des doigts dans la gorge,
et ce qui s'effondre des feuilles :
l'obscurité d'un jour écoulé,
d'un jour nourri de notre triste sang.

Voici des violettes, des hirondelles,
tout ce que nous aimons et qui figure
sur de douces cartes à longue traîne
où se promènent le temps et la douceur.
Mais ne pénétrons pas au-delà de ces dents,
ne mordons pas aux écorces que le silence accumule,
car je ne sais que répondre :
il y a tant de morts,
et tant de jetées que le soleil rouge transperçait,
et tant de têtes qui frappent les bateaux
et tant de mains qui ont enfermé des baisers,
et tant de choses que je veux oublier

Pablo Neruda

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Messenger

23 Octobre 2011, 06:12am

Publié par vertuchou

Messenger_Alan-Mac-Donald.jpg

 

 
Alan Mac Donald

Messenger


huile sur lin

60 cm x 80cm

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le poème, seul

22 Octobre 2011, 06:07am

Publié par vertuchou

Le poème, seul, est en chemin, dans le secret de la rencontre.

 

Paul CELAN

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Provisions pour l'hiver

21 Octobre 2011, 05:27am

Publié par vertuchou

L’existence paraît une soirée d’été,
Chaude, douce et remplie de paix ;
Nos sentiments, libres de toute entrave, donnent
À l’âme sa pleine liberté. […]

Mais le temps, bien qu’il fuit invisible
Et lent, ne s’arrête pas ;
Du même pas, que les cieux soient clairs ou couverts,
Il fraye son chemin silencieux.

Du même pas la coupe amère du chagrin,
Du même pas la gorgée de bonheur extrême,
Sa progression ne laisse aux lèvres frustrées
Qu’un bref moment pour un baiser.

Et l'âme, alors, a-t-elle gagné,
De ce court moment de bien être,
Ne fût-ce qu'un répit, quand elle est surmené,
Qu'un rapide aperçu de la paix ?

Charlotte Brontë

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Wachet auf, ruft uns die Stimme

20 Octobre 2011, 05:11am

Publié par vertuchou

 

 


 

Jean-Sébastien Bach 

1685 - 1750

Cantate BWV 140 "Le veilleur"

1731


Choeur : Wachet auf, ruft uns die Stimme.

Réveillez-vous, appelle la voix des veilleurs.


sous la direction de Karl Richter.
Interpretation - Munich Bach Choir, Munich Bach Orchestra.

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Parmi beaucoup de poèmes

19 Octobre 2011, 05:34am

Publié par vertuchou

Parmi beaucoup de poèmes
Il y en avait un
Dont je ne parvenais pas à me souvenir
Sinon que je l’avais composé
Autrefois
En descendant cette rue
Du côté des numéros pairs de cette rue
Baignée d’une matinée limpide
Une rue de petites boutiques persistantes
Entre la Seine sinistrée et l’hôpital
Un poème écrit avec mes pieds
Comme je compose toujours les poèmes
En silence et dans ma tête et en marchant
Mais je ne me souviens de rien
Que de la rue de la lumière et du hasard
Qui avait fait entrer dans ce poème
Le mot “respect”
Que je n’ai pas l’habitude de faire vibrer
Dans les pages mentales de la poésie
Au-delà   de lui il n’y a rien
Et ce mot ce mot qui ne bouge pas
Atteste la cessation de la rue
Comme un arbre oublié de l’espace

 

Jacques Roubaud

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la poésie n'explique pas la vie

18 Octobre 2011, 05:54am

Publié par vertuchou

La poésie n’explique pas la vie.

Elle donne la vie à sentir et à voir.

Le poème, avec les mots de la langue,

tente de donner une équivalence

à une situation donnée, vécue ou rêvée

et la finalité de toute poésie est de permettre

une capture d’un instant du réel

dans ce qu’il est et dans ses prolongements

imaginaires et/ou spirituels.

 

Salah Stétié

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