Coups de cœur
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A la boudeuse
Un jour entier peut-on bouder ! Cela passerait raillerie. Si j'ai cherché la brouillerie, C'était pour le plaisir de nous raccommoder. Pour notre utilité commune, Déride ce front soucieux : L'air fou du plaisir te sied mieux Que l'œil sournois de la rancune....
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Pourquoi la peau des lèvres est-elle si douce ?
La douceur des lèvres - on peut retourner la question dans tous les sens - ne se justifie que pour donner des baisers. [...] Quand Libert l'a embrassée pour la première fois, les lèvres de Thérèse sont parties toutes seules à la rencontre des siennes....
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J’ai survécu à mes désirs
J’ai survécu à mes désirs Et quitté mes rêves. Lucide, Il ne me reste qu’à souffrir Devant les fruits de mon cœur vide. Couronne effeuillée au matin Sous l’orge d’un soir contraire… Déjà je vis en solitaire, Et tristement j’attends la fin. L’orage siffle...
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Ni vous sans moi
D'eux deux il en fut ainsi Comme il en est du chèvrefeuille Qui au coudrier se prend: Quand il s'est enlacé et pris Et tout autour du fût s'est mis, Ensemble ils peuvent bien durer; Qui les veut ensuite désunir Fait tôt le coudrier mourir Et le chèvrefeuille...
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Pur à présent décline le soir d'été
Pur à présent décline le soir d'été Autour de ma maison, en splendeur adoucie Le ciel sur son front sacré ne porte pas Un seul nuage de mélancolie - La vieille tour, anchâssée dans la lueur d'or, Contemple d'en haut le soleil qui descend - Si doucement...
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Ce serait peut-être une définition de l'amour
Ce serait peut-être une définition de l'amour, celle de Flaubert: la curiosité. Être soudain, tellement curieux de quelqu'un, fou curieux. Connaître l'autre, co-naître, naître au monde avec lui, tel est l'unique projet. La phrase la plus éloignée de l'amour,...
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Exercice
Oublier d’abord l’heure qu’il est pendant une heure répéter à intervalles réguliers chaque jour puis oublier quel jour de la semaine on est répéter à intervalles réguliers pendant une semaine puis oublier dans quel pays on se trouve et s’y exercer avec...
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Art poétique
À Charles Morice De la musique avant toute chose, Et pour cela préfère l’Impair Plus vague et plus soluble dans l’air, Sans rien en lui qui pèse ou qui pose. Il faut aussi que tu n’ailles point Choisir tes mots sans quelque méprise : Rien de plus cher...
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Le sonnet de ses cheveux
Le flot de ses cheveux a baisé le soleil : Il en est demeuré rouge comme une aurore. Il brille sur la tête auguste & la décore Comme un ruisseau coulant dans un pays vermeil. Les profonds cheveux bruns embaument le sommeil ; Les cheveux blonds sont doux...
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Ivresse rose
Fraîche omniprésence du destin Ton parfum, ma beauté, cette rose oblique Heureusement qu’on peut être Je crie ma joie, mon étourdissement, noyée dans cette banlieue oubliée du monde Passion jaillissante de toi Envie d’exister de vivre de jouir de tes...
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Ils cassent le monde
Ils cassent le monde En petits morceaux Ils cassent le monde A coups de marteau Mais ça m'est égal Ça m'est bien égal Il en reste assez pour moi Il en reste assez Il suffit que j'aime Une plume bleue Un chemin de sable Un oiseau peureux Il suffit que...
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Bientôt nous nous saurons sur le bout des doigts
Bientôt nous nous saurons sur le bout des doigts, nos bouches n'auront pas de place pour les mots et ce sera un voyage, une galope à travers les plaines, nous irons vers l'ouest, loin de ces terres grises qui nous enfouissent. Je caresserai tes mains,...
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A une femme
Enfant ! si j’étais roi, je donnerais l’empire, Et mon char, et mon sceptre, et mon peuple à genoux Et ma couronne d’or, et mes bains de porphyre, Et mes flottes, à qui la mer ne peut suffire, Pour un regard de vous ! Si j’étais Dieu, la terre et l’air...
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Chanson de juillet
J’ai tant regardé la rivière et le soleil et le doux ciel, que j’ai lâché mon roseau vert. Il est allé dans l’eau si claire, il est allé jusqu’à la mer ! J’ai voulu cueillir aussitôt un autre roseau si beau, mais je me suis coupée aux herbes, mes cheveux...
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Ôki saisit la main de la jeune fille
Ôki saisit la main de la jeune fille. "Keiko ne te maquille pas…" - "Vous me faites mal !" dit Keiko, en se tournant vers Ôki. "Vous êtes vraiment odieux !" - "Ton visage est beau tel quel. Avec ces jolies dents et ces sourcils… ” Ôki appuya ses lèvres...
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Contradictions
Ils cohabitent en moi. Se battent sans qu’on le voie : Le passé le présent Le futur et maintenant L’illusion et le vrai Le maussade et le gai La bêtise la raison Et les oui et les non L’amour de ma personne Les dégoûts qu’elle me donne Les façades qu’on...
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L’ombre de Hiroshima
L’ombre d’un homme est tapie sur les marches : elle est gravée dans la pierre, — à tout jamais. Elle fut inscrite là par le maître atome ! Ainsi qu’un chien hurle à la mort ainsi le souvenir aboie entre les murs, hurle vers une tour noire, triste et brûlée…...
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Tristesse de la Lune
Ce soir, la lune rêve avec plus de paresse; Ainsi qu'une beauté, sur de nombreux coussins, Qui d'une main distraite et légère caresse Avant de s'endormir le contour de ses seins, Sur le dos satiné des molles avalanches, Mourante, elle se livre aux longues...
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Dors à mes pieds
Dors à mes pieds !... Rêve d'amour Mon souffle, comme une caresse, Glissera sur le pur contour De ce beau front qu'avec paresse Tu reposes sur mes genoux. Dors à mes pieds, tout fait silence, Hors la branche qui se balance, Souple et frêle, au-dessus...
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Oui, c’est toi
Une peau délicate se déploie sur ma langue. Elle la caresse. Une peau délicate caresse ma langue. Mes mains résonnent pleines des fruits. Remplies d’abandon. Ce qui doit arriver dans l’ histoire arrive maintenant dans mes mains. Tu vivifies ma journée....
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L'orage
Parmi les pommes d’or que frôle un vent léger Tu m’apparais là-haut, glissant de branche en branche, Lorsque soudain l’orage accourt en avalanche Et lacère le front ramu du vieux verger. Tu fuis craintive et preste et descends de l’échelle Et t’abrites...
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C’est lui, c’est lui
C’est lui, c’est lui aussitôt j’ai su à l’instant même où il mon sang a fait son grand tour à l’instant même où je l’ai vu dès que je vous ai vu, tu m’as plu dès qu’il m’a regardé, je n’ai plus pu dès ce moment je n’ai eu de cesse de il a suffi que vous,...
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Je suis verticale
Je suis verticale Mais je voudrais être horizontale. Ce soir, dans la lumière infinitésimale des étoiles, Les arbres et les fleurs ont répandu leur fraîche odeur. Je marche parmi eux, mais aucun d’eux n’y prête attention. Parfois je pense que lorsque...
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Tu me regardais
Mon bras pressait la taille frêle Et souple comme le roseau ; Ton sein palpitait comme l’aile D’un jeune oiseau. Longtemps muets, nous contemplâmes Le ciel où s’éteignait le jour. Que se passait-il dans nos âmes ? Amour ! amour ! Comme un ange qui se...
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Soupir
Mon âme vers ton front où rêve, ô calme sœur, Un automne jonché de taches de rousseur, Et vers le ciel errant de ton œil angélique Monte, comme dans un jardin mélancolique, Fidèle, un blanc jet d'eau soupire vers l'Azur ! - Vers l'Azur attendri d'Octobre...