Coups de cœur
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La mer
Loin des grands rochers noirs que baise la marée, La mer calme, la mer au murmure endormeur, Au large, tout là-bas, lente s'est retirée, Et son sanglot d'amour dans l'air du soir se meurt. La mer fauve, la mer vierge, la mer sauvage, Au profond de son...
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Que fais-tu maintenant ?
Que fais-tu maintenant ? Es-tu assise, pensive, ton doux regard perdu par-delà tes fenêtres ? Est-ce que tu penses à moi ? Songes-tu à mes mains qui caressent ta peau ? Songes-tu à ma bouche qui embrasse la tienne ? Penses-tu que notre amour n'en vaudrait...
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14-18 Folie meurtrière
14-18 C’était la grande guerre Ils ont vécu l’enfer C’était la grande guerre La folie meurtrière Par un beau jour d’été Sous un ciel bleu d’azur Le clairon a sonné Pour la grande aventure Ils partirent faire la guerre Au nom de la patrie Ils étaient jeunes...
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J’aime ton visage
J’aime ton visage qui brouille les repères du cœur et les saisons de la tendresse — ton visage en désarroi, plus frais, plus emmêlé, plus trouble que les chantiers bousculés du dégel, pareil à la mue du ciel de juin et à l’alpage qui boit sa neige — ton...
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Poème 20
Je peux écrire les vers les plus tristes cette nuit. Écrire, par exemple: « La nuit est étoilée et les astres d’azur tremblent dans le lointain. » Le vent de la nuit tourne dans le ciel et chante. Je puis écrire les vers les plus tristes cette nuit. Je...
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Elle marche dans sa beauté
I. Elle marche dans sa beauté, semblable à la nuit des climats sans nuages et des cieux étoilés ; tout ce qu’ont de plus beau la lumière et l’ombre est réuni dans ses traits et dans ses yeux, brillant de ces molles et tendres clartés que refuse le ciel...
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A la nuit
Nuits où meurent l'azur, les bruits et les contours, Où les vives clartés s'éteignent une à une, Ô nuit, urne profonde où les cendres du jour Descendent mollement et dansent à la lune, Jardin d'épais ombrage, abri des corps déments, Grand cœur en qui...
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La simplicité
La simplicité c’est se mettre à nu devant les autres Et nous avons tant de difficulté à être vrais avec les autres. Nous avons peur d’être mal compris, de paraître fragiles, de nous retrouver à la merci de ce qui nous fait face. Nous ne nous exposons...
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C'est arrivé le plus naturellement du monde
C'est arrivé le plus naturellement du monde. Un soir d'une tristesse légère. Un soir où nous avons dîné ensemble, où je lui ai proposé de prendre un verre chez moi, où elle a ôté sa veste, où j'ai embrassé son épaule, voilà. J'ignore ce qui m'a pris mais,...
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Sais-tu, mon doux Seigneur que je ne rêve qu’à toi ?
Sais-tu, mon doux Seigneur, que sans cesse je pense à toi, que je ne rêve qu’à toi, que mon seul et unique désir est de t’appartenir [...] ; être ta maîtresse, ton être, ta tienne ? Sais-tu que tout ce qui évoque ton souvenir me fait bondir le cœur ?...
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Chevauchée nocturne
Au sommet de la montagne je lève la main, j’emplis d’étoiles ma musette. Je suis au centre de la nuit silencieuse, seule la lumière de mon vélo garde un reste de chaleur. Qu’elle est faible, cette chaleur, et vaste le froid qui traverse les longues herbes...
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Elégie à une dame
... Je veux faire des vers qui ne soient pas contraints, Promener mon esprit par de petits desseins, Chercher des lieux secrets où rien ne me déplaise, Méditer à loisir, rêver tout à mon aise, Employer toute une heure à me mirer dans l’eau, Ouïr comme...
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Dans vos yeux
Dans vos yeux J’ai lu l’aveu de votre âme En caractères de flamme Et je m’en suis allé joyeux Bornant alors mon espace Au coin d’horizon qui passe Dans vos yeux. Dans vos yeux J’ai vu s’amasser l’ivresse Et d’une longue caresse J’ai clos vos grands cils...
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Bachianas Brasileiras nº 4 Prelude
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A un homme partant pour la chasse
Oui, l'homme est responsable et rendra compte un jour. Sur cette terre où l'ombre et l'aurore ont leur tour, Sois l'intendant de Dieu, mais l'intendant honnête. Tremble de tout abus de pouvoir sur la bête. Te figures-tu donc être un tel but final Que...
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La fileuse
Assise, la fileuse au bleu de la croisée Où le jardin mélodieux se dodeline?; Le rouet ancien qui ronfle l’a grisée. Lasse, ayant bu l’azur, de filer la câline Chevelure, à ses doigts si faibles évasive, Elle songe, et sa tête petite s’incline. Un arbuste...
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Mon Olivine
Mon Olivine Ma Ragamuche je te stoptatalère sur la bouillette mirkifolchette J'aracramuze ton épaulette Je crudimalmie ta ripanape Je te cruscuze Je te golpède Ouvre tout grand ton armomacabre et laisse le jour entrer dans tes migmags Ô Lunèthophyne je...
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Le chant du printemps
Dans la maison des peintures, Commence le chant Et se déploie, S’effeuillent les fleurs, se suffisent les chants. Le chant serpente, Les grelots des tambourins Vont et viennent, Et leur répondent Nos maracas fleuris S’effeuillent les fleurs, Se suffisent...
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J'aurai rêvé ma vie
J'aurai rêvé ma vie à l'instar des rivières Vivant en même temps la source et l'océan Sans pouvoir me fixer même un mince moment Entre le monde la plaine et les plages dernières. Suis-je ici, suis-je là ? Mes rives coutumières Changent de part et d'autres...
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Le visage amoureux
Le visage amoureux est visage des hauteurs. Il est exposé aux poussières des saisons, aux passages des étoiles. Il est rendu à sa substance première, celle du vent qui passe et tourmente les feuillages. Tout peut se lire en lui. Il baigne dans cette impudeur...
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Tu crois au marc de café
Tu crois au marc de café, Aux présages, aux grands jeux : Moi je ne crois qu’en tes grands yeux. Tu crois aux contes de fées, Aux jours néfastes, aux songes. Moi je ne crois qu’en tes mensonges. Tu crois en un vague Dieu, En quelque saint spécial, En...
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Toujours l'amour
Sous les lueurs des plantes rares les joues roses des cerisiers les diamants de la distance Et les perles dont elle se pare Sous les lustres des flaques tièdes A travers la campagne hachée A travers les sommeils tranchés A travers l'eau et les ornières...
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L'on verra s'arrêter le mobile du monde
L'on verra s'arrêter le mobile du monde, Les étoiles marcher parmi le firmament, Saturne infortuné luire bénignement, Jupiter commander dedans le creux de l'onde. L'on verra Mars paisible et la clarté féconde Du Soleil s'obscurcir sans force et mouvement,...
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Taches de son
Sur ta peau si tendre et si lisse, Dont ma bouche sait la douceur, Le soleil d’été, par malice, A mis des taches de rousseur. C’est tous les ans la même chose ; Et l’on dirait qu’il veut laisser Sur ton radieux teint de rose Une trace de son baiser. Mais...
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Trubert, fabliau du XIIIe siècle (extrait)
– Cette chèvre est-elle à vendre, l’ami ? – En effet, monseigneur. Vous la voulez ? – À combien, mon frère, vous l’estimez ? Dites-moi son prix et je vous l’achète. – Volontiers. La chose n’est pas secrète. Elle vaut quatre poils de votre cul Et cinq...