Coups de cœur
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Baiser rose, baiser bleu
Sonnet III. À table, l'autre jour, un réseau de guipure, Comme un filet d'argent sur un marbre jeté, De votre sein, voilant à demi la beauté, Montrait, sous sa blancheur, une blancheur plus pure. Vous trôniez parmi nous, radieuse figure, Et le baiser...
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Tous nos papiers sont faux
Tous nos papiers sont faux Nous avançons nus à la grande frontière sans même un mot pour nous justifier rien que notre fatigue notre tremblement notre étrangeté à nous-mêmes suspecte Nous ne savons plus notre âge tout s’est passé en chiffres nous n’avons...
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Je respire où tu palpites
Je respire où tu palpites,Tu sais ; à quoi bon, hélas !Rester là si tu me quittes,Et vivre si tu t’en vas ? A quoi bon vivre, étant l’ombreDe cet ange qui s’enfuit ?A quoi bon, sous le ciel sombre,N’être plus que de la nuit ? Je suis la fleur des muraillesDont...
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Je ne refuse point qu'en si belle jeunesse
Je ne refuse point qu’en si belle jeunesse De mille et mille amants vous soyez la maîtresse, Que vous n’aimiez partout, et que, sans perdre temps, Des plus douces faveurs ne les rendiez contents : La beauté florissante est trop soudain séchée Pour s’en...
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Parole dans l’ombre
Elle disait: C’est vrai, j’ai tort de vouloir mieux; Les heures sont ainsi très-doucement passées; Vous êtes là; mes yeux ne quittent pas vos yeux, Où je regarde aller et venir vos pensées. Vous voir est un bonheur; je ne l’ai pas complet. Sans doute,...
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Mon Dieu, le beau téton
Mon Dieu, le beau téton, mon tout, ma doucelette,Que je voy aparoir par dessous ton collet !Il soupire toujours, las! qu’il est rondelet,Et garni par dessus d’une peau blanchelette !Laisse le moi toucher, ma petite garcette,Laisse moy lui donner un baiser...
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Lettre de Juliette Drouet à Victor Hugo, 1833
Si tu savais combien je t’aime – combien tu es nécessaire à ma vie – tu n’oserais pas t’absenter un seul moment – Tu resterais toujours près de moi – ton cœur contre mon cœur, ton âme contre mon âme – [...] Pauvre fille que je suis – Je ne te verrai probablement...
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Nous n'irons plus au bois
Nous n'irons plus au bois , les lauriers sont coupés.Les Amours des bassins, les Naïades en groupeVoient reluire au soleil en cristaux découpésLes flots silencieux qui coulaient de leurs coupes. Les lauriers sont coupés, et le cerf aux aboisTréssaille...
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Tombe amoureux de mon côté obscur
Tombe amoureux de mon côté obscur,De mon côté maléfique,Du côté que personne n'aime,Parce que de l'autre côtéN'importe qui tombe amoureux.Tombe amoureux de mes mauvais moments,De mes insécurités et mes défauts,De mes caprices et de mes bêtises,Parce que...
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Sonnet masculin
Lance au bout d'or, qui sais poindre et oindre, De qui jamais la roideur ne défaut, Quand, en camp clos, bras à bras, il me faut Toutes les nuits au doux combat me joindre ; Lance, vraiment, qui ne fus jamais moindre A ton dernier qu'à ton premier assaut,...
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Je touche tes lèvres
Je touche tes lèvres, je touche d'un doigt le bord de tes lèvres.Je dessine ta bouche comme si elle naissait de ma main,comme si elle s'entrouvrait pour la première foiset il me suffit de fermer les yeux pour tout défaireet tout recommencer. Je fais naître...
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Voyage sentimental
Vos frais parfums les goûterais-je Savoie aux vallons bleus, Cloches lointaines et laineux Pétales de la neige Nous y cueillîmes, exilés L'aubépine sauvage ; Et de la mer au long des plages Sous les pins violets, Rose marine, Adolescence, De ces fragiles...
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L’orchidée que j’ai peinte
(1) D'où vient ce vent tout chargé de parfum ? Pour l'accueillir, devant mon rideau, je brave le froid du printemps. Je suis trop pauvre pour m'acheter des orchidées, Aussi j'en peins une sur une feuille de papier. (2) D'une vraie fleur solitaire sur...
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Et ton visage est renversé
… Et ton visage est renversé, ta bouche est fruit à consommer, à fond de barque, dans la nuit. Libre mon souffle sur ta gorge, et la montée, de toutes parts, des nappes du désir, comme aux marées de lune proche, lorsque la terre femelle s’ouvre à la mer...
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Hospitalité
Il pleut, il pleut, bergère, Presse tes blancs moutons, Allons sous ma chaumière, Bergère, vite, allons. J'entends sur le feuillage L'eau qui tombe à grand bruit ; Voici, voici l'orage, Voici l'éclair qui luit. Bonsoir, bonsoir, ma mère, Ma soeur Anne,...
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Mon Dieu, que j'aime à baiser les beaux yeux
Mon Dieu, que j'aime à baiser les beaux yeux De ma maîtresse, et à tordre en ma bouche De ses cheveux l'or fin qui s'escarmouche Si gaiement dessus deux petits cieux ! C'est à mon gré le meilleur de son mieux Que ce bel oeil, qui jusqu'au coeur me touche,...
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Transes
Quand tes cils battent des ailes, je quitte un peu la terre Entre tes bras, je trouve la forêt nocturne où méditent les orpailleurs. Tes mains viennent du monde des félins timides et des carrières lunaires. Abolissant l’hiver, ton regard est la noisette...
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Je ne sais comment je dure
Je ne sais comment je dure ; Car mon dolent (1) cœur fond d’ire (2), Et plaindre n’ose, ni dire Ma douloureuse aventure, Ma dolente vie obscure (3), Rien, hors la mort, ne désire ; Je ne sais comment je dure. Et me faut par couverture (4) Chanter quand...
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Qu’est-ce qu’un poème dans la marche du monde ?
Qu’est-ce qu’un poème dans la marche du monde ? Peut- on encore écrire despoèmes après les horreurs des camps d’extermination et les génocides ? Interrogationslégitimes. Chaque homme qui naît recommence l’histoire et la poésie,comme toute forme de l’art,...
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Toute grâce et toutes nuances
Toute grâce et toutes nuancesDans l'éclat doux de ses seize ans,Elle a la candeur des enfancesEt les manèges innocents. Ses yeux, qui sont les yeux d'un ange,Savent pourtant, sans y penser,Éveiller le désir étrangeD'un immatériel baiser. Et sa main, à...
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Le sourire de l'amour
Un matin l'Amour inventa le sourireUne aurore délicate au charme radieuxEt l'Univers est né au grand plaisir des dieuxQui prient que cette grâce ne cesse de s'épanouir Un jour des déesses se plurent à rêverUne émotion sublime les envahissaitUne danse...
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La poésie c'est désimaginer le monde
La poésie c'est désimaginer le monde tel qu'on nous le vend.C'est découvrir qu'il n'est rien, et que s'en éveiller est tout.Sans poésie, un homme meurt sans mourir à soi,un enfant ne connaît pas d'enfance,car la poésie est l'imagination du réel, de ce...
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Sois ma prison et mon Dragon
HASSINE, HASSINE, HASSINE, HASSINE. Sois ma drogue, mon poison, mon poignard. Tue-moi, Hassine, tue-moi, TUE-MOI. Jette-moi tout au fond du puits de ton regard, fais-moi chavirer de ton souffle furieux, qu’il me déchire et me ravage comme un feu dans...
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La chimère
Une jeune chimère, aux lèvres de ma coupe, Dans l'orgie, a donné le baiser le plus doux Elle avait les yeux verts, et jusque sur sa croupe Ondoyait en torrent l'or de ses cheveux roux. Des ailes d'épervier tremblaient à son épaule ; La voyant s'envoler...
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Dans le parc
Dans le parc aux lointains voilés de brume, sous Les grands arbres d’où tombe avec un bruit très doux L’adieu des feuilles d’or parmi la solitude, Sous le ciel pâlissant comme de lassitude, Nous irons, si tu veux, jusqu’au soir, à pas lents, Bercer l’été...