Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Vertuchou.over-blog.com

Elle était belle

15 Novembre 2010, 05:24am

Publié par vertuchou

 Elle était belle, d’une beauté

qui n’empruntait rien aux détails,

particularité qui jouait un grand rôle dans l’impression qu’elle produisait.

Cette impression était durable,

mais impossible à analyser.

Elle avait de l’allure sans être grande,

de la grâce sans faire de gestes,

de la prestance sans la lourdeur.

Simple et svelte, souvent silencieuse,

on la remarquait cependant toujours avec un plaisir singulier

Henry James

Voir les commentaires

Mon rêve familier

14 Novembre 2010, 08:12am

Publié par vertuchou

 

Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D'une femme inconnue, et que j'aime, et qui m'aime
Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m'aime et me comprend.


Car elle me comprend, et mon cœur, transparent
Pour elle seule, hélas ! cesse d'être un problème
Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,
Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.

Est-elle brune, blonde ou rousse ? - Je l'ignore.
Son nom ? Je me souviens qu'il est doux et sonore
Comme ceux des aimés que la Vie exila.


ella07


Son regard est pareil au regard des statues,
Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a
L'inflexion des voix chères qui se sont tues.

 

Paul Verlaine

Voir les commentaires

Etranges fruits

13 Novembre 2010, 06:15am

Publié par vertuchou

Les arbres du Sud portent d'étranges fruits
du sang sur les branches

et il y a du sang sur les fruits
des cordes noires pendues dans un vent, sans bruit

des fruits humains qui se balancent dans les arbres simples

 

Les jardins du Sud si bien décorés

de bouches sanglantes

et d' yeux arrachés

le parfum des fleurs de magnolia
caché sous l'odeur des chairs calcinées


Voici les fruits murs pour les tangos

prêts pour la moisson

battus de pluie, brûlés de soleil

dont les arbres trop chargés rêvent

de se délester

 

Les arbres du Sud portent d'étranges fruits

strange fruit, strange fruit

 

Olivier Angèle

 

Strange fruit / Etrange fruit

 

 

 

Voir les commentaires

Love after Love / L'amour après l'amour

12 Novembre 2010, 05:21am

Publié par vertuchou

The time will come
when, with elation
you will greet yourself arriving
at your own door, in your own mirror
and each will smile at the other's welcome,

and say, sit here. Eat.
You will love again the stranger who was your self.
Give wine. Give bread. Give back your heart
to itself, to the stranger who has loved you

all your life, whom you ignored
for another, who knows you by heart.
Take down the love letters from the bookshelf,

the photographs, the desperate notes,
peel your own image from the mirror.
Sit. Feast on your life.

 

Derek Walcott

 

icono010

 

Le temps viendra
où, plein d'allégresse,
tu salueras ta propre venue
à ta propre porte, dans ton propre miroir,

et chacun sourira devant l'accueil de l'autre,
et dira : assieds-toi. Mange;
tu aimeras à nouveau l'étranger qu'était ton être.
Offre du vin. Offre du pain. Rends ton coeur
à ton coeur, à l'étranger qui t'a aimé

toute ta vie, que tu as ignoré,
pour un autre, qui te connaît par coeur.
Descends les lettres d'amour de l'étagère,

les photographies, les billets désespérés,
détache ta propre image du miroir.
Assieds-toi. Savoure ta vie.

Derek Walcott

Voir les commentaires

I have a rendezvous with Death / J'ai rendez-vous avec la Mort

11 Novembre 2010, 06:26am

Publié par vertuchou

I have a rendezvous with Death
At some disputed barricade,
When Spring comes back with rustling shade
And apple-blossoms fill the air
I have a rendezvous with Death
When Spring brings back blue days and fair.

J'ai un rendez-vous avec la Mort
Sur quelque barricade âprement disputée,
Quand le printemps revient avec son ombre frémissante
Et quand l'air est rempli des fleurs du pommier
J'ai un rendez-vous avec la Mort
Quand le printemps ramène les beaux jours bleus.

It may be he shall take my hand
And lead me into his dark land
And close my eyes and quench my breath
It may be I shall pass him still.
I have a rendezvous with Death
On some scarred slope of battered hill
When Spring comes round again this year
And the first meadow-flowers appear.

Il se peut qu'elle prenne ma main
Et me conduise dans son pays ténébreux
Et ferme mes yeux et éteigne mon souffle
Il se peut qu'elle passe encore sans m'atteindre.
J'ai un rendez-vous avec la Mort
Sur quelque pente d'une colline battue par les balles
Quand le printemps reparaît cette année
Et qu'apparaissent les premières fleurs des prairies.

 God knows 'twere better to be deep
Pillowed in silk and scented down,
Where Love throbs out in blissful sleep,
Pulse nigh to pulse, and breath to breath,
Where hushed awakenings are dear
But I've a rendezvous with Death
At midnight in some flaming town,
When Spring trips north again this year,
And I to my pledged word am true,
I shall not fail that rendezvous.

Dieu sait qu'il vaudrait mieux être au profond
Des oreillers de soie et de duvet parfumé,
Où l'Amour palpite dans le plus délicieux sommeil,
Pouls contre pouls et souffle contre souffle,
Où les réveils apaisés sont doux.
Mais j'ai un rendez-vous avec la Mort
A minuit, dans quelque ville en flammes,
Quand le printemps revient vers le nord cette année,
Et je suis fidèle à ma parole,
Je ne manquerai pas à ce rendez-vous-là.

    Alan Seeger       

 

 

 

 

 







 

 

Voir les commentaires

Objet de désir

10 Novembre 2010, 01:45am

Publié par vertuchou

Tombe la pluie sans cesse
le sable s'écoule
ton message effacé,
ta voix disparait à jamais

Que reste-t-il  ?
des émotions partagées
entre passé et présent
des fils de couleurs
composant un rêve chimérique

Jour après jour,
ton image s'estompe
la mémoire infidèle brouille les images
et dessine le départ
d'une silhouette incertaine

Pourtant
je te sais belle et désirable
ton regard intérieur est ta force
dans l'intelligence d'une renaissance
tu te places
engagée sur des routes nouvelles

Comme dit le poète
      The time will come
when, with elation
you will greet yourself arriving
at your own door, in your own mirror
and each will smile at the other's welcome.

 

 

Voir les commentaires

Je mourrai, tu vivras

9 Novembre 2010, 06:07am

Publié par vertuchou

Je n'aime pas dormir quand ta figure habite
La nuit, contre mon cou;
Car je pense à la mort, laquelle vint si vite
Nous endormir beaucoup.

Je mourrai, tu vivras et c'est ce qui m'éveille!
Est-il une autre peur?
Un jour, ne plus entendre auprès de mon oreille
Ton haleine et ton coeur.

Quoi, ce timide oiseau, replié par le songe
Déserterait son nid,
Son nid d'où notre corps à deux tetes s'allonge
Par quatre pieds fini.

Puisse durer toujours une si grande joie
Qui cesse le matin,
Et dont l'ange chargé de construire ma voie,
Allège mon destin.

Léger, je suis léger sous cette tête lourde
Qui semble de mon bloc,
Et reste en mon abri, muette, aveugle, sourde,
Malgré le chant du coq.

Cette tête coupée, allée en d'autres mondes,
Où règne une autre loi,
Plongeant dans le sommeil des racines profondes
Loin de moi, près de moi.

Ah! Je voudrais, gardant ton profil sur ma gorge,
Par ta bouche qui dort
Entendre de tes seins la délicate forge
Souffler jusqu'à ma mort.

Jean Cocteau

Voir les commentaires

Avec le temps

8 Novembre 2010, 05:53am

Publié par vertuchou

Avec le temps...
Avec le temps, va, tout s'en va
On oublie le visage et l'on oublie la voix
Le coeur, quand ça bat plus, c'est pas la peine d'aller
Chercher plus loin, faut laisser faire et c'est très bien

 

Avec le temps...
Avec le temps, va, tout s'en va

 

L'autre qu'on adorait, qu'on cherchait sous la pluie
L'autre qu'on devinait au détour d'un regard
Entre les mots, entre les lignes et sous le fard
D'un serment maquillé qui s'en va faire sa nuit
Avec le temps tout s'évanouit

 

Avec le temps...
Avec le temps, va, tout s'en va

Mêm' les plus chouett's souv'nirs ça t'as un' de ces gueules
A la Gal'rie j'farfouille dans les rayons d'la mort
Le samedi soir quand la tendresse s'en va tout seule

 

Avec le temps...
Avec le temps, va, tout s'en va

 

L'autre à qui l'on croyait pour un rhume, pour un rien
L'autre à qui l'on donnait du vent et des bijoux
Pour qui l'on eût vendu son âme pour quelques sous
Devant quoi l'on s'traînait comme traînent les chiens

Avec le temps, va, tout va bien

 

Avec le temps...
Avec le temps, va, tout s'en va
On oublie les passions et l'on oublie les voix
Qui vous disaient tout bas les mots des pauvres gens
Ne rentre pas trop tard, surtout ne prends pas froid

 

Avec le temps...
Avec le temps, va, tout s'en va

 

Et l'on se sent blanchi comme un cheval fourbu
Et l'on se sent glacé dans un lit de hasard
Et l'on se sent tout seul peut-être mais peinard
Et l'on se sent floué par les années perdues
Alors vraiment
Avec le temps on n'aime plus.

 

Léo Ferré

 

 

 

 


Voir les commentaires

Bleu II

7 Novembre 2010, 05:21am

Publié par vertuchou

 

Miro Bleu II 1961

 

 

Joan Miro, Bleu II, 1961, huile sur toile, 3,49 m x 2,68 m

Voir les commentaires

la poésie demande

6 Novembre 2010, 05:41am

Publié par vertuchou

La poésie demande un guetteur en vigie,

ouvert à l'espace étoilé et solitaire d'où montent les voix


Sylvie Fabre G

Voir les commentaires