Coups de cœur
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Le chant du printemps
Dans la maison des peintures, Commence le chant Et se déploie, S’effeuillent les fleurs, se suffisent les chants. Le chant serpente, Les grelots des tambourins Vont et viennent, Et leur répondent Nos maracas fleuris S’effeuillent les fleurs, Se suffisent...
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J'aurai rêvé ma vie
J'aurai rêvé ma vie à l'instar des rivières Vivant en même temps la source et l'océan Sans pouvoir me fixer même un mince moment Entre le monde la plaine et les plages dernières. Suis-je ici, suis-je là ? Mes rives coutumières Changent de part et d'autres...
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Le visage amoureux
Le visage amoureux est visage des hauteurs. Il est exposé aux poussières des saisons, aux passages des étoiles. Il est rendu à sa substance première, celle du vent qui passe et tourmente les feuillages. Tout peut se lire en lui. Il baigne dans cette impudeur...
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Tu crois au marc de café
Tu crois au marc de café, Aux présages, aux grands jeux : Moi je ne crois qu’en tes grands yeux. Tu crois aux contes de fées, Aux jours néfastes, aux songes. Moi je ne crois qu’en tes mensonges. Tu crois en un vague Dieu, En quelque saint spécial, En...
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Toujours l'amour
Sous les lueurs des plantes rares les joues roses des cerisiers les diamants de la distance Et les perles dont elle se pare Sous les lustres des flaques tièdes A travers la campagne hachée A travers les sommeils tranchés A travers l'eau et les ornières...
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L'on verra s'arrêter le mobile du monde
L'on verra s'arrêter le mobile du monde, Les étoiles marcher parmi le firmament, Saturne infortuné luire bénignement, Jupiter commander dedans le creux de l'onde. L'on verra Mars paisible et la clarté féconde Du Soleil s'obscurcir sans force et mouvement,...
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Taches de son
Sur ta peau si tendre et si lisse, Dont ma bouche sait la douceur, Le soleil d’été, par malice, A mis des taches de rousseur. C’est tous les ans la même chose ; Et l’on dirait qu’il veut laisser Sur ton radieux teint de rose Une trace de son baiser. Mais...
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Trubert, fabliau du XIIIe siècle (extrait)
– Cette chèvre est-elle à vendre, l’ami ? – En effet, monseigneur. Vous la voulez ? – À combien, mon frère, vous l’estimez ? Dites-moi son prix et je vous l’achète. – Volontiers. La chose n’est pas secrète. Elle vaut quatre poils de votre cul Et cinq...
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La poésie chante quand la prose parle
La poésie chante quand la prose parle, sans doute. Elle se parcourt à l’infini dans tous les sens comme le champ que traverse le mince sentier de la prose, dont le propos est d’aller d’un point à un autre. Mais surtout, elle ne se définit que par l’impossibilité...
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Quand on est sans pain
Quand on est sans pain Les aubes sont noires De tous les espoirs Qu’on exhale en vain Loin des paradis, hélas illusoires Les aubes sont noires Quand on est sans pain Quand on est sans feu Les aubes sont mornes De tous les regards Qu’on jette au ciel bleu...
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La chanson de Gavroche
La bourgeoisie est un veau Qui s’enrhume du cerveau Au moindre vent frais qui souffle Le bourgeois c’est la pantoufle Qu’un roi met sous ses talons Pour marcher à reculons Je fais la chansonnette Faites le rigodon Le Bourgeois est un grimaud Qui prend...
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De là, de la paume de cette main
De là, de la paume de cette main appuyée contre la paume de la sienne, de leurs doigts entrelacés et du poignet qui touchait le sien, quelque chose émanait, de cette main, de ces doigts et de ce poignet, vers les siens, quelque chose d'aussi frais que...
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Ce ne sont pas des souvenirs
Ce ne sont pas des souvenirs qui, en moi, t'entretiennent ; tu n'es pas non plus mienne par la force d'un beau désir. Ce qui te rend présente, c'est le détour ardent qu'une tendresse lente décrit dans mon propre sang. Je suis sans besoin de te voir apparaître...
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A mon ami ***
Tu sais l’amour et son ivresse Tu sais l’amour et ses combats ; Tu sais une voix qui t’adresse Ces mots d’ineffable tendresse Qui ne se disent que tout bas. Sur un beau sein, ta bouche errante Enfin a pu se reposer, Et sur une lèvre mourante Sentir la...
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les caresses des yeux
Les caresses des yeux sont les plus adorables ; Elles apportent l'âme aux limites de l'être, Et livrent des secrets autrement ineffables, Dans lesquels seul le fond du coeur peut apparaître. Les baisers les plus purs sont grossiers auprès d'elles ; Leur...
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Sur un éventail
(pour Jeanne Charcot). *** Si les ondines et les fées Maintenant ainsi qu’autrefois Sur une coquille de noix Naviguaient, de corail coiffées, Et si j’étais, - car nous aimons Suivre parfois d’étranges rêves, - Un des minuscules démons Rois de la mer bleue...
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La feuille
De ta tige détachée, Pauvre feuille desséchée, Où vas-tu ? - Je n'en sais rien. L'orage a brisé le chêne Qui seul était mon soutien. De son inconstante haleine Le zéphyr ou l'aquilon Depuis ce jour me promène De la forêt à la plaine, De la montagne au...
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Quand au temple nous serons
Quand au temple nous serons Agenouillés, nous ferons Les dévots selon la guise De ceux qui pour louer Dieu Humbles se courbent au lieu Le plus secret de l'église. Mais quand au lit nous serons Entrelacés, nous ferons Les lascifs selon les guises Des amants...
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Les naufragés de l'alzheimer
J'aime ces gens étranges Aux trous dans la mémoire Des trous remplis de plaies Présentes ou bien passées Vérités toutes crues Remontant en marée Quand les masques ont fondu Que la farce est jouée L'inconscient se lézarde La raison capitule Des blessures...
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Noctambule
Ce soir, j’irai te visiter, encore. Tu laisseras la fenêtre doucement entr’ouverte, Moi, je viendrai du dehors , légère, Les ailes chargées de poudre d’or, La poitrine palpitant d’un tendre émoi, Les mains toutes enivrées de musique. Toi, encore marié...
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Amoureuse
Amoureuse, piètre mot pour exprimer tant de choses ! Imprégnée, voilà qui exprime mieux… Imprégnée, c’est cela tout à fait, imprégnée depuis la peau jusqu’à l’âme, car l’amour définitif m’est si entré partout que je m’attendais presque à voir mes cheveux...
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Tout est vanité
Tout est vanité : crois toujours, Aime sans fin, désire et rêve ; Ne reste jamais sans amours, Souviens-toi que la vie est brève. [...] Rêver, aimer, seul est réel : Notre vie est l’éclair qui passe, Flamboie un instant sur le ciel, Et se va perdre dans...
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J'ai envie de te tenir
J'ai envie de te tenir, te parler, t'entourer de mes bras, te couvrir et te brûler de mes caresses. Te voir pâlir et rougir sous mes baisers, te sentir frissonner dans mes embrasements, c'est la vie, la vie pleine, entière, vraie, c'est le rayon de soleil,...
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Demain je serai belle
Si tu me regardes, je deviens belle comme l'herbe sous la rosée et les grands roseaux ne reconnaîtront pas mon visage ébloui quand je descendrai à la rivière. J'ai honte de ma bouche triste, de ma voix brisée, de mes genoux rudes. Après que tu es venu...
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Te Deum