Coups de cœur
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Je m'en suis venu seul
Je m'en suis venu seul revoir notre vallée ; Elle est déserte, elle est muette, c'est l'hiver. Dans ses bois dépouillés comme elle est désolée ! La crête des coteaux dans le brouillard se perd ; Les talus ont à peine un peu de gazon vert ; La petite rivière...
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Que savent-ils de l'amour
Que savent-ils de l'amour ceux qui croient que celui-ci n'offre que des terres paisibles et rassurantes ? Ceux qui pensent que la jouissance, l'euphorie des corps suffisent ? Ceux qui ignorent que l'amour se perpétue au-delà des sens, qu'il s'enracine...
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Incantation
Je t'enlise, je t'enrobe, je te love, je te veux Je te vise, te bombarde, et je te prends d'assaut. Je ne te laisse pas le temps, je t'invite, Je t'emperle, je t'envoûte, je t'attends. J'ai tellement envie de toi. Je t'envahis, je t'environne, je suis...
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Mobilier scolaire
L'école était charmante au temps des hannetons, Quand, par la vitre ouverte aux brises printanières, Pénétraient, nous parlant d'écoles buissonnières Et mettant la folie en nos jeunes cerveaux, Des cris d'oiseaux dans les senteurs des foins nouveaux ;...
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Le Juge arbitre, l’Hospitalier et le Solitaire
Trois Saints, également jaloux de leur salut, Portés d’un même esprit, tendaient à même but. Ils s’y prirent tous trois par des routes diverses : Tous chemins vont à Rome : ainsi nos Concurrents Crurent pouvoir choisir des sentiers différents. L’un, touché...
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Toute odeur est fée
Volupté des parfums. Oui, toute odeur est fée : Si j’épluche, le soir; une orange échauffée, Je rêve de théâtre et de profonds décors ; Si je brûle un fagot, je vois sonnant leurs cors, Dans la forêt d’hiver les chasseurs faire halte ; Si je traverse...
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Le coquillage
Suis-je inutile et hors d’usage, Nuit ? Du gouffre de l’univers, Sans perle, un simple coquillage Jeté sur le bord de la mer ? La vague écume sous ta brise, Ton chant est sauvage et lointain, Mais tu l’aimes, ô nuit exquise, Ce coquillage étrange et vain....
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L'automne
Voici venu le froid radieux de septembre : Le vent voudrait entrer et jouer dans les chambres ; Mais la maison a l’air sévère, ce matin, Et le laisse dehors qui sanglote au jardin. Comme toutes les voix de l’été se sont tues ! Pourquoi ne met-on pas de...
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Marine
L’Océan sonore Palpite sous l’œil De la lune en deuil Et palpite encore, Tandis qu’un éclair Brutal et sinistre Fend le ciel de bistre D’un long zigzag clair, Et que chaque lame En bonds convulsifs Le long des récifs Va, vient, luit et clame, Et qu’au...
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Les effarés
Noirs dans la neige et dans la brume, Au grand soupirail qui s'allume, Leurs culs en rond, A genoux, cinq petits, - misère ! - Regardent le Boulanger faire Le lourd pain blond. Ils voient le fort bras blanc qui tourne La pâte grise et qui l'enfourne Dans...
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Parcourir l'arbre
Parcourir l'Arbre Se lier aux jardins Se mêler aux forêts Plonger au fond des terres Pour renaître de l'argile Peu à peu S'affranchir des sols et des racines Gravir lentement le fût Envahir la charpente Se greffer aux branchages Puis dans un éclat de...
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Quand arrive l'oubli
Cette femme aimante Cette femme à la chair souffrante Me regarde tristement Me supplie tendrement. L'oubli s'installe L'oubli l'avale Implacable Irréparable. La douleur m'assaille Celle que j'aime Celle à qui je dois la vie Ne me reconnaît plus. Je n'existe...
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Le rêve / El sueño
Je marchais dans les sables et décidais de te laisser. une boue noire sous mes pieds tremblait, je m'enfonçais, je réchappais en décidant que je devais te rejeter, tu me blessais comme un caillou tranchant, pas à pas je machinais ta perte: arracher tes...
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Time after time
Lying in my bed I hear the clock tick, And I think of you Caught up in circles Confusion is nothing new Flashback warm nights Almost left behind Suitcases of memories Time after Sometimes you picture me And I'm walking too far ahead You're calling to...
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Homme et femme
Il suffirait de quelques mots, vous l'inconnue, moi l'inconnu, pour que soudain nous prenions forme. Le vent dirait « amour », la pluie dirait « misère », et déjà comme un cœur battrait sous le soupçon, et déjà comme un corps se mettrait en musique. Sortis...
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La voix qui t'est due
Oui, derrière les gens, Je te cherche. Ni dans ton nom, s’il est dit, Ni dans ton visage, s’il est peint. Au-delà, au-delà , plus loin. Au-delà de toi, je te cherche. Ni dans ton miroir, ni dans ton écriture, ni dans ton âme Au-delà, plus loin. Et au-delà,...
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Crépuscule d’automne
Sous le souffle étouffé des vents ensorceleurs J’entends sourdre sous bois les sanglots et les rêves : Car voici venir l’heure où dans des lueurs brèves Les feuilles des forêts entonnent, choeur en pleurs, L’automnal requiem des soleils et des sèves....
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Les planches courbes
Et si demeure Autre chose qu'un vent, un récif, une mer, Je sais que tu seras, même de nuit, L'ancre jetée, les pas titubant sur le sable, Et le bois qu'on rassemble, et l'étincelle Sous les branches mouillées, et, dans l'inquiète Attente de la flamme...
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Ce qui ne se dit pas
La nuit cambrée de tes folies Le jardin clos de nos je t’aime Une tiédeur où je me plie Et… Tout ce qui ne se dit pas Ta lèvre au vert d’où j’émigre A l’autre bout de tes pensées Nos pôles au sud en tête à tête A l’indécence des idées Ta symphonie qui...
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Avecque mon amour
Avecque mon amour naît l’amour de changer, J’en aime une au matin ; l’autre au soir me possède. Premier qu’avoir le mal, je cherche le remède, N’attendant être pris pour me désengager. Sous un espoir trop long je ne puis m’affliger, Quand une fait la...
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Rémanence
De quoi souffres-tu ? Comme si s’éveillait dans la maison sans bruit l’ascendant d’un visage qu’un aigre miroir semblait avoir figé.Comme si la haute lampe et son éclat abaissé sur une assiette aveugle, tu soulevais vers ta gorge serrée la table ancienne...
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Tu n’es pas du tout vertueuse
Tu n’es pas du tout vertueuse, Je ne suis pas du tout jaloux : C’est de se la couler heureuse Encor le moyen le plus doux. Vive l’amour et vivent nous ! Tu possèdes et tu pratiques Les tours les plus intelligents Et les trucs les plus authentiques À l’usage...
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Puisque j'ai mis ma lèvre à ta coupe encor pleine
Puisque j'ai mis ma lèvre à ta coupe encor pleine, Puisque j'ai dans tes mains posé mon front pâli, Puisque j'ai respiré parfois la douce haleine De ton âme, parfum dans l'ombre enseveli, Puisqu'il me fut donné de t'entendre me dire Les mots où se répand...
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Lamentation
Plein sommeil et mort, les aigles tristes bruissent autour de cette tête toute la nuit durant L'image dorée de l'homme Que la vague glaçante de l'éternité l'engloutisse. Sur de lugubres récifs s'écrase le corps pourpre et se plaint la voix sombre sur...
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Passion
Passion lointaine, passion mortelle tu me lacères par jet continu je macère tes mots comme un condamné buvant la dernière coupe goutte à goutte le poison de la passion prend possession de mon corps comme tu as prise sur mon âme Eros et Thanatos nous sommes...