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Coups de cœur
Vida, mi vida / Vie, ma vie
Vida, mi vida, déjate caer,
déjate doler, mi vida,
déjate enlazar de fuego,
de silencio ingenuo, de piedras verdes
en la casa de la noche,
déjate caer y doler, mi vida
Vie, ma vie, laisse-toi choir,
laisse-toi endolorir, ma vie,
laisse-toi prendre au noeud du feu,
du silence ingénu, des pierres vertes
dans la maison de la nuit,
laisse-toi choir et endolorir, ma vie.
Alejandra PIZARNIK
Hirondelle Amour
A un juvénal de lait
A grands coups d'avirons de douze pieds, tu rames
En vers... et contre tout - Hommes, auvergnats, femmes.
Tu n'as pas vu l'endroit et tu cherches l'envers.
Jeune renard en chasse... Ils sont trop verts - tes vers
C'est le vers solitaire. - On le purge. - Ces Dames
Sont le remède. Après tu feras de tes nerfs
Des cordes-à-boyau ; quand, guitares sans âmes,
Les vers te reviendront déchantés et soufferts.
Hystérique à rebours, ta Muse est trop superbe,
Petit cochon de lait, qui n'as goûté qu'en herbe,
L'âcre saveur du fruit encore défendu.
Plus tard, tu colleras sur papier tes pensées,
Fleurs d'herboriste, mais, autrefois ramassées...
Quand il faisait beau temps au paradis perdu.
Tristan CORBIERE
L'hiver
Antonio Vivaldi, Les Quatre Saisons, l'hiver-1
Transcription: Franck Krawczyk
La poésie fruit défendu
La poésie fruit défendu
Belladone mortelle
Dans la débordante
Mangeoire universelle
Anne PERRIER
Je t'en remets au vent
D'avoir voulu vivre avec moi
T'as gâché deux ans de ta vie
Deux ans suspendus à ta croix
A veiller sur mes insomnies
Pourtant toi tu as tout donné
Et tout le meilleur de toi-même
A moi qui ai tout su garder
Toujours replié sur moi-même
Mon pauvre amour, sois plus heureuse maintenant
Mon pauvre amour, je t'en remets au vent
Toi tu essayais de comprendre
Ce que mes chansons voulaient dire
Agenouillée dans l'existence
Tu m'encourageais à écrire
Mais moi je restais hermétique
Indifférent à tes envies
A mettre sa vie en musique
On en oublie parfois de vivre
Mon pauvre amour, sois plus heureuse maintenant
Mon pauvre amour, je t'en remets au vent
Tout est de ma faute en ce jour
Et je reconnais mes erreurs
Indifférent à tant d'amour
J'accuse mes imbuvables humeurs
Mais toi ne te retourne pas
Va droit sur ton nouveau chemin
Je n'ai jamais aimé que moi
Et je reste sans lendemain
Mon pauvre amour, sois plus heureuse maintenant
Mon pauvre amour, je t'en remets au vent
Mon pauvre amour, sois plus heureuse maintenant
Mon pauvre amour, je t'en remets au vent
Hubert-Félix THIEFAINE
Absence
Quelques gouttes de pluie ont frappé à la vitre
et j'ai soudain senti combien tu me manquais;
Nous habitons pourtant la même ville
Sans pour ainsi dire nous voir jamais.
Ce matin j'ai l'impression que l'automne
débute avec de drôles d'idées :
pas de cigognes dans le ciel morne,
pas d'arcs-en-ciel après l'ondée.
Une phrase d'Heraclite, il me semble,
m'est revenue je ne sais trop comment :
«Les gens éveillés vivent ensemble;
ceux qui dorment, séparément.»
En quel mauvais rêve avons-nous été engloutis
pour ne plus pouvoir nous réveiller?
A la vitre ont frappé quelques gouttes de pluie
et j'ai soudain senti combien tu me manquais.
Ismaïl KADARE
Abandon
Le Parc
chorégraphie d' Angelin Preljocaj créée en 1994
par les danseurs
Isabelle Guérin et Laurent Hilaire
à l'Opéra de Paris
sur une musique de Mozart
Abandon
Pas de deux
Adagio en fa dièse du Concerto pour piano n° 23 en la majeur - K. 488 (1786)
Le rideau de ma voisine
Imité de Goethe.
Le rideau de ma voisine
Se soulève lentement.
Elle va, je l'imagine,
Prendre l'air un moment.
On entr'ouvre la fenêtre :
Je sens mon coeur palpiter.
Elle veut savoir peut-être
Si je suis à guetter.
Mais, hélas ! ce n'est qu'un rêve ;
Ma voisine aime un lourdaud,
Et c'est le vent qui soulève
Le coin de son rideau.
Alfred de MUSSET