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Vertuchou.over-blog.com

Je lui dis de venir

25 Juillet 2021, 01:51am

Publié par vertuchou

Je lui dis de venir, qu'il doit recommencer à me prendre. Il vient, Il sent bon la cigarette anglaise, le parfum cher, il sent le miel, à force sa peau a pris l'odeur de la soie, celle fruitée du tussor de soie, celle de l'or, il est désirable.

Je lui dis ce désir de lui. Il me dit d'attendre encore. Il me parle, il dit qu'il a su tout de suite, dès la première traversée du fleuve, que je serais ainsi après mon premier amant, que j'aimerais l'amour, il dit qu'il sait déjà que lui je le tromperai et aussi que je tromperai tous les hommes avec qui je serai. Il dit que quant à lui il a été l'instrument de son propre malheur. Je suis heureuse de tout ce qu'il m'annonce et je le lui dis. Il devient brutal, son sentiment est désespéré, il se jette sur moi, il mange les seins d'enfant, il crie, il insulte. Je ferme les yeux sur le plaisir très fort. Je pense : il a l'habitude, c'est ce qu'il fait dans la vie, l'amour, seulement ça. Les mains sont expertes, merveilleuses, parfaites. J'ai beaucoup de chance, c'est clair, c'est comme un métier qu'il aurait, sans le savoir il aurait le savoir exact de ce qu'il faut faire, de ce qu'il faut dire. Il me traite de putain, de dégueulasse, il me dit que je suis son seul amour, et c'est ça qu'il doit dire et c'est ça qu'on dit quand on laisse le dire se faire, quand on laisse le corps faire et chercher et trouver et prendre ce qu'il veut, et là tout est bon, il n'y a pas de déchet, les déchets sont recouverts, tout va dans le torrent, dans la force du désir.


Marguerite Duras, L’Amant

 

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Pour la peau

24 Juillet 2021, 01:49am

Publié par vertuchou

Comme tu as su attendre
Comme tu lui as parlé
Et comme elle résistait
Elle voulait se défendre
Et c'était presque beau
De vous voir, presque beau
Ta patience infinie
Ses "non, "oui", "pas ici".
Un jour ça s'est passé
Elle voulait dans ta chambre
Et tout a bien été
Et tout était très tendre;
Mais après, comme toujours,
Ça t'as rendu tout chose.
Elle s'est lavée vite fait;
Tu savais bien comme c'était mais

Qu'est ce que tu n'ferais pas Pour la peau ?
Qu'est ce que tu n'ferais pas Pour la peau ?

Ton sang chauffé d'un coup
Tu le sens cavaler
Te porter n'importe où
Te faire faire un peu tout, sans frein;
Là, tu es dans un lit
Où ton sang t'a mené
Et la fille est jolie
Et après, vous parlez
Et tu dis "j'ai quelqu'un";
Tu dors sous d'autres draps
Depuis longtemps déjà,
C'est pourquoi tu es là
Avec ton sang qui dort
Sous tes mains, sous ta peau;
Ton sang paisible enfin
Paisible, lui au moins.

Qu'est ce que tu n'ferais pas Pour la peau ?
Qu'est ce que tu n'ferais pas Pour la peau ?
Qu'est ce que tu n'ferais pas Pour la peau ?
Qu'est ce que tu n'ferais pas Pour la peau ?
Qu'est ce que tu n'ferais pas Pour la peau ?

Paroliers : Dominique Ane / Sacha Toorop

 

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Zéphyre -Sarabande

23 Juillet 2021, 01:45am

Publié par vertuchou

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Le coquillage

22 Juillet 2021, 01:11am

Publié par vertuchou

Suis-je inutile et hors d’usage,
Nuit ? Du gouffre de l’univers,
Sans perle, un simple coquillage
Jeté sur le bord de la mer ?

La vague écume sous ta brise,
Ton chant est sauvage et lointain,
Mais tu l’aimes, ô nuit exquise,
Ce coquillage étrange et vain.

Le couvrant d’un manteau d’étoiles,
Près de lui sur le sable d’or,
Tu le berces pendant qu’il dort
Du bruit houleux de la rafale.

Maison d’un cœur sans habitants,
Ce coquillage aux murs fragiles,
Remplis-le de rumeurs subtiles,
De brouillard, d’écume et de vent !

Ossip Emilievitch Mandelstam

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Homme de tous lieux

21 Juillet 2021, 01:47am

Publié par vertuchou

Homme de tous lieux
 
Otage des mots
Violenté par le sort
Empoigné par le temps
 
Jamais les meutes ne trancheront ton cri
Aucun traquenard n'asservira ton rêve
 
Homme de tous lieux
 
Dont la voix s'évase
Vers la houle du chant

  Andrée Chedid

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Publié depuis Overblog

20 Juillet 2021, 01:45am

Publié par vertuchou

Les matins de planète inondée
quand l'univers te poussera dans le dos
si tu veux d'autres sensations
ne laisse pas la réalité
décider. Dévale

---- Nicole Brossard

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A group of teenagers in Chicago

19 Juillet 2021, 16:42pm

Publié par vertuchou

Stan Wayman. A group of teenagers in Chicago, Illinois, selecting music on a jukebox in 1958.

Stan Wayman. A group of teenagers in Chicago, Illinois, selecting music on a jukebox in 1958.

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La pipe

18 Juillet 2021, 01:47am

Publié par vertuchou

Je suis la pipe d’un auteur ;
On voit, à contempler ma mine
D’Abyssinienne ou de Cafrine,
Que mon maître est un grand fumeur.

Quand il est comblé de douleur,
Je fume comme la chaumine
Où se prépare la cuisine
Pour le retour du laboureur.

J’enlace et je berce son âme
Dans le réseau mobile et bleu
Qui monte de ma bouche en feu,

Et je roule un puissant dictame
Qui charme son cœur et guérit
De ses fatigues son esprit.

Charles Baudelaire

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Dans tous les cas

17 Juillet 2021, 01:34am

Publié par vertuchou

Dans tous les cas la poésie est antérieure à la prose :
on dirait que l’homme chante avant de parler.

Jorge Luis Borges

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Je m’écorche

16 Juillet 2021, 01:46am

Publié par vertuchou

Je m’écorche de miroirs et de villes traversées
au rythme de ton souffle à toutes frontières alpines
un cœur différent tes passes d’eau tes rivières et galets
je me refais ce lit comme un rituel je retrace cet angle
d’où franchissent l’extravagance de mes envies
demain encore, il n’en demeure que le temps des pays
parallèles en itinéraire d’ailes tes pas sur le plancher
d’occasion
ce nous étalé dans le tumulte indécent
ce baiser allongé écumant à chaque ville retrouvée
il n’en demeure que cet amour plein de portes et
de coordonnées
le poids de ton corps ma boussole faite chair
Je me recroqueville comme un fœtus qui a froid toute ma terre
et mes seins prophétisent la migration entre sève et fruit
chaque pétale est une paupière sur le monde
le poème se déverse et blasphème février
Dis-moi à grands coups d’espace le crissement de ton corps
qui s’effeuille nudité des songes
Aujourd’hui est un arbre de sable sur la nuque du matin.

 Farah-Martine Lhérisson

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