Poinciana
Poinciana
(la chanson de l'arbre)
Nat Simon
interprété par
Ahmad Jamal (piano),
James Cammack (contrebasse),
Idris Muhammad (batterie)
Extrait de l'émission "Happy birthday Jazz in Marciac" sur ARTE :
Coups de cœur
Poinciana
(la chanson de l'arbre)
Nat Simon
interprété par
Ahmad Jamal (piano),
James Cammack (contrebasse),
Idris Muhammad (batterie)
Extrait de l'émission "Happy birthday Jazz in Marciac" sur ARTE :
Dans la terre torride une plante exotique,
Penchante, résignée : éclos hors de saison,
Deux boutons fléchissaient, l'air grave et mystique ;
La sève n'était plus pour elle qu'un poison.
Et je sentais pourtant de la fleur accablée
S'évaporer l'effluve âcre d'un parfum lourd,
Mes artères battaient, ma poitrine troublée
Haletait, mon regard se voilait, j'étais sourd.
Dans la chambre, autre fleur, une femme très pâle,
Les mains lasses, la tête appuyée aux coussins.
Elle s'abandonnait ; un insensible râle
Soulevait tristement la langueur de ses seins.
Mais ses cheveux tombant en innombrables boucles
Ondulaient sinueux comme un large flot noir
Et ses grands yeux brillaient du feu des escarboucles
Comme un double fanal dans la brume du soir.
Les cheveux m'envoyaient des odeurs énervantes ,
Pareilles à l'éther qu'aspire un patient,
Je perdais peu à peu de mes forces vivantes
Et les yeux transperçaient mon cœur inconscient.
Rémy de Gourmont
Jasper Johns
Numbers in Color
1958 – 1959
Encaustique et papier journal sur toile
168.9 x 125.7 cm
Sous la cloche de cristal bleu
De mes lasses mélancolies,
Mes vagues douleurs abolies
S’immobilisent peu à peu :
Végétations de symboles
Nénuphars mornes des plaisirs,
Palmes lentes de mes désirs,
Mousses froides, lianes molles.
Seul, un lys érige d’entre eux,
Pâle et rigidement débile,
Son ascension immobile
Sur les feuillages douloureux,
Et dans les lueurs qu’il épanche
Comme une lune, peu à peu,
Elève vers le cristal bleu
Sa mystique prière blanche
Maurice Maeterlinck
Allez au Tibet.
Faites du chameau.
Lisez la bible.
Teintez vos chaussures en bleu.
Laissez vous pousser la barbe.
Faites le tour du monde en canoé de papier.
Abonnez vous au Saturday Evening post.
Ne mâchez que du côté gauche de la bouche.
Epousez une unijambiste et rasez-vous avec un
coupe-chou.
Et gravez votre nom sur son bras.
Brossez vous les dents à l'essence.
Dormez toute la journée et grimpez aux arbres la
nuit.
Faites vous moine et buvez des chevrotines et de la
bière.
Mettez la tête sous l'eau et jouez du violon.
Faites la danse du ventre devant des bougies
roses.
Tuez votre chien.
Présentez vous comme maire.
Vivez dans un tonneau.
Fendez-vous la tête avec une hachette.
Plantez des tulipes sous la pluie.
Mais n'écrivez pas de poésie.
Charles Bukowski
Charles Sheeler
1883-1965
Criss-Crossed Conveyors
River Rouge Plant, Ford Motor Company.
1927
photographie argentique
23.5 x 18.8 cm
Il a dévalé la colline
Ses pieds faisaient rouler des pierres
Là-haut entre les quatre murs
La sirène chantait sans joie
Il respirait l'odeur des arbres
Il respirait de tout son corps
La lumière l'accompagnait
Et lui faisait danser son ombre
Pourvu qu'ils me laissent le temps
Il sautait à travers les herbes
Il a cueilli deux feuilles jaunes
Gorgées de sève et de soleil
Les canons d'acier bleu crachaient
De courtes flammes de feu sec
Pourvu qu'ils me laissent le temps
Il est arrivé près de l'eau
Il y a plongé son visage
Il riait de joie il a bu
Pourvu qu'ils me laissent le temps
Il s'est relevé pour sauter
Pourvu qu'ils me laissent le temps
Une abeille de cuivre chaud
L'a foudroyé sur l'autre rive
Le sang et l'eau se sont mêlés
Il avait eu le temps de voir
Le temps de boire à ce ruisseau
Le temps de porter à sa bouche
Deux feuilles gorgées de soleil
Le temps de rire aux assassins
Le temps d'atteindre l'autre rive
Le temps de courir vers la femme.
Juste le temps de vivre.
Boris Vian
Vivaldi
Stabat Mater, RV 621
Andreas Scholl; Chiara Banchini: Ensemble 415
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'Stabat Mater Dolorosa'. Largo
'Cujus Animam Gementem'. Adagio
'O Quam Tristis'. Andante
'Quis Est Homo'. Largo
'Quis Non Posset'. Adagio
'Pro Peccatis Suae Gentis'. Andante
'Eja Mater, Fons Amoris'. Largo
'Fac Ut Ardeat'. Lento
'Amen'. Allegro
Je ne veux à l'union de deux âmes sincères
Admettre empêchement. L'amour n'est point l'amour
S'il change en trouvant ailleurs le changement,
Ou s'éloigne en trouvant en l'autre l'éloignement.
Oh non ! il est un phare au regard immuable
Fixé sur la tempête et jamais ébranlé !
Pour tout navire errant il est l'astre qui guide,
Dont on prend la hauteur, mais ne sait l'influence.
L'amour n'est point le jouet du Temps, dont la faucille
Emporte en son croissant les joues et lèvres roses ;
Il n'est pas altéré par les jours, les semaines,
Mais endure et survit jusqu'à la fin des temps.
Si ceci est une erreur, contre moi démontrée,
Nul n'a jamais aimé et je n'ai rien écrit.
William Shakespeare
Let me not to the marriage of true minds
Admit impediments. Love is not love
Which alters when it alteration finds,
Or bends with the remover to remove:
O no! it is an ever-fixed mark
That looks on tempests and is never shaken;
It is the star to every wandering bark,
Whose worth's unknown, although his height be taken.
Love's not Time's fool, though rosy lips and cheeks
Within his bending sickle's compass come:
Love alters not with his brief hours and weeks,
But bears it out even to the edge of doom.
If this be error and upon me proved,
I never writ, nor no man ever loved.