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Gebt mir meinen Jesum wieder

16 Mai 2023, 01:50am

Publié par vertuchou

aria 'Gebt mir meinem Jesum wieder!' extrait de la Passion selon saint Matthieu

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Ô lumineux matin

15 Mai 2023, 01:29am

Publié par vertuchou

Ô lumineux matin, jeunesse des journées,
Matin d’or, bourdonnant et vif comme un frelon,
Qui piques chaudement la nature, étonnée
De te revoir après un temps de nuit si long.

Matin, fête de l’herbe et des bonnes rosées,
Rire du vent agile, œil du jour curieux,
Qui regardes les fleurs, par la nuit reposées
Dans les buissons luisants s’ouvrir comme des yeux.

Heure de bel espoir qui s’ébat dans l’air vierge
Emmêlant les vapeurs, les souffles, les rayons
Où les coteaux herbeux, d’où l’aube blanche émerge,
Sous les trèfles touffus font chanter leurs grillons.

Belle heure, où tout mouillé d’avoir bu l’eau vivante,
Le frissonnant soleil que la mer a baigné
Éveille brusquement dans les branches mouvantes
Le piaillement joyeux des oiseaux matiniers,

Instant salubre et clair, ô fraîche renaissance,
Gai divertissement des guêpes sur le thym,
— Tu écartes la mort, les ombres, le silence,
L’orage, la fatigue et la peur, cher matin…

Anna de Noailles

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Le poète habite deux mondes

14 Mai 2023, 01:54am

Publié par vertuchou

Le poète habite deux mondes, l'un qui se meurt, l'autre qui se bat pour naître.

Virginia Woolf

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Un temps pour maintenant

13 Mai 2023, 01:38am

Publié par vertuchou

Un temps pour applaudir, un temps pour pleurer,
Un temps pour vivre, un temps pour mourir,
Un temps pour dormir, un temps pour se réveiller,
Un temps pour le vrai, un temps pour le faux,

Un temps pour la vérité, un temps pour mentir,
Un temps pour rire, un temps pour soupirer,
Un temps pour se lever, un temps pour tomber,
Un temps pour un, un temps pour tous,

Un temps pour l'amour, un temps pour la haine,
Un temps pour courir, un temps pour attendre,
Un temps pour rester, un temps pour fuir,
Un temps pour toi, un temps pour moi.

Arik Fletcher

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Parade

12 Mai 2023, 01:44am

Publié par vertuchou

Saul Leiter. Parade 1954 Chromogenic print.

Saul Leiter. Parade 1954 Chromogenic print.

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Ballade

11 Mai 2023, 01:28am

Publié par vertuchou

Femme souvent varie ;
Est bien fol qui s’y fie.
FRANÇOIS 1er.


Cher ange, vous êtes belle
À faire rêver d’amour,
Pour une seule étincelle
De votre vive prunelle,
Le poète tout un jour.

Air naïf de jeune fille,
Front uni, veines d’azur,
Douce haleine de vanille,
Bouche rosée où scintille
Sur l’ivoire un rire pur,
 
Pied svelte et cambré, main blanche,
Soyeuses boucles de jais,
Col de cygne qui se penche,
Flexible comme la branche
Qu’au soir caresse un vent frais,

Vous avez, sur ma parole,
Tout ce qu’il faut pour charmer ;
Mais votre âme est si frivole,
Mais votre tête est si folle,
Que l’on n’ose vous aimer.

Théophile Gautier

 

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Il la prit dans ses bras

10 Mai 2023, 01:49am

Publié par vertuchou

Il la prit dans ses bras et l’embrassa comme un con, le grand jeu, il était comme fou, il lui enfonçait sa langue dans la bouche, c’était comme un duel à l’épée, il la tenait de façon théâtrale, légèrement penchée en arrière, il l’écrasait contre lui sans la peloter, les yeux fermés, au bout d’un petit moment il essaya de se concentrer sur le baiser, c’était un drôle de truc, désagréable en lui-même, mais on pouvait s’y faire c’était marrant.

Philippe Djian, Bleu comme l’enfer

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Quand les rêves s’éveillent

9 Mai 2023, 01:45am

Publié par vertuchou

Quand les rêves s’éveillent
la vie s’achève.
Ensuite les rêves ont disparu.
La vie a disparu.

Richard Brautigan

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Si tu vois ma mère

8 Mai 2023, 01:43am

Publié par vertuchou

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Chère, voici le mois de mai

7 Mai 2023, 01:20am

Publié par vertuchou

Chère, voici le mois de mai,
Le mois du printemps parfumé
Qui, sous les branches,
Fait vibrer des sons inconnus,
Et couvre les seins demi-nus
De robes blanches.

Voici la saison des doux nids,
Le temps où les cieux rajeunis
Sont tout en flamme,
Où déjà, tout le long du jour,
Le doux rossignol de l’amour
Chante dans l’âme.

Ah ! de quels suaves rayons
Se dorent nos illusions
Les plus chéries,
Et combien de charmants espoirs
Nous jettent dans l’ombre des soirs
Leurs rêveries !

Parmi nos rêves à tous deux,
Beaux projets souvent hasardeux
Qui sont les mêmes,
Songes pleins d’amour et de foi
Que tu dois avoir comme moi,
Puisque tu m’aimes ;

Il en est un seul plus aimé.
Tel meurt un zéphyr embaumé
Sur votre bouche,
Telle, par une ardente nuit,
De quelque Séraphin, sans bruit,
L’aile vous touche.

Camille, as-tu rêvé parfois
Qu’à l’heure où s’éveillent les bois
Et l’alouette,
Où Roméo, vingt fois baisé,
Enjambe le balcon brisé
De Juliette,

Nous partons tous les deux, tout seuls ?
Hors Paris, dans les grands tilleuls
Un rayon joue ;
L’air sent les lilas et le thym,
La fraîche brise du matin
Baise ta joue.

Après avoir passé tout près
De vastes ombrages, plus frais
Qu’une glacière
Et tout pleins de charmants abords,
Nous allons nous asseoir aux bords
De la rivière.

L’eau frémit, le poisson changeant
Émaille la vague d’argent
D’écailles blondes ;
Le saule, arbre des tristes vœux,
Pleure, et baigne ses longs cheveux
Parmi les ondes.

Tout est calme et silencieux.
Étoiles que la terre aux cieux
A dérobées,
On voit briller d’un éclat pur
Les corsages d’or et d’azur
Des scarabées.

Nos yeux s’enivrent, assouplis,
A voir l’eau dérouler les plis
De sa ceinture.
Je baise en pleurant tes genoux,
Et nous sommes seuls, rien que nous
Et la nature !

Tout alors, les flots enchanteurs,
L’arbre ému, les oiseaux chanteurs
Et les feuillées,
Et les voix aux accords touchants
Que le silence dans les champs
Tient éveillées,

La brise aux parfums caressants,
Les horizons éblouissants
De fantaisie,
Les serments dans nos cœurs écrits,
Tout en nous demande à grands cris
La Poésie.

Nous sommes heureux sans froideur.
Plus de bouderie ou d’humeur
Triste ou chagrine ;
Tu poses d’un air triomphant
Ta petite tête d’enfant
Sur ma poitrine ;

Tu m’écoutes, et je te lis,
Quoique ta bouche aux coins pâlis
S’ouvre et soupire,
Quelques stances d’Alighieri,
Ronsard, le poëte chéri,
Ou bien Shakespeare.

Mais je jette le livre ouvert,
Tandis que ton regard se perd
Parmi les mousses,
Et je préfère, en vrai jaloux,
A nos poètes les plus doux
Tes lèvres douces !

Tiens, voici qu’un couple charmant,
Comme nous jeune et bien aimant,
Vient et regarde.
Que de bonheur rien qu’à leurs pas !
Ils passent et ne nous voient pas :
Que Dieu les garde !

Ce sont des frères, mon cher cœur,
Que, comme nous, l’amour vainqueur
Fit l’un pour l’autre.
Ah ! qu’ils soient heureux à leur tour !
Embrassons-nous pour leur amour
Et pour le nôtre !

Chère, quel ineffable émoi,
Sur ce rivage où près de moi
Tu te recueilles,
De mêler d’amoureux sanglots
Aux douces plaintes que les flots
Disent aux feuilles !

Dis, quel bonheur d’être enlacés
Par des bras forts, jamais lassés !
Avec quels charmes,
Après tous nos mortels exils,
Je savoure au bout de tes cils
De fraîches larmes !

Avril 1844.

Théodore de Banville

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