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Eventail de Mademoiselle Mallarmé

5 Octobre 2014, 05:01am

Publié par vertuchou

Ô rêveuse, pour que je plonge
Au pur délice sans chemin,
Sache, par un subtil mensonge,
Garder mon aile dans ta main.

Une fraîcheur de crépuscule
Te vient à chaque battement
Dont le coup prisonnier recule
L'horizon délicatement.

Vertige ! voici que frissonne
L'espace comme un grand baiser
Qui, fou de naître pour personne,
Ne peut jaillir ni s'apaiser.

Sens-tu le paradis farouche
Ainsi qu'un rire enseveli
Se couler du coin de ta bouche
Au fond de l'unanime pli !

Le sceptre des rivages roses
Stagnants sur les soirs d'or, ce l'est,
Ce blanc vol fermé que tu poses
Contre le feu d'un bracelet.

Stéphane Mallarmé

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Chaque femme est unique

4 Octobre 2014, 05:50am

Publié par vertuchou

Dans la houle de la vie
chaque femme est unique
et garde en elle son mystère
paisible ou tourmenté

Jour de tempête ou temps radieux
Chaque femme apporte la lumière
à qui veut bien le reconnaître
comme elle est.

Alors, au regard de l"autre
elle se dévoile
et assoiffée d'amour
elle vibre de désir

Auprès de l'être aimé
elle tisse les liens de l'âme
et inlassablement elle nourrit
une rencontre charnelle

Chaque femme est passion
quel qu'en soit le prix
damnation des corps
déchirement des cœurs

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Grenier d’étoiles [Chanson de l'oranger mort]

3 Octobre 2014, 04:27am

Publié par vertuchou

Bûcheron.

Coupe-moi de mon ombre.
Libère-moi du supplice
de me voir sans oranges.

Pourquoi suis-je né parmi des miroirs?
Le jour m'inverse, me retourne.
Et la nuit me reproduit
dans toutes ses étoiles.

Je veux vivre sans me voir.
Et fourmis et aigrettes,
je rêverai que ce sont
mes feuilles et mes oiseaux.

Bûcheron.
Coupe-moi de mon ombre.
Libère-moi du supplice
de me voir sans oranges.

Federico Garcia Lorca,

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Concerto Grosso

2 Octobre 2014, 03:54am

Publié par vertuchou

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Vivant poème

1 Octobre 2014, 04:50am

Publié par vertuchou

va. ce monde, je te le donne.
va. jamais n'abandonne.
c'est vrai qu'il n'est pas à l'image
des rêves d'un enfant de ton âge,
je sais.
le monde a des accents.
souvent, il nous montre les dents
mais je l'aime comme je t'aime.
et je voudrais tant que tu l'aimes.
je voudrais tant.
tu en es le vivant poème.
pars. le monde est un espoir.
l'espoir, jamais ne l'abandonne.
oui, le monde est notre histoire
de matins clairs et de nuits noires,
je sais.
je sais que le monde a des armes.
que le monde parfois nous désarme
mais il t'aimera comme tu l'aimes.
il t'aimera.
la vie est un poème
que tu vas écrire toi-même.
pars. ce monde, va le voir.
jamais ne perds l'espoir.
va. dans ce monde, va te voir.
traverse les miroirs.
je sais,
je sais que le monde a des dents.
comme nous, le monde se défend
mais il t'aimera comme tu l'aimes.
et je voudrais tant que tu l'aimes.
la vie est un long je t'aime,
un long je t'aime.
pars. ce monde, va le voir.
traverse les miroirs
et jamais jamais n'abandonne.
va, pars.
la vie est un long je t'aime
que tu veux cueillir toi-même.
pars. et jamais jamais n'abandonnes, va.
va, traverse les miroirs
où se reflète ton regard.
tu es un vivant poème.
la vie est un long je t'aime
dont tu es le vivant poème,
le vivant poème,
le vivant poème,
mon vivant poème
 
Barbara

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La poésie est une métaphysique instantanée

30 Septembre 2014, 04:26am

Publié par vertuchou

La poésie est une métaphysique instantanée. En un court poème, elle doit donner une vision de l'univers et le secret d'une âme, un être et des objets, tout à la fois.


Gaston Bachelard

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J’ai fermé les yeux

29 Septembre 2014, 05:32am

Publié par vertuchou

J’ai fermé les yeux pour ne plus rien voir
J’ai fermé les yeux pour pleurer
De ne plus te voir.

Où sont tes mains et les mains des caresses
Où sont tes yeux les quatre volontés du jour
Toi tout à perdre tu n’es plus là
Pour éblouir la mémoire des nuits.

Tout à perdre je me vois vivre.

Paul Eluard

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Femme se baignant

28 Septembre 2014, 04:08am

Publié par vertuchou

Joan Miró, Femme se baignant, (1925) huile sur toile, 73 x 92 cm

Joan Miró, Femme se baignant, (1925) huile sur toile, 73 x 92 cm

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Je songe à ta bonté

27 Septembre 2014, 04:03am

Publié par vertuchou

Chaque heure, où je songe à ta bonté
Si simplement profonde,
Je me confonds en prières vers toi.

Je suis venu si tard
Vers la douceur de ton regard,
Et de si loin vers tes deux mains tendues,
Tranquillement, par à travers les étendues !

J'avais en moi tant de rouille tenace
Qui me rongeait à dents rapaces,
La confiance
J'étais si lourd, j'étais si las
J'étais si vieux de méfiance,
J'étais si lourd, j'étais si las
Du vain chemin de tous mes pas.

Je méritais si peu la merveilleuse joie
De voir tes pieds illuminer ma voie,
Que j'en reste tremblant encore et presque en pleurs
Et humble à tout jamais, en face du bonheur.

Émile Verhaeren.

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Apparais / Aparécete

26 Septembre 2014, 05:25am

Publié par vertuchou

Que les chats me guettent depuis la barde d’en face
que les paupières me pèsent de t’avoir rêvée tant
que le désespoir ne connaît pas des horaires
qu’ici on va comptant le temps en vides
que je te garde toujours l’espace à la lit
que mes sourires ont été bien volées
que la lune ne berce plus mon ombre
qu’en cette dimension le froid brûle
que je n’ai plus des contes
que mes baisers n’ont
que le goût de distance
que l’horloge dit
qu’il est tard
que tu me
manques


que hay gatos acechándome desde la barda de enfrente
que los párpados me pesan de haberte soñado tanto
que la desesperación no conoce de husos horarios
que acá los tiempos se van contando por vacíos
que aún te guardo aquel espacio bajo mi cama
que mis sonrisas se las llevó un ropavejero
que a mi sombra ya no la mece la luna
que en esta dimensión quema el frío
que me he quedado sin cuentos
que mi beso sabe a distancia
que el reloj cucú marca
que ya es tarde
que haces
falta.


Merari Lugo

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