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Les matins de planète inondée
quand l'univers te poussera dans le dos
si tu veux d'autres sensations
ne laisse pas la réalité
décider. Dévale
---- Nicole Brossard
Coups de cœur
Les matins de planète inondée
quand l'univers te poussera dans le dos
si tu veux d'autres sensations
ne laisse pas la réalité
décider. Dévale
---- Nicole Brossard
Je suis la pipe d’un auteur ;
On voit, à contempler ma mine
D’Abyssinienne ou de Cafrine,
Que mon maître est un grand fumeur.
Quand il est comblé de douleur,
Je fume comme la chaumine
Où se prépare la cuisine
Pour le retour du laboureur.
J’enlace et je berce son âme
Dans le réseau mobile et bleu
Qui monte de ma bouche en feu,
Et je roule un puissant dictame
Qui charme son cœur et guérit
De ses fatigues son esprit.
Charles Baudelaire
Dans tous les cas la poésie est antérieure à la prose :
on dirait que l’homme chante avant de parler.
Jorge Luis Borges
Je m’écorche de miroirs et de villes traversées
au rythme de ton souffle à toutes frontières alpines
un cœur différent tes passes d’eau tes rivières et galets
je me refais ce lit comme un rituel je retrace cet angle
d’où franchissent l’extravagance de mes envies
demain encore, il n’en demeure que le temps des pays
parallèles en itinéraire d’ailes tes pas sur le plancher
d’occasion
ce nous étalé dans le tumulte indécent
ce baiser allongé écumant à chaque ville retrouvée
il n’en demeure que cet amour plein de portes et
de coordonnées
le poids de ton corps ma boussole faite chair
Je me recroqueville comme un fœtus qui a froid toute ma terre
et mes seins prophétisent la migration entre sève et fruit
chaque pétale est une paupière sur le monde
le poème se déverse et blasphème février
Dis-moi à grands coups d’espace le crissement de ton corps
qui s’effeuille nudité des songes
Aujourd’hui est un arbre de sable sur la nuque du matin.
Farah-Martine Lhérisson
L'an se rajeunissait en sa verte jouvence
Quand je m'épris de vous, ma Sinope cruelle ;
Seize ans étaient la fleur de votre âge nouvelle,
Et votre teint sentait encore son enfance.
Vous aviez d'une infante encor la contenance,
La parole, et les pas ; votre bouche était belle,
Votre front et vos mains dignes d'une Immortelle,
Et votre œil, qui me fait trépasser quand j'y pense.
Amour, qui ce jour-là si grandes beautés vit,
Dans un marbre, en mon cœur d'un trait les écrivit ;
Et si pour le jourd'hui vos beautés si parfaites
Ne sont comme autrefois, je n'en suis moins ravi,
Car je n'ai pas égard à cela que vous êtes,
Mais au doux souvenir des beautés que je vis.
Pierre de Ronsard
L’amour, tu sais, ce dont il a le plus besoin, c’est l’imagination. Il faut que chacun invente l’autre avec toute son imagination, avec toutes ses forces et qu’il ne cède pas un pouce du terrain à la réalité ; alors, là, lorsque deux imaginations se rencontrent… Il n’y a rien de plus beau.
Romain Gary, Les enchanteurs
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Nous sommes les tableaux azurs qui se penchent sur l'océan
Nous sommes la torche de vermeil que n'éteint pas le vent
Nous sommes les puits de lumière dans les plus noirs tourments
Nous sommes les âmes libres et les immenses soleils
La palette de couleurs, le gris le bleu dans le ciel
Nous sommes les sourires et les visages qui abondent
Qui se mêlent d'amour et repeuplent le monde
Dans leur plus belle différence
Métissés de plus belle, pour mieux vous faire offense
Nous sommes les plaines et les arbres millénaires
Qui jamais ne s'affaissent, auxquels on confie ses prières
Nous sommes comme ces étoiles qui s'éteignent
Dont la lumière nous parvient encore longtemps
Nous sommes comme ces étoiles qui s'éteignent
Dont la lumière nous parvient encore longtemps
Tim Dup