La poésie, c'est
La poésie, c'est demander aux mots
de faire revenir la lumière
dans nos existences.
Yves Bonnefoy
Coups de cœur
La poésie, c'est demander aux mots
de faire revenir la lumière
dans nos existences.
Yves Bonnefoy
C'est le Premier Mai. Debout, camarades !
Esclaves courbés sur les durs travaux
Des grandes usines,
Un peu de fierté monte en nos poitrines
Avec le parfum des lilas nouveaux...
C'est le Premier Mai. Marchons camarades !
Un grand souffle ardent passe en nos cerveaux !
C'est le Premier Mai. Debout, camarades !
Au milieu du ciel, le soleil vainqueur
Luit pour tout le monde :
Hélas ! notre part de sa clarté blonde
Sert à fabriquer l'or de l'Exploiteur...
C'est le Premier Mai. Marchons camarades !
Nous avons aussi des droits au bonheur !
C'est le Premier Mai. Debout, camarades !
Par la ville allons, la main dans la main
Et crions justice.
Il est temps qu'un peu d'équité fleurisse
Entends-tu, bourgeois au cœur inhumain ?
C'est le Premier Mai. Marchons camarades !
Et clamons nos droits sur notre chemin !
C'est le Premier Mai. Debout, camarades !
Déjà l'Avenir se laisse entrevoir :
Ayons confiance !
Après l'âpre hiver, le Printemps s'avance,
Chassant les corbeaux au triste vol noir...
C'est le Premier Mai. Marchons, camarades !
Les jeunes rameaux sont couleur d'espoir !
- date : 1911.
- texte : Gaston Couté.
- musique : air du Temps des cerises
Qui pourrait décrire le désir quand il est aussi torride, chargé de succulences, impérieux ? Il échappe aux mots. Seule, peut-être, la musique peut rendre la puissance de la houle qui le porte, le souffle brûlant et les vibrations qu’il dégage. Il m’a, naguère, inspiré un tableau (allons, tant pis, fini le secret ! On sait maintenant ce que je fais). La toile était ronde, et j’avais peint une incandescence orange au centre, vers laquelle vibrait un déferlement d’ondes rouges et lavande. (J’en étais alors à ma période dite abstraite, qui suivit ma période dite figurative, laquelle précéda ma période dite postmoderniste, celle des photogrammes.) Ces ondes de rouges et de lavande, semblables aux orbes futuristes d’une meurtrissure, j’en ressens physiquement le choc à présent : elles me pénètrent, m’envahissent avec les caresses de mon amant qui parcourent mon corps, glissent jusqu’à mes fesses, se coulent entre mes cuisses où ses doigts écartent la fente de la culotte rouge, trouvent l’orée satinée. Et je me liquéfie…
La suite, qui ne la connaît d’avance, moi la première ? – à ceci près que je suis affolée de désir.
Erica Jong, Nana blues
Tu m’as tout pris…
Tu m’as pris jusqu’à la seconde d’oubli …
Je m’échappe à moi-même
Je me coule entre les doigts
Et je ruisselle sur ma vie
Comme sur une plaine morte
Je pense à vous
Les mots sont neufs
Fondants comme une rose de Noël
Dans l’arbre
Avec ses surprises, ses flammes, sa légende
Marcher avec toi
Me mettre du rouge avec toi
Du rouge aux lèvres
Du rouge aux ongles
Du rouge au cœur
Retrouver le monde avec toi
Dans mes deux mains
Parce que tu m’auras conté
Une pluie au printemps
Ou un cuivre qui fait l’amour
Avec le soleil
Mourir de ta chair en moi
M’endormir et rêver que je rêve de toi
Quand je reste seule
Je tends mes doigts vers ta réalité
Qui est la mienne
T’avoir pour maître
Oh ! Cette chance, ce miracle
Ce don de toi à mes côtés
Attendre
Pour te réinventer
La venue inouïe de ton visage
Connaître ton visage
Connaître ton baiser
Connaître ton amour
En mourir, en mourir.
Claude de Burine
Il aimait à la voir, avec ses jupes blanches,
Courir tout au travers du feuillage et des branches,
Gauche et pleine de grâce, alors qu'elle cachait
Sa jambe, si la robe aux buissons s'accrochait.
Charles Baudelaire
Je conçois mal la poésie si elle n'est pas la manifestation
de la révolte essentielle d'un être contre les lois absurdes
de l'univers dans lequel il se trouve, bien malgré lui, jeté
-- Michel Leiris
Des sommets des montagnes
Des villages
Des villes
Des bosquets
Des forêts
Des jardins
Des lits
Provient le bois des cercueils.
Hala Mohammad