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Stabat Mater pour des religieuses

24 Octobre 2012, 05:19am

Publié par vertuchou

 

 


 

Marc-Antoine Charpentier

(1643 - 1704)

Stabat Mater pour des religieuses

 

Stabat Mater dolorósa
Juxta crucem lacrimósa
Dum pendébat Fílius.

Debout la Mère douloureuse
Près de la Croix était en larmes
Devant son Fils suspendu

 

interprété par

Le Concert des Nations

sous la direction de Jordi Savall

 

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Ô nostalgie des lieux...

23 Octobre 2012, 05:02am

Publié par vertuchou

Ô nostalgie des lieux qui n'étaient point
assez aimés à l'heure passagère,
que je voudrais leur rendre de loin
le geste oublié, l'action supplémentaire !

Revenir sur mes pas, refaire doucement
- et cette fois, seul - tel voyage,
rester à la fontaine davantage,
toucher cet arbre, caresser ce banc...

Monter à la chapelle solitaire
que tout le monde dit sans intérêt ;
pousser la grille de ce cimetière,
se taire avec lui qui tant se tait.

Car n'est-ce pas le temps où il importe
de prendre un contact subtil et pieux ?
Tel était fort, c'est que la terre est forte ;
et tel se plaint : c'est qu'on la connaît peu.

    Rainer Maria Rilke  

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Nécrologie des désenchantés de l’amour

22 Octobre 2012, 05:58am

Publié par vertuchou

Les désenchantés de l’amour
se tirent des balles dans le coeur.
De ma chambre j’entends les coups de feu.
Les bien-aimées se tordent de jouissance.
Oh que de matière pour les journaux.

Désenchantés mais photographiés,
ils ont écrit des lettres d’explication,
ils ont pris toutes les dispositions
pour le remords de leur bien-aimée.
Pan pan pan adieu, écoeurante.
Je m’en vais, tu restes, mais nous nous retrouverons
dans le ciel lumineux ou l’enfer tortueux.
Les médecins procèdent à l’autopsie
des désenchantés qui se sont tués.
Quels grands coeurs ils possédaient.
Des viscères immenses, des tripes sentimentales
et un estomac tout rempli de poésie…
Allons maintenant au cimetière
accompagner les corps des désenchantés
dûment mis en boîte
(passions de première et seconde classe).
Les désenchantés viennent après les enchantés,
sans coeur, sans tripes, sans amour.
Unique fortune, leurs dents en or
ne serviront pas de caution financière
et recouvertes de terre perdront leur brillant
tandis que les bien-aimées danseront une samba
féroce, violente, sur leur tombe.

 

Carlos Drummond de Andrade

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Monk's mood

21 Octobre 2012, 05:40am

Publié par vertuchou

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Sonnet XVII / soneto XVII

20 Octobre 2012, 05:06am

Publié par vertuchou

Je ne t'aime pas comme rose de sel, ni topaze
Ni comme flèche d’oeillets propageant le feu :
Je t’aime comme l’on aime certaines choses obscures,
De façon secrète, entre l’ombre et l’âme.


Je t’aime comme la plante qui ne fleurit pas
Et porte en soi, cachée, la lumière de ces fleurs,
Et grâce à ton amour dans mon corps vit l’arôme
Obscur et concentré montant de la terre.


Je t’aime sans savoir comment, ni quand, ni d’où,
Je t’aime directement sans problèmes ni orgueil :
Je t’aime ainsi car je ne sais aimer autrement,


Si ce n’est de cette façon sans être ni toi ni moi,
Aussi près que ta main sur ma poitrine est la mienne,
Aussi près que tes yeux se ferment sur mon rêve.

 

                  ---------

 

No te amo como si fueras rosa de sal,topacio
o flecha de claveles que propagan el fuego:
te amo como se aman ciertas cosas oscuras,
secretamente, entre la sombra y el alma.


Te amo como la planta que no florece y lleva
dentro de sí, escondida, la luz de aquellas flores,
y gracias a tu amor vive oscuro en mi cuerpo
el apretado aroma que ascendió de la tierra.


Te amo sin saber cómo, ni cuándo, ni de dónde,
te amo directamente sin problemas ni orgullo:
así te amo porque no sé amar de otra manera, .


sino así de este modo en que no soy ni eres,
tan cerca que tu mano sobre mi pecho es mía,
tan cerca que se cierran tus ojos con mi sueño.

 

Pablo Neruda

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La poésie vous pose

19 Octobre 2012, 05:04am

Publié par vertuchou

 La  poésie  vous  pose  toujours d’une façon ou d’une autre, la question de la mort

et de l’amour. Même des poésies très formalistes : je pense à des poésies,

à des expériences du XX° siècle, le futurisme ou les poètes de l’oulipo

qui sont encore actifs aujourd’hui, etc.. Au fond quand  on  regarde  leurs  textes, 

c’est  toujours  ça :  du  doute  de  l’existence,  de l’inquiétude de l’existence.

 

Jean-Pierre Siméon

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Enivrez-Vous

18 Octobre 2012, 05:34am

Publié par vertuchou

Enivrez-Vous
Il faut être toujours ivre.
Tout est là :
c'est l'unique question.
Pour ne pas sentir
l'horrible fardeau du Temps
qui brise vos épaules
et vous penche vers la terre,
il faut vous enivrer sans trêve.
Mais de quoi?
De vin, de poésie, ou de vertu, à votre guise.
Mais enivrez-vous.
Et si quelquefois,
sur les marches d'un palais,
sur l'herbe verte d'un fossé,
dans la solitude morne de votre chambre,
vous vous réveillez,
l'ivresse déjà diminuée ou disparue,
demandez au vent,
à la vague,
à l'étoile,
à l'oiseau,
à l'horloge,
à tout ce qui fuit,
à tout ce qui gémit,
à tout ce qui roule,
à tout ce qui chante,
à tout ce qui parle,
demandez quelle heure il est;
et le vent,
la vague,
l'étoile,
l'oiseau,
l'horloge,
vous répondront:
"Il est l'heure de s'enivrer !
Pour n'être pas les esclaves martyrisés du Temps,
enivrez-vous;
enivrez-vous sans cesse !
De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise.

 

Charles Baudelaire

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Esbjörn Svensson Trio

17 Octobre 2012, 05:27am

Publié par vertuchou

 

 

 

 Esbjörn Svensson Trio


Leverkusener Jazztage 2002
 Serenade For The Renegade
 Behind The Yashmak
Car Crash

Leverkusener Jazztage 2005
 When God Created The Coffeebreak
 Believe, Beleft, Below
Spunky Sprawl

Esbjörn Svensson, piano
Dan Berglund, contrebasse
Magnus Öström, percussions

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L’Homme du large

16 Octobre 2012, 05:30am

Publié par vertuchou

Magritte_Large.jpg

 

René Magritte

(1898-1967)
L’Homme du large

1927


Huile sur toile 

139 x 105 cm.

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Ombres

15 Octobre 2012, 05:04am

Publié par vertuchou

 

Quand mes pensées s’arrêtent

Et figent les instants

Quand en moi se répètent
D’autres lieux d’autres temps

Quand d’un mot d’une phrase
S’estompe le décor

Et quand un ange passe
D’ennui ou de remords…

Je cours après mon ombre
Et nul ne sait

 
Quand la folle nature
Me fait de grands cadeaux

Quand d’une fleur d’un murmure
Me vient comme un écho

Quand soudain souvenances
Vont s’accrochant aux heures

Et quand réminiscences
M’emplissent de langueur

Je cours après mon ombre
Et nul ne sait

 
Quand mes pensées s’arrêtent
Et figent mes pensées

Quand en moi se projettent
Appréhensions rentrées

Quand le temps et ses traces
Me gavent de frayeurs

Et quand je les ressasse
Ricanant de mes peurs…

Je cours après mon ombre
Et nul ne sait

 
Quand les jours en dérive
Se taisent infiniment

Quand l’image s’esquive
Et se couvre d’un blanc

Quand les anges s’éloignent
Et n’en ai chaud ni froid

Et quand regrets me gagnent
D’en être sans émoi…

Je cours après mon ombre
Et nul ne sait

 
Esther Granek 

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