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Quand je pose ma lèvre à votre bouche en fleur

29 Août 2021, 01:29am

Publié par vertuchou

Quand je pose ma lèvre à votre bouche en fleur, Sentez-vous mes baisers descendre à votre cœur ? Sentez-vous palpiter, comme une ardente flamme, Sur vos lèvres d’amour, le meilleur de mon âme ? Je vous adore trop pour pouvoir en causer Autrement que par le langage du baiser ! Vos lèvres!… où parfois tremble l’aveu suprême, Me mettent en contact avec votre amour même ! Vos lèvres!… où je bois longuement, comme une eau, Votre âme, pure ainsi que le plus pur ruisseau ! Vos lèvres!… où j’appuie ardemment ma tendresse, Pour que vous en goutiez la force et la caresse ! Vos lèvres!… mon exquise amoureuse, ô mon bien, Qui me font comprendre en ne murmurant rien ! Vos lèvres!… je les aime et les chante avec fièvres, En rêvant de mourir aux baisers de vos lèvres !

Albert Lozeau,  Vos lèvres

 

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La nuit d'hiver

28 Août 2021, 01:14am

Publié par vertuchou

La neige volait, inlassable,
Partout volait.
La chandelle sur notre table
Brûlait, brûlait…

Comme en été les éphémères,
Les flocons blancs
À la fenêtre de lumière
Venaient volant.

Ils la dévoraient d’innombrables
Traits étoilés;
La chandelle sur notre table
Brûlait, brûlait…

Sur le plafond couraient des ombres
De pieds, de mains,
Qui se croisaient dans la pénombre,
Tels nos destins.

Puis, de petits souliers tombaient
Sur le plancher;
Un pleur de cire sur ta robe
Qui s’épanchait…

Dans la rafale impénétrable
Tout basculait;
La chandelle sur notre table
Brûlait, brûlait…

Sur sa flamme soufflait un vent
D,ardeur étrange.
De grandes ailes se croisant,
Comme un ange.

En février d’interminables
Flocons volaient,
La chandelle sur notre table
Brûlait, brûlait…

Boris Pasternak

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Tall girl blind date

27 Août 2021, 01:30am

Publié par vertuchou

Mookie Swizzlestick, Tall girl blind date.

Mookie Swizzlestick, Tall girl blind date.

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Tant la désire et la cherche

26 Août 2021, 01:39am

Publié par vertuchou

Tant la désire et la cherche
Qu'à trop aimer je la perds
Si, ainsi, l'on peut rien perdre ...
Son cœur submerge le mien
D'un flot qui ne s'évapore ..

Arnaud Daniel

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Je considère depuis toujours

25 Août 2021, 01:34am

Publié par vertuchou

Je considère depuis toujours que la poésie est un diapason de l’existence, intransigeant, sans compromis, c’est-à-dire que c’est à travers la poésie, l’intensité, l’intensité du poème – même si la poésie, on en parlera, peut se trouver au cœur de tous les arts –, qu’on renoue avec ce diapason qui nous enjoint, si on est honnête, si on est sincère, à être pleinement, être sans compromis, être dans une étreinte curieuse avec l’existence. On l’oublie sans cesse : le premier privilège d’être vivant, c’est la fragilité extrême de l’existence – quand on pense à tout ce à quoi on s’occupe, qui est véniel, qui est secondaire, qui est ridiculement du leurre. Quand on comprend qu’on a ce trésor d’existence et quand on est, comme nous, en Europe, plutôt préservés, et qu’on n’arrête pas de se plaindre, de pleurer, de râler, ça m’est insupportable. La poésie nous dit une chose : la vie est un trésor qui n’attend que nous.

Jean-Pierre Siméon, 2015

 

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La simplicité c’est se mettre à nu

24 Août 2021, 01:17am

Publié par vertuchou

La simplicité c’est se mettre à nu devant les autres
Et nous avons tant de difficulté à être vrais avec les autres.
Nous avons peur d’être mal compris, de paraître fragiles,
de nous retrouver à la merci de ce qui nous fait face.
Nous ne nous exposons jamais.
Parce qu’il nous manque la force d’être des hommes,
celle qui nous fait accepter nos limites,
celle qui nous les fait comprendre, en leur donnant du sens et en les transformant en énergie,
en force précisément.

Alda Mérini

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Danse slave n°15

23 Août 2021, 01:40am

Publié par vertuchou

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Fantaisie en Fa mineur

22 Août 2021, 01:21am

Publié par vertuchou

Quand j’étais mort
les lavoirs fraîchissaient, à l’heure rance,
l’aube dans Brocéliande mordait
le ciel crachait sur les collines ses laines bleues et blanches
des saisons avariées
suivaient d’autres saisons
et je rêvais
que je rêvais
que je rêvais…
Quand j’étais mort, à nuit fanée
la mer douceâtre ventilée pataugeait
dans des rades perdues
et les oiseaux corps à corps dormaient
dans le caquet noirâtre des haubans
et l’odeur de fraîchin.
Les soleils dévalaient lentement
les sévères parages.

Quand j’étais mort
je n’avais pas de temps à perdre.

Henri Droguet

 

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On se parlait peu

21 Août 2021, 01:25am

Publié par vertuchou

On se parlait peu, on n’avait pas à se rassurer. J’étais avec elle tout le temps même quand je la quittais.

Je me demandais comment j’avais pu vivre avant si longtemps sans la connaître, vivre dans l’ignorance. Dès que je la quittais elle grandissait à vue d’œil.

Je marchais dans la rue et je souriais à tout le monde, tellement je la voyais partout. Je sais bien que tout le monde crève d’amour car c’est ce qui manque le plus, mais moi j’avais fini de crever et je commençais à vivre.......

Romain Gary - Emile Ajar, L'angoisse du roi Salomon

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La vie d'artiste

20 Août 2021, 01:43am

Publié par vertuchou

Je t'ai rencontré par hasard
Ici ailleurs ou autre part,
Il se peut que tu t'en souviennes
Sans se connaître on s'est aimé
Et même si ce n'est pas vrai

Il faut croire à l'histoire ancienne
Je t'ai donné ce que j'avais,
De quoi chanter, de quoi rêver,
Et tu croyais en ma bohème,
Mais si tu pensais à vingt ans,
Qu'on peut vivre de l'air du temps,
Ton point de vue n'est plus le même.

Cette fameuse fin du mois
Qui depuis qu'on est toi et moi
Nous reviens sept fois par semaine
Et nos soirées sans cinéma,
Et mon succès qui ne vient pas
Et notre pitance incertaine
Tu vois je n'ai rien oublié
Dans ce bilan triste à pleurer,
Qui constate notre faillite.
Il te reste encor' de beau jours

Profites-en mon pauvre amour,
Les belles années passent vite.

Et maintenant tu vas partir,
Tous les deux nous allons vieillir,
Chacun pour soi comme c'est triste
Tu peux remporter le phono,
Moi je conserve le piano,
Je continue ma vie d'artiste.
Plus tard sans trop savoir pourquoi,
Un étranger un maladroit,
Lisant mon nom sur une affiche,
Te parlera de mes succès,
Mais un peu triste, toi qui sait,
Tu lui diras que je m'en fiche.

Léo Ferré / Claude Francis

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