Papillon bleu
Bleu reflet qui s'irise,
Un papillon nacré
Emporté par la brise
Luit, brille, disparait.
Tel, d'une aile légère,
Le bonheur est venu
Puis a, fleur éphémère,
Lui, brillé, disparu.
Herman Hesse
Coups de cœur
Bleu reflet qui s'irise,
Un papillon nacré
Emporté par la brise
Luit, brille, disparait.
Tel, d'une aile légère,
Le bonheur est venu
Puis a, fleur éphémère,
Lui, brillé, disparu.
Herman Hesse
Je suis devant ce paysage féminin
Comme un enfant devant le feu. Paul Eluard
Ce matin neuf
ton visage
s’ouvre à moi
Comme jamais
je te regarde
je te parcours des yeux
Bientôt tu n’existeras
qu’au bout de mes doigts
de mes lèvres
Ta bouche hèle la mienne
Il est peu de mots inédits
pour célébrer l’accord
Alors nous nous tairons
dans le souffle
le plaisir partagé
Nageurs heureux
nous regagnerons
la rive fougères froissées
Nous marcherons
longuement
sous le ciel complice
Franchissant les clôtures
les barrières les fossés
qui dérobaient l’horizon
Colette Nys-Mazure
C’était un très bon petit chat
Joueur à la prunelle bleue
Il n’en voulait pas, qu’on marchât
Un peu brusquement sur sa queue.
Stéphane Mallarmé
Les Porteuses sont là
Tenaces
Tenaces et fermes
Fermes et déterminées
Déterminées
Comme une armée rangée en bataille
Les Porteuses restent Debout
Les Porteuses restent braves
Parce que telle est leur destinée
Rester Debout
Debout toujours
Même couchées
Les Porteuses sont à jamais
Debout
Debout
Pour garder le flambeau allumé
Allumé
Pour les générations de Porteuses
À venir
Angèle Bassolé-Ouédraogo
La poésie est le premier millimètre d'air au-dessus de la terre.
Marina Tsvetaïeva
Le vin sait revêtir le plus sordide bouge
D'un luxe miraculeux,
Et fait surgir plus d'un portique fabuleux
Dans l'or de sa vapeur rouge,
Comme un soleil couchant dans un ciel nébuleux.
L'opium agrandit ce qui n'a pas de bornes,
Allonge l'illimité,
Approfondit le temps, creuse la volupté,
Et de plaisirs noirs et mornes
Remplit l'âme au delà de sa capacité.
Tout cela ne vaut pas le poison qui découle
De tes yeux, de tes yeux verts,
Lacs où mon âme tremble et se voit à l'envers...
Mes songes viennent en foule
Pour se désaltérer à ces gouffres amers.
Tout cela ne vaut pas le terrible prodige
De ta salive qui mord,
Qui plonge dans l'oubli mon âme sans remord,
Et, charriant le vertige,
La roule défaillante aux rives de la mort !
Charles Baudelaire
Ta chevelure d’oranges dans le vide du monde
Dans le vide des vitres lourdes de silence
Et d’ombres où mes mains nues cherchent tous tes reflets.
La forme de ton cœur est chimérique
Et ton amour ressemble à mon désir perdu.
O soupirs d’ambre, rêves, regards.
Mais tu n’as pas toujours été avec moi. Ma mémoire
Est encore obscurcie de t’avoir vu venir
Et partir. Le temps se sert de mots comme l’amour.
Paul Eluard