Haiku
Sur chaque objet posé
S’éveille
Une ombre d’automne
Takahama Kyoshi
Coups de cœur
Sur chaque objet posé
S’éveille
Une ombre d’automne
Takahama Kyoshi
Je suis folle de toi, mon amour
qui viens chercher
dans mon passé
ces jouets cassés de mes paroles.
Je te donne tout
si tu veux,
je ne suis de toute façon qu'une enfant
pleine de poésie
et couverte de larmes salées
Je veux seulement m'endormir
sur la berge du ciel étoilé
et devenir une douce brise
de chansons d'amour pour toi.
Alda Merini
Parfois le poème devient maison
que l'on construit au-dessus de l'abîme
Kalyna Krouk
Ce que j'aime à voir, ce que j'aime au monde,
Ce que j'aime à voir,
Veux-tu le savoir ?
Ce sont tes beaux yeux, c'est ta taille ronde,
Ce sont tes beaux yeux,
Tes yeux langoureux.
Ce que j'aime encore je vais te l'apprendre,
Ce que j'aime encore
Plus qu'aucun trésor,
Ce sont tes doux chants, c'est ta voix si tendre,
Ce sont tes doux chants,
Plaintifs et touchants.
Ce qui cause en moi la plus douce ivresse,
Ce qui cause en moi
Le plus tendre émoi,
C'est de voir ton cœur vibrer de tendresse,
C'est de voir ton cœur
Trembler de bonheur.
Enfin, si tu veux répondre à ma flamme,
Enfin si tu veux
Combler tous mes vœux,
Jusqu'au dernier jour garde-moi ton âme,
Jusqu'au dernier jour
Aime-moi d'amour.
François-Marie Robert-Dutertre
Initiales enlacées sur son tronc
baisers furtifs aux creux des herbes sous ses branches
l'arbre garde les secrets ami fidèle
sur son écorce nos amours gravées
on a pris l'arbre pour témoin
on voulait tant prouver l'incandescence
signatures au bas d'un parchemin
dans du bois le désir inscrit
pour qu'il dure un peu plus longtemps
à l'abri tout contre lui notre jeunesse
avec ce coeur naïf encerclant les deux noms
que l'arbre lui transmette
son élan prêt à toucher le ciel
lui qui sait sans crier
rester si droit sous les tempêtes
et plus tard qu'il permette
de retrouver ces années-là
Mireille Fargier-Caruso
Vingt-quatre heures se sont à peine écoulées depuis cet événement que déjà l’amour m’abaisse et m’exalte tour à tour si bas et si haut que je me demande si j’ai vraiment aimé jusqu’ici. Et je vous aime avec un frisson si délicieusement pur que chaque fois que je me figure votre sourire, votre voix, votre regard tendre et moqueur il me semble que, dussé-je ne plus vous revoir en personne, votre chère apparition liée à mon cerveau m’accompagnera désormais sans cesse.
Lettre de Guillaume Apollinaire à Louise de Coligny-Châtillon, surnommée Lou, le 28 septembre 1914
Ô mon très cher amour, toi mon oeuvre et que j'aime,
A jamais j'allumai le feu de ton regard,
Je t'aime comme j'aime une belle oeuvre d'art,
Une noble statue, un magique poème.
Tu seras, mon aimée, un témoin de moi-même.
Je te crée à jamais pour qu'après mon départ,
Tu transmettes mon nom aux hommes en retard
Toi, la vie et l'amour, ma gloire et mon emblème;
Et je suis soucieux de ta grande beauté
Bien plus que tu ne peux toi-même en être fière:
C'est moi qui l'ai conçue et faite tout entière.
Ainsi, belle oeuvre d'art, nos amours ont été
Et seront l'ornement du ciel et de la terre,
Ô toi, ma créature et ma divinité !
Guillaume Apollinaire
La poésie n'est pas forcément vers et rimes...
Un poème est une tentative de nous ouvrir les yeux pour voir ce qu'on ne regarde plus.
Jean Cocteau