Aria
Jean Sebastien Bach
Aria de la Suite pour Orchestre N°3 en ré majeur
BWW 1068
Coups de cœur
Jean Sebastien Bach
Aria de la Suite pour Orchestre N°3 en ré majeur
BWW 1068
Sur l'ile mystérieuse
où pousse la sauge sauvage
j'ai cherché ton parfum
guettant ta longue silhouette
au soleil dormant
Sur l'ile blanche
où dort le gardien de l'éternité
j'ai suivi le vent marin
pour te retrouver
sur le rivage
Fixement tu regardais les flots
une voile blanche à l'horizon
dans l'attente du départ
au prochain navire que tu prendrais
pour une ile où je ne pourrai te suivre
Tandis que le silence froid m'envahit
entre terre et eau
au milieu de la ville
je t'imagine apaisée
ouvrant la porte des possibles
J'avais rêvé d'aimer. J'aime encor mais l'amour
Ce n'est plus ce bouquet de lilas et de roses
Chargeant de leurs parfums la forêt où repose
Une flamme à l'issue de sentiers sans détour.
J'avais rêvé d'aimer. J'aime encor mais l'amour
Ce n'est plus cet orage où l'éclair superpose
Ses bûchers aux châteaux, déroute, décompose,
Illumine en fuyant l'adieu au carrefour.
C'est le silex en feu sous mon pas dans la nuit,
Le mot qu'aucun lexique au monde n'a traduit
L'écume sur la mer, dans le ciel ce nuage.
A vieillir tout devient rigide et lumineux,
Des boulevards sans noms et des cordes sans noeuds.
Je me sens me roidir avec le paysage.
Robert Desnos
Rien, cette écume, vierge vers
À ne désigner que la coupe;
Telle loin se noie une troupe
De sirènes mainte à l'envers.
Nous naviguons, ô mes divers
Amis, moi déjà sur la poupe
Vous l'avant fastueux qui coupe
Le flot de foudres et d'hivers;
Une ivresse belle m'engage
Sans craindre même son tangage
De porter debout ce salut
Solitude, récif, étoile
À n'importe ce qui valut
Le blanc souci de notre toile.
Stéphane Mallarmé
Fais-moi du feu dans la peau
Fais-moi du feu sous la peau
Fais-moi du chaud sous la peau
J'entends la marée de l'été
Ne presse pas les moments
Ne hâte pas les serments
Le temps fauché se perdra
Dans les soifs mouillés de l'été
Le temps s'en va où il fait beau
Il va pleuvoir sur les oiseaux
Viens doucement boire à mon eau
Toutes les chaînes rompues
Mille soleils étendus
Les vents couchés entre nous
J'entends la marée de l'été
Le temps s'en va il va faire beau
Il aura plu sur les oiseaux
Viens doucement boire à mon eau
Fais-moi du feu dans la peau
Fais-moi du feu sous la peau
J'entends la marée de l'été
texte : Suzanne Jacob / musique : C. Gauthier
chantée par Christine Stefanski

Hush now, don't explain
There ain't nothin' to gain
I'm glad that you're back
don't explain
Quiet baby, don't explain
there is nothing to gain.
Skip back the lipstick
don't explain.
You know that I love you
and what love endures
all my thoughts of you
for I'm so completely yours
Don't want to hear folks chatter
'cause I know you cheat
Right n' wrong don't matter
when you're with me my sweet...
Hush now don't explain
don't you know you're my joy and you're my pain.
My life is yours love
don't explain
All my thoughts of you, for I'm so completely yours.
I don't want to hear nobody chatter
'cause I know you cheat,
right n' wrong don't matter
when you're with me my sweet.
Hush now, don't explain
you're my joy, you're my pain
My life is yours love
don't explain.
Nina Simone
créée par Billie Holiday
Caspar David Friedrich
La mer de glace ou "l'espoir" déçu
(1821)
huile sur toile, 127 x 97 cm
Au-dessus des étangs, au-dessus des vallées,
Des montagnes, des bois, des nuages, des mers,
Par delà le soleil, par delà les éthers,
Par delà les confins des sphères étoilées,
Mon esprit, tu te meus avec agilité,
Et, comme un bon nageur qui se pâme dans l'onde,
Tu sillonnes gaiement l'immensité profonde
Avec une indicible et mâle volupté.
Envole-toi bien loin de ces miasmes morbides ;
Va te purifier dans l'air supérieur,
Et bois, comme une pure et divine liqueur,
Le feu clair qui remplit les espaces limpides.
Derrière les ennuis et les vastes chagrins
Qui chargent de leur poids l'existence brumeuse,
Heureux celui qui peut d'une aile vigoureuse
S'élancer vers les champs lumineux et sereins ;
Celui dont les pensées, comme des alouettes,
Vers les cieux le matin prennent un libre essor,
- Qui plane sur la vie, et comprend sans effort
Le langage des fleurs et des choses muettes !
Charles Baudelaire
À partir le long des plages
poussés par les embruns
dans un bruit de rafale
dans un scintillement de bleu
on irait marchant longtemps
vers les rochers
vers le couchant.
Les épaves nous parleraient d'ailleurs
d'îles lointaines de marins pêcheurs
d'autres bruits d'autres odeurs.
À marcher sur le rivage
encore plus lointaines jusqu'à demain
on irait vers ce pays d'au-delà de nous-même.
Luce Guilbaud