Tristes apprêts, pâles flambeaux
"Tristes apprêts,pâles flambeaux"
air de Télaire,
extrait de l'opéra baroque "Castor et Pollux"
composé par Jean Philippe Rameau en 1737
interprété par
Véronique Gens
Coups de cœur
"Tristes apprêts,pâles flambeaux"
air de Télaire,
extrait de l'opéra baroque "Castor et Pollux"
composé par Jean Philippe Rameau en 1737
interprété par
Véronique Gens
Que le soleil est beau quand tout frais il se lève,
Comme une explosion nous lançant son bonjour !
- Bienheureux celui-là qui peut avec amour
Saluer son coucher plus glorieux qu'un rêve !
Je me souviens ! J'ai vu tout, fleur, source, sillon,
Se pâmer sous son oeil comme un coeur qui palpite...
- Courons vers l'horizon, il est tard, courons vite,
Pour attraper au moins un oblique rayon !
Mais je poursuis en vain le Dieu qui se retire ;
L'irrésistible Nuit établit son empire,
Noire, humide, funeste et pleine de frissons ;
Une odeur de tombeau dans les ténèbres nage,
Et mon pied peureux froisse, au bord du marécage,
Des crapauds imprévus et de froids limaçons.
Charles Baudelaire
... C’est un peu comme se jeter hors de son corps,
oui… comme d’accomplir, au dehors, le grand saut,
le plongeon qui vous arrache au balcon frileux
oui, c’est cela : cracher un mot de poésie...
Patricia Laranco
Femme à la veste jaune
Auguste Macke
Nue effacée ensommeillée
Choisie sublime solitaire
Profonde oblique matinale
Fraîche nacrée ébouriffée
Ravivée première régnante
Coquette vive passionnée
Orangée rose bleuissante
Jolie mignonne délurée
Naturelle couchée debout
Étreinte ouverte rassemblée
Rayonnante désaccordée
Gueuse rieuse ensorceleuse
Étincelante ressemblante
Source secrète souterraine
Aveugle rude désastreuse
Boisée herbeuse ensanglantée
Sauvage obscure balbutiante
Ensoleillée illuminée
Fleurie confuse caressante
Instruite discrète ingénieuse
Fidèle facile étoilée
Charnue opaque palpitante
Inaltérable contractée
Pavée construite vitrifiée
Globale haute populaire
Barrée gardée contradictoire
Égale lourde métallique
Impitoyable impardonnable
Surprise dénouée rompue
Noire humiliée éclaboussée
Paul Eluard
Le couchant flamboyait à travers les bruines
Comme le fronton d'or d'un vieux temple en ruines.
L'arbre avait un frisson.
La mer au loin semblait, en ondes recourbée,
Une colonne torse en marbre vert, tombée
Sur l'énorme horizon.
La vague, roue errante, et l'écume, cavale,
S'enfuyaient ; je voyais luire par intervalle
Les cieux pleins de regards ;
Les flots allaient, venaient, couraient sans fin, sans nombre,
Et j'écoutais, penché sur le cirque de l'ombre,
Le bruit de tous ces chars.
Lugubre immensité ! profondeurs redoutées !
Tous sont là, les Satans comme les Prométhées,
Ténébreux océans !
Cieux, vous êtes l'abîme où tombent les génies,
Oh ! combien l'oeil au fond des brumes infinies
Aperçoit de géants !
Ô vie, énigme, sphinx, nuit, sois la bienvenue !
Car je me sens d'accord avec l'âme inconnue.
Je souffre, mais je crois.
J'habite l'absolu, patrie obscure et sombre,
Pas plus intimidé dans tous ces gouffres d'ombre
Que l'oiseau dans les bois.
Je songe, l'oeil fixé sur l'incompréhensible.
Le zénith est fermé. Les justes sont la cible
Du mensonge effronté ;
Le bien, qui semble aveugle, a le mal pour ministre.
Mais, rassuré, je vois sous la porte sinistre
La fente de clarté.
Victor Hugo
Jean-Sébastien Bach
Concertos brandebourgeois
BWV 1046, 1047, 1048, 1049, 1050 et 1051
1721
Orchestre baroque de Fribourg-en-Brisgau
Savoir régner savoir durer savoir revivre
Il rejeta ses draps il éclaira la chambre
Il ouvrit les miroirs légers de sa jeunesse
Et les longues allées qui l’avaient reconduit
Etre un enfant être une plume à sa naissance
Etre la source invariable et transparente
Toujours être au cœur blanc une goutte de sang
Une goutte de feu toujours renouvelée
Mordre un rire innocent mordre à même la vie
Rien n’a changé candeur rien n’a changé désir
L’hiver j’ai mon soleil il fait fleurir ma neige
Et l’été qui sent bon a toutes les faiblesses
Paul Eluard