la charge de la cavalerie rouge
Kasimir Malevitch
1879 - 1935
la charge de la cavalerie rouge
huile sur toile
91 × 140 cm
entre 1928 et 1932
Coups de cœur
Kasimir Malevitch
1879 - 1935
la charge de la cavalerie rouge
huile sur toile
91 × 140 cm
entre 1928 et 1932
Ne jamais la voir ni l’entendre,
Ne jamais tout haut la nommer,
Mais, fidèle, toujours l’attendre,
Toujours l’aimer.
Ouvrir les bras et, las d’attendre,
Sur le néant les refermer,
Mais encor, toujours les lui tendre,
Toujours l’aimer.
Ah ! Ne pouvoir que les lui tendre,
Et dans les pleurs se consumer,
Mais ces pleurs toujours les répandre,
Toujours l’aimer.
Ne jamais la voir ni l’entendre,
Ne jamais tout haut la nommer,
Mais d’un amour toujours plus tendre
Toujours l’aimer.
Sully Prudhomme
Donne-moi une seule ligne de poésie par jour, et si parfois je ne peux l’écrire,
parce que je n’aurai plus de papier ni de lumière,
je la réciterai tout doucement le soir, les yeux levés vers ton grand ciel
Etty Hillesum
"Dal mio permesso"
interprété par Montserrat Figueras
L'Orfeo, opéra de Claudio Monteverdi
Le Concert des Nations et La Capella Reial de Catalunya
dirigés par Jordi Savall
Magnétisme
d'une écriture flamboyante
Émotion des chagrins
partagés
Se relever de la douleur
d'une rupture sans retour
Effacer la blessure béante
à jamais enfouie
Sortir de l'hiver qui brûle
le cœur se consumant
dans le bal
des
ardents
Cette blessure
Où meurt la mer comme un chagrin de chair
Où va la vie germer dans le désert
Qui fait de sang la blancheur des berceaux
Qui se referme au marbre du tombeau
Cette blessure d'où je viens
Cette blessure
Où va ma lèvre à l'aube de l'amour
Où bat ta fièvre un peu comme un tambour
D'où part ta vigne en y pressant des doigts
D'où vient le cri le même chaque fois
Cette blessure d'où tu viens
Cette blessure
Qui se referme à l'orée de l'ennui
Comme une cicatrice de la nuit
Et qui n'en finit pas de se rouvrir
Sous des larmes qu'affile le désir
Cette blessure
Comme un soleil sur la mélancolie
Comme un jardin qu'on n'ouvre que la nuit
Comme un parfum qui traîne à la marée
Comme un sourire sur ma destinée
Cette blessure d'où je viens
Cette blessure
Drapée de soie sous son triangle noir
Où vont des géomètres de hasard
Bâtir de rien des chagrins assistés
En y creusant parfois pour le péché
Cette blessure d'où tu viens
Cette blessure
Qu'on voudrait coudre au milieu du désir
Comme une couture sur le plaisir
Qu'on voudrait voir se fermer à jamais
Comme une porte ouverte sur la mort
Cette blessure dont je meurs
Léo Ferré
L’indifférence violemment exclue
Tout se jouait
Autour du ventre sans raison et des paroles sans suite
D’une femme faite pour elle-même
Et plus nue que réelle
Elle avait un charme de plus
Que celle dont elle était née
Qui promettait
Recueillait tant de merveilles
Tous les mystères
Dans la lumière écarquillée
Sous son énorme chevelure
Sous ses paupières basses
À voix sourde mêlée de rires
Elle et ses lèvres racontaient
La vie
D’autres lèvres semblables aux siennes
Cherchant leur bien entre elles
Comme des graines dans le vent
La vie aussi
D’hommes qui n’y tenaient guère
De femmes aux chagrins bizarres
Qui se fardent pour s’effacer
Et nul ne comprenait sur quel fond de délices et de certitudes
La mémoire future la mémoire inconnue
Jouerait mieux que l’espoir
A jamais joué dans le commun dans l’habituel.
Paul Eluard.
La poésie n’est pas un instrument,
elle n’est pas un mécanisme intermédiaire
permettant de parvenir à quelque chose ;
la poésie est une fin en soi.
Rocio Silva Santisteban
Keith Jarret
Round about Midnight
Solo Tribute
1987