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Recueillement

3 Novembre 2012, 05:23am

Publié par vertuchou

Sois sage, ô ma Douleur, et tiens-toi plus tranquille.
Tu réclamais le Soir ; il descend ; le voici :
Une atmosphère obscure enveloppe la ville,
Aux uns portant la paix, aux autres le souci.

Pendant que des mortels la multitude vile,
Sous le fouet du Plaisir, ce bourreau sans merci,
Va cueillir des remords dans la fête servile,
Ma Douleur, donne-moi la main ; viens par ici,

Loin d'eux. Vois se pencher les défuntes Années,
Sur les balcons du ciel, en robes surannées ;
Surgir du fond des eaux le Regret souriant ;

Le Soleil moribond s'endormir sous une arche,
Et, comme un long linceul traînant à l'Orient,
Entends, ma chère, entends la douce Nuit qui marche.

Charles Baudelaire

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Malo

2 Novembre 2012, 05:19am

Publié par vertuchou

Apareciste una noche fría
Con olor a tabaco sucio y a ginebra,
El miedo ya me recorría
Mientras cruzaba los deditos
Tras la puerta.

Tu carita de niño guapo
Se la ha ido comiendo el tiempo
Por tus venas
Y tu inseguridad machista
Se refleja cada día en mis lagrimitas.

Una vez más no por favor
Estoy cansa y no puedo con el corazón
Una vez más no mi amor por favor
No grites que los niños duermen.

Una vez más no por favor
Estoy cansa y no puedo con el corazón
Una vez más no mi amor por favor
No grites que los niños duermen.

Voy a volverme como el fuego
Voy a quemar tus puños de acero
Y del morao de mis mejillas
Sacare el valor pa cobrarme las heridas.

Malo, malo, malo eres
No se daña a quien se quiere no
Tonto, tonto, tonto eres
No te pienses mejor que las mujeres

Malo, malo, malo eres
No se daña a quien se quiere no
Tonto, tonto, tonto eres
No te pienses mejor que las mujeres

El día es gris cuando tu estas
Y el sol vuelve a salir cuando te vas
Y la penita de mi corazón
Yo me la tengo que tragar con el fogón

Mi carita de niña linda
Se ha ido envejeciendo en el silencio
Cada vez que me dices puta
Se hace tu cerebro más pequeño

Una vez mas no por favor
Estoy cansa y no puedo con el corazón
Una vez mas no mi amor por favor
No grites que los niños duermen.

Una vez mas no por favor
Estoy cansa y no puedo con el corazón
Una vez mas no mi amor por favor
No grites que los niños duermen.

Voy a volverme como el fuego
Voy a quemar tus puños de acero
Y del morao de mis mejillas
Sacare el valor pa cobrarme las heridas.

Malo, malo, malo eres
No se daña a quien se quiere no
Tonto, tonto, tonto eres
No te pienses mejor que las mujeres

Malo, malo, malo eres
No se daña a quien se quiere no
Tonto, tonto, tonto eres
No te pienses mejor que las mujeres

Voy a volverme como el fuego
Voy a quemar tus puños de acero
Y del morao de mis mejillas
Sacare el valor pa cobrarme las heridas.

Malo, malo, malo eres
No se daña a quien se quiere no
Tonto, tonto, tonto eres
No te pienses mejor que las mujeres

Malo, malo, malo eres
No se daña a quien se quiere no
Tonto, tonto, tonto eres
No te pienses mejor que las mujeres

Malo, malo, malo eres
Malo eres porque quieres
Malo, malo, malo eres
No me chilles que me duele

Eres débil y eres malo
Y no te pienses mejor que yo ni que nadie
Y ahora yo me fumo un cigarrito
Y te echo el humo en el corazoncito

Porque malo, malo, malo eres
Tu malo, malo, malo eres
Si malo, malo, malo eres
Siempre malo, malo, malo eres.


-------------------

 

Tu es apparu par une nuit froide
avec l'odeur de tabac sale et du gin.
La peur me traversait déjà
pendant que je croisais mes petits doigts
derrière la porte

Ton petit visage de beau jeune homme
S'en est allé avec le temps
par tes veines
et ton insécurité machiste
se réflète chaque jour dans mes petites larmes

Encore une fois non, s'il-te-plaît!
Je suis fatiguée et mon coeur n'en peut plus
encore un fois, non mon amour s'il-te-plaît
ne crie pas, car les enfants dorment

Encore une fois non, s'il-te-plaît!
Je suis fatiguée et mon coeur n'en peut plus
encore un fois, non mon amour s'il-te-plaît
ne crie pas, car les enfants dorment

Je vais devenir comme le feu
je vais brûler tes poings d'acier
et du violet de mes joues
je tirerai le courage pour me venger les blessures

Méchant, méchant, méchant tu es.
On ne fait pas de mal à celle qu'on aime, non!
Bête, bête, bête tu es,
Ne te pense pas mieux que les femmes

Méchant, méchant, méchant tu es.
On ne fait pas de mal à celle qu'on aime, non!
Bête, bête, bête tu es,
Ne te pense pas mieux que les femmes

Le jour est gris quand tu es là
et le soleil revient quand tu t'en vas
et la petite douleur de mon coeur
je dois la ravaler avec le fourneau

Mon petit visage de jolie jeune fille
A vieilli dans le silence.
Chaque fois que tu me dis "pute!"
Ton cerveau se fait de plus en plus petit

Encore une fois non, s'il-te-plaît!
Je suis fatiguée et mon coeur n'en peut plus
encore un fois, non mon amour s'il-te-plaît
ne crie pas, car les enfants dorment

Encore une fois non, s'il-te-plaît!
Je suis fatiguée et mon coeur n'en peut plus
encore un fois, non mon amour s'il-te-plaît
ne crie pas, car les enfants dorment

Je vais devenir comme le feu
je vais brûler tes poings d'acier
et du violet de mes joues
je tirerai le courage pour venger les blessures

Méchant, méchant, méchant tu es.
On ne fait pas de mal à celle qu'on aime, non!
Bête, bête, bête tu es,
Ne te pense pas mieux que les femmes

Méchant, méchant, méchant tu es.
On ne fait pas de mal à celle qu'on aime, non!
Bête, bête, bête tu es,
Ne te pense pas mieux que les femmes

Je vais devenir comme le feu
je vais brûler tes poings d'acier
et du violet de mes joues
je tirerai le courage pour venger les blessures

Méchant, méchant, méchant tu es.
On ne fait pas de mal à celle qu'on aime, non!
Bête, bête, bête tu es,
Ne te pense pas mieux que les femmes

Méchant, méchant, méchant tu es.
On ne fait pas de mal à celle qu'on aime, non!
Bête, bête, bête tu es,
Ne te pense pas mieux que les femmes

Méchant, méchant, méchant tu es
Méchant tu es parce que tu le veux
Méchant, méchant, méchant tu es
Ne me crie pas dessus parce que ça me fait souffrir

Tu es faible et méchant
et ne te crois pas meilleur que moi ni que personne
et maintenant je me fume un petite cigarette
et je te souffle la fumée dans ton petit coeur

Parce que méchant, méchant, méchant tu es
toi méchant, méchant, méchant tu es
oui méchant, méchant, méchant tu es
toujours méchant, méchant, méchant tu es

Bebe

 

 

 

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Saveur d’homme

1 Novembre 2012, 05:16am

Publié par vertuchou

Donnez-moi de quoi changer les pierres,
De quoi me faire des yeux
Avec autre chose que ma chair
Et des os avec la couleur de l’air ;
Et changez l’air dont j’étouffe
En un soupir qui le respire
Et me porte ma valise
De porte en porte ;
Qu’à ce soupir je pense : sourire
Derrière une autre porte.
Détestable saveur d’homme.
En vérité, une main ne tremble
Que pour vieillir sa mémoire ;
L’autre ne vieillit que d’avoir
Trop bougé de vie depuis le temps
Où le monde l’a basculée
Dans l’histoire du temps et du moment,
Qui, sans jamais se ressembler,
Se retrouve à chaque instant
Dans le sac noirci de son éternité

Jean-Pierre Duprey

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Série Collapse – Botanical

31 Octobre 2012, 05:50am

Publié par vertuchou

Masood-Kamandy--Serie-Collapse---Botanical--111.7-167.6.jpg

 

Masood Kamandy,

Série Collapse – Botanical

 

111.7 × 167.6cm

tirage numérique

2012

 

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La poésie ne mène à rien

30 Octobre 2012, 05:49am

Publié par vertuchou

La poésie ne mène à rien - à condition de ne pas en sortir

 

Pierre Reverdy


 

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Quand le Soleil lave sa tête blonde

29 Octobre 2012, 05:45am

Publié par vertuchou

Quand le Soleil lave sa tête blonde
En l'Océan, l'humide et noire nuit
Un coi sommeil, un doux repos sans bruit
Epand en l'air, sur la terre et sous l'onde.

Mais ce repos, qui soulage le monde
De ses travaux, est ce qui plus me nuit,
Et d'astres lors si grand nombre ne luit,
Que j'ai d'ennuis et d'angoisse profonde.

Puis quand le ciel de rougeur se colore,
Ce que je puis de plaisir concevoir
Semble renaître avec la belle aurore.

Mais qui me fait tant de biens recevoir ?
Le doux espoir que j'ai de bientôt voir
L'autre Soleil, qui la terre décore.

 

Joachim du Bellay

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Où la vie se contemple tout est submergé

28 Octobre 2012, 05:52am

Publié par vertuchou

    Où la vie se contemple tout est submergé
    Monté les couronnes d’oubli
    Les vertiges au cœur des métamorphoses
    D’une écriture d’algues solaires
    L’amour et l’amour.

    Tes mains font le jour dans l’herbe
    Tes yeux font l’amour en plein jour
    Les sourires par la taille
    Et tes lèvres par les ailes
    Tu prends la place des caresses
    Tu prends la place des réveils.

 

    Paul Eluard

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Nu debout

27 Octobre 2012, 05:29am

Publié par vertuchou

Picasso.jpg

 

Pablo Picasso

1881-1973

Nu debout (Etude pour Les trois femmes)

 

aquarelle

1907

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Des fleurs fines et mousseuses comme l’écume

26 Octobre 2012, 05:59am

Publié par vertuchou

 

Des fleurs fines et mousseuses comme l’écume

Poussaient au bord de nos chemins
Le vent tombait et l’air semblait frôler tes mains
Et tes cheveux avec des plumes.

L’ombre était bienveillante à nos pas réunis
En leur marche, sous le feuillage ;
Une chanson d’enfant nous venait d’un village
Et remplissait tout l’infini.

Nos étangs s’étalaient dans leur splendeur d’automne
Sous la garde des longs roseaux
Et le beau front des bois reflétait dans les eaux
Sa haute et flexible couronne.

Et tous les deux, sachant que nos coeurs formulaient
Ensemble une même pensée,
Nous songions que c’était notre vie apaisée
Que ce beau soir nous dévoilait.

Une suprême fois, tu vis le ciel en fête
Se parer et nous dire adieu ;
Et longtemps et longtemps tu lui donnas tes yeux
Pleins jusqu’aux bords de tendresses muettes.


Emile Verhaeren

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Maison grise

25 Octobre 2012, 05:26am

Publié par vertuchou

Le train s'acheminait dans le monde extérieur
Je me sentais très seul sur la barquette orange
Il y avait des grillages, des maisons et des fleurs
Et doucement le train écartait l'air étrange
Au milieu des maisons il y avait des herbages
Et tout semblait normal à l'exception de moi
Cela fait très longtemps que j'ai perdu la joie
Je vis dans le silence, il glisse en larges plages.
Le ciel est encore clair, déjà la terre est sombre ;
Une fissure en moi s'éveille et s'agrandit
Et ce soir qui descend en Basse-Normandie
A une odeur de fin, de bilan et de nombre.

Michel Houellebecq

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