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Vertuchou.over-blog.com

Pour faire une prairie

28 Août 2023, 09:04am

Publié par vertuchou

Pour faire une prairie
il faut un trèfle et une abeille,
Un trèfle et une abeille,
Et de la rêverie.
La rêverie seule suffira,
Si les abeilles sont rares

Emily Dickinson

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Mes attentes ne sont pas des attentes

27 Août 2023, 08:56am

Publié par vertuchou

Mes attentes ne sont pas des attentes mais des flambées rebelles au seul bois d’exister. Des yeux clairs aux éclipses guerrières, des fruits de neige, une musique bohémienne, l’eau d’un secret. Et je ne suis pas sage. Je choisis l’or du ciel, son froissé audacieux, le propos rougissant de l’argile impudique, le jour qui n’a pas sens de jour mais de pain chaud, de feuillage mûr, de verdeur. Je choisis le voyage, l’enfiévré, l’inconnu, la soif qui roule sur les hanches, la mémoire rétive qui échappe à la loi et la maison lavande qui craque sous les doigts son parfum ivre et bleu. Et tes mains aériennes. Et je choisis septembre plus riche que l’été. Mes attentes ne sont pas des attentes, mais l’amour debout, à boire frais dans rien, dans tout, d’un trait, comme on écrit.

Ile Eniger

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Je t’attendais

26 Août 2023, 09:07am

Publié par vertuchou

Je t’attendais ainsi qu’on attend les navires
Dans les années de sécheresse, quand le blé
Ne monte pas plus haut qu’une oreille dans l’herbe
Qui écoute apeurée la grande voix du temps

Je t’attendais, et tous les quais toutes les routes
Ont retenti du pas brûlant qui s’en allait
Vers toi que je portais déjà sur mes épaules
Comme une douce pluie qui ne sèche jamais

Tu ne remuais encor que par quelques paupières,
Quelques pattes d’oiseaux dans les vitres gelées
Je ne voyais en toi que cette solitude
Qui posait ses deux mains de feuille sur mon cou

Et pourtant c’était toi dans le clair de ma vie
Ce grand tapage matinal qui m’éveillait
Tous mes oiseaux tous mes vaisseaux tous mes pays
Ces astres ces millions d’astres qui se levaient

Ah que tu parlais bien quand toutes les fenêtres
Pétillaient dans le soir ainsi qu’un vin nouveau,
Quand les portes s’ouvraient sur des villes légères
Où nous allions tous deux enlacés par les rues

Tu venais de si loin derrière ton visage
Que je ne savais plus à chaque battement
Si mon cœur durerait jusqu’au temps de toi-même
Où tu serais en moi plus forte que mon sang.

René Guy Cadou

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Bete aber auch dabei

25 Août 2023, 01:11am

Publié par vertuchou

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Chant d'amour (III)

24 Août 2023, 09:03am

Publié par vertuchou

Pourquoi sous tes cheveux me cacher ton visage ?
Laisse mes doigts jaloux écarter ce nuage :
Rougis-tu d'être belle, ô charme de mes yeux ?
L'aurore, ainsi que toi, de ses roses s'ombrage.
Pudeur ! honte céleste ! instinct mystérieux,
Ce qui brille le plus se voile davantage ;
Comme si la beauté, cette divine image,
N'était faite que pour les cieux !


Tes yeux sont deux sources vives
Où vient se peindre un ciel pur,
Quand les rameaux de leurs rives
Leur découvrent son azur.
Dans ce miroir retracées,
Chacune de tes pensées
Jette en passant son éclair,
Comme on voit sur l'eau limpide
Flotter l'image rapide
Des cygnes qui fendent l'air !

Ton front, que ton voile ombrage
Et découvre tour à tour,
Est une nuit sans nuage
Prête à recevoir le jour ;
Ta bouche, qui va sourire,
Est l'onde qui se retire
Au souffle errant du zéphyr,
Et, sur ces bords qu'elle quitte,
Laisse au regard qu'elle invite,
Compter les perles d'Ophyr !

Ton cou, penché sur l'épaule,
Tombe sous son doux fardeau,
Comme les branches du saule
Sous le poids d'un passereau ;
Ton sein, que l'oeil voit à peine
Soulevant à chaque haleine
Le poids léger de ton coeur,
Est comme deux tourterelles
Qui font palpiter leurs ailes
Dans la main de l'oiseleur.

Tes deux mains sont deux corbeilles
Qui laissent passer le jour ;
Tes doigts de roses vermeilles
En couronnent le contour.
Sur le gazon qui l'embrasse
Ton pied se pose, et la grâce,
Comme un divin instrument,
Aux sons égaux d'une lyre
Semble accorder et conduire
Ton plus léger mouvement.

Alphonse de Lamartine

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Le poète doit être celui

23 Août 2023, 01:17am

Publié par vertuchou

Le poète doit être celui qui rappelle aux hommes l'idée éternelle de la Beauté dissimulée sous les formes transitoires de la vie imparfaite. La Beauté est une condition de la vie parfaite, il y a longtemps que cette idée me hante. Je voudrais en faire la maxime de toute ma vie.

Jules Dupin

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L’arbre de Diane

22 Août 2023, 09:07am

Publié par vertuchou

Il faut sauver le vent
Les oiseaux brûlent le vent
dans les cheveux de la femme solitaire
qui revenant de la nature
tisse des tourments
Il faut sauver le vent.

Alejandra Pizarnik

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Boy with Bluefish

21 Août 2023, 09:16am

Publié par vertuchou

Joel Meyerowitz, Boy with Bluefish, 1980.

Joel Meyerowitz, Boy with Bluefish, 1980.

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Ô lumineux matin

20 Août 2023, 09:01am

Publié par vertuchou

Ô lumineux matin, jeunesse des journées,
Matin d'or, bourdonnant et vif comme un frelon,
Qui piques chaudement la nature, étonnée
De te revoir après un temps de nuit si long ;

Matin, fête de l'herbe et des bonnes rosées,
Rire du vent agile, oeil du jour curieux,
Qui regardes les fleurs, par la nuit reposées,
Dans les buissons luisants s'ouvrir comme des yeux ;

Heure de bel espoir qui s'ébat dans l'air vierge
Emmêlant les vapeurs, les souffles, les rayons,
Où les coteaux herbeux, d'où l'aube blanche émerge,
Sous les trèfles touffus font chanter leurs grillons ;

Belle heure, où tout mouillé d'avoir bu l'eau vivante,
Le frissonnant soleil que la mer a baigné
Éveille brusquement dans les branches mouvantes
Le piaillement joyeux des oiseaux matiniers,

Instant salubre et clair, ô fraîche renaissance,
Gai divertissement des guêpes sur le thym,
- Tu écartes la mort, les ombres, le silence,
L'orage, la fatigue et la peur, cher matin...

Anna de Noailles

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Je le sais

19 Août 2023, 08:50am

Publié par vertuchou

 Je le sais quand Vittorio est entré en moi à tout jamais, quand la première fois il m’a embrassée j’ai senti mon corps m’abandonner et se retirer au profit d’un nouveau corps, le sien dans le mien. Cet homme est devenu mon sang.

Hélène Grémillon, La garçonnière.

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