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Vertuchou.over-blog.com

Taches de son

12 Avril 2021, 01:26am

Publié par vertuchou

Sur ta peau si tendre et si lisse,
Dont ma bouche sait la douceur,
Le soleil d’été, par malice,
A mis des taches de rousseur.

C’est tous les ans la même chose ;
Et l’on dirait qu’il veut laisser
Sur ton radieux teint de rose
Une trace de son baiser.

Mais j’aime tout de ce que j’aime ;
Et ton front, si frais et si doux,
M’attire davantage même
Constellé de quelques points roux.

Quand à mes lèvres tu le portes
D’un geste amoureux, je crois voir
La neige d’or des feuilles mortes
Sur le ciel vermeil d’un beau soir.

François Coppée

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Des Venturiers au Cengle un jour d'été

11 Avril 2021, 01:14am

Publié par vertuchou

Fabienne Verdier, Des Venturiers au Cengle un jour d'été, sérigraphie 2019, 56x76cm

Fabienne Verdier, Des Venturiers au Cengle un jour d'été, sérigraphie 2019, 56x76cm

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Possibilités

10 Avril 2021, 01:20am

Publié par vertuchou

Je préfère les films.
Je préfère les chats.
Je préfère les chênes le long de la Warta.
Je préfère Dickens à Dostoïevski.
Je me préfère moi - même aimant les gens à moi - même aimant l'humanité.
Je préfère garder une aiguille et un fil sous la main, au cas où.
Je préfère la couleur verte.
Je préfère ne pas soutenir que la raison est à blâmer pour tout.
Je préfère les exceptions.
Je préfère partir tôt.
Je préfère parler aux médecins à propos d'autre chose.
Je préfère les illustrations bien dessinées d'autrefois.
Je préfère l'absurdité d'écrire des poèmes à l'absurdité de ne pas écrire de poèmes.
Je préfère, quand il s'agit d'amour, les anniversaires implicites qu'on peut célébrer tous les jours.
Je préfère les moralistes qui ne promettent rien.
Je préfère une bonté rusée à une bonté trop confiante.
Je préfère la terre en vêtements civils.
Je préfère les pas conquis aux pays conquérants.
Je préfère avoir quelques réservations.
Je préfère l'enfer du chaos à l'enfer de l'ordre.
Je préfère les contes de Grimm aux premières pages des journaux.
Je préfère les feuilles sans fleurs aux fleurs sans feuilles.
Je préfère les chiens aux queues non - coupées
Je préfère les yeux clairs, car les miens sont sombres.
Je préfère de nombreuses choses que je n'ai pas mentionnées ici à de nombreuses choses que j'ai aussi passées sous silence.
Je préfère les zéros en libertés à ceux qu'on aligne derrière un chiffre.
Je préfère le temps des insectes au temps des étoiles.
Je préfère ne pas demander combien de temps encore et quand.
Je préfère garder à l'esprit même la possibilité que l'existence a sa propre raison d'être.

Wislawa Szymborska

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Les poèmes ne sont pas que des mots

9 Avril 2021, 01:03am

Publié par vertuchou

Les poèmes ne sont pas que des mots, après tout, mais du feu pour qui à froid, des cordes lancées au secours des perdus, parfois aussi nécessaire que du pain dans la poche d'un affamé.

Mary Oliver

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L’ours et l'amateur des jardins

8 Avril 2021, 01:26am

Publié par vertuchou

Certain Ours montagnard, Ours à demi léché,
Confiné par le sort dans un bois solitaire,
Nouveau Bellérophon vivait seul et caché :
Il fût devenu fou ; la raison d'ordinaire
N'habite pas longtemps chez les gens séquestrés :
Il est bon de parler, et meilleur de se taire,
Mais tous deux sont mauvais alors qu'ils sont outrés.
               Nul animal n'avait affaire
               Dans les lieux que l'Ours habitait ;
               Si bien que tout Ours qu'il était
Il vint à s'ennuyer de cette triste vie.
Pendant qu'il se livrait à la mélancolie,
               Non loin de là certain vieillard
               S'ennuyait aussi de sa part.
Il aimait les jardins, était Prêtre de Flore,
               Il l'était de Pomone encore :
Ces deux emplois sont beaux. Mais je voudrais parmi
               Quelque doux et discret ami.
Les jardins parlent peu , si ce n'est dans mon livre ;
               De façon que, lassé de vivre
Avec des gens muets notre homme un beau matin
Va chercher compagnie, et se met en campagne.
               L'Ours porté d'un même dessein
               Venait de quitter sa montagne :
               Tous deux, par un cas surprenant
               Se rencontrent en un tournant.
L'homme eut peur : mais comment esquiver ; et que faire ?
Se tirer en Gascon d'une semblable affaire
Est le mieux. Il sut donc dissimuler sa peur.
               L'Ours très mauvais complimenteur,
Lui dit : Viens-t'en me voir. L'autre reprit : Seigneur,
Vous voyez mon logis ; si vous me vouliez faire
Tant d'honneur que d'y prendre un champêtre repas,
J'ai des fruits, j'ai du lait : Ce n'est peut-être pas
De nosseigneurs les Ours le manger ordinaire ;
Mais j'offre ce que j'ai. L'Ours l'accepte ; et d'aller.
Les voilà bons amis avant que d'arriver.
Arrivés, les voilà se trouvant bien ensemble ;
               Et bien qu'on soit à ce qu'il semble
               Beaucoup mieux seul qu'avec des sots,
Comme l'Ours en un jour ne disait pas deux mots
L'Homme pouvait sans bruit vaquer à son ouvrage.
L'Ours allait à la chasse, apportait du gibier,
               Faisait son principal métier
D'être bon émoucheur, écartait du visage
De son ami dormant, ce parasite ailé,
               Que nous avons mouche appelé.
Un jour que le vieillard dormait d'un profond somme,
Sur le bout de son nez une allant se placer
Mit l'Ours au désespoir ; il eut beau la chasser.
Je t'attraperai bien, dit-il. Et voici comme.
Aussitôt fait que dit ; le fidèle émoucheur
Vous empoigne un pavé, le lance avec roideur,
Casse la tête à l'homme en écrasant la mouche,
Et non moins bon archer que mauvais raisonneur :
Roide mort étendu sur la place il le couche.
Rien n'est si dangereux qu'un ignorant ami ;
               Mieux vaudrait un sage ennemi.

Jean de la Fontaine

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African wind

7 Avril 2021, 01:46am

Publié par vertuchou

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Le Duo

6 Avril 2021, 01:50am

Publié par vertuchou

Tout involontairement
Je me souviens de ta caresse,
Du soleil
Et du rythme de ta respiration,
l’écho de l’écho
Et nous tout seuls…
 
Comme je t’aimais alors, infiniment,
Toi, l’anonyme coauteur de ces poèmes.
 
Givi Alkhazichvili

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Pour peu que la nuit tombe

5 Avril 2021, 01:46am

Publié par vertuchou

Pour peu que la nuit tombe et que la voiture aille vite, à la campagne, dans une ville, il n’y a pas un torse féminin, mutilé comme un marbre antique par la vitesse qui nous entraîne et le crépuscule qui le noie, qui ne tire sur notre cœur, à chaque coin de route, du fond de chaque boutique, les flèches de la Beauté, de la Beauté dont on serait parfois tenté de se demander si elle est en ce monde autre chose que la partie de complément qu’ajoute à une passante fragmentaire et fugitive notre imagination surexcitée par le regret.

Marcel Proust, À l’ombre des jeunes filles en fleur

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Le grand amour

4 Avril 2021, 01:42am

Publié par vertuchou

Elle vivait dans la forêt
Un cabanon comme elle disait
Elle dormait quand elle voulait
Ne travaillait jamais

Paréo noué dans le dos
Des fruits, des fleurs et des oiseaux
Le goût du sel sur la peau
Elle était belle, j'étais beau

Sous un baldaquin de tulle
Une bougie, le clair de lune
Nos deux corps dans une bulle
Le coeur et la fortune

On ne parlait pas d'amour
L'amour c'est quoi ?
On ne parlait jamais d'amour
Le grand amour ça n'existait pas

Elle fumait, je l'embrassais
Je cuisinais, elle m'enlaçait
Elle dansait, je chantais
En anglais, en javanais

Nu sous mon tablier je revivais
Abandonné sous les baisers parfumés

On ne parlait pas d'amour
L'amour c'est quoi ?
On ne parlait jamais d'amour
Le grand amour ça n'existait pas

C'était l'amour je m'y connais
Jusqu'à ce jour de fin juillet
Elle souriait, mais je devinais
Le vent avait tourné

Affolé par l'épouvantail
De quelle erreur monumentale
L'amour, le vrai, le beau
S'était barré au galop


Albin de la Simone

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Here's To Life

3 Avril 2021, 01:41am

Publié par vertuchou

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