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Dents du Midi

26 Septembre 2010, 05:34am

Publié par vertuchou

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Ferdinand Hodler, Dents du Midi, 1913, huile sur toile 60 x 80 cm

 

 

 

 

 

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Haute mer

25 Septembre 2010, 05:42am

Publié par vertuchou

La grève des bords de mots est un sable rêche

Roulé de vagues de silence

Les marées de l’absence aiguisent les arêtes pointues des cailloux salés

 Sur le bord des lèvres, là où s'éteignent les appels qu’on ne crie pas

Par décence

 
Un vieux pêcheur muet lance une ligne

 

Dans un bruit mat qui se noie aussitôt

Le muet parle à des sourds

Ils avalent les phrases sans en recracher un morceau

 

Et ça fait un désert si blanc que le pêcheur baisse sa casquette

Protège ses yeux

Et ramène sa ligne

 

 

Ca ne mord pas aujourd’hui

 

 Alice Fernandez

 

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L'enfance

24 Septembre 2010, 06:25am

Publié par vertuchou

L'enfance reste en nous. Le temps est une boucle.

L'enfant est au centre, on ne fait que tourner autour

 

Agnès Desarthe

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À la faveur de la nuit

23 Septembre 2010, 05:42am

Publié par vertuchou

Se glisser dans ton ombre

à la faveur de la nuit.

Suivre tes pas,

ton ombre à la fenêtre.

Cette ombre à la fenêtre c'est toi, ce n'est pas une autre, c'est toi.

N'ouvre pas cette fenêtre derrière les rideaux de laquelle tu bouges.

 

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Ferme les yeux.

Je voudrais les fermer avec mes lèvres.

Mais la fenêtre s'ouvre et le vent

le vent qui balance bizarrement  la flamme

et le drapeau

entoure ma fuite de son manteau.

La fenêtre s'ouvre   Ce n'est pas toi.

Je le savais bien.

 

 

Robert Desnos

  

 

Jamais d'autre que toi

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Sensation

22 Septembre 2010, 06:13am

Publié par vertuchou

Par les soirs bleus d'été, j'irai dans les sentiers,
Picoté par les blés, fouler l'herbe menue :
Rêveur, j'en sentirai la fraîcheur à mes pieds.
Je laisserai le vent baigner ma tête nue.

 

 

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Je ne parlerai pas, je ne penserai rien,
Mais l'amour infini me montera dans l'âme ;
Et j'irai loin, bien loin, comme un bohémien,
Par la Nature, heureux- comme avec une femme.

Arthur Rimbaud 

 

Départ

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Ne me quitte pas

21 Septembre 2010, 06:01am

Publié par vertuchou

Ne me quitte pas
Il faut oublier
Tout peut s'oublier
Qui s'enfuit déjà
Oublier le temps
Des malentendus
Et le temps perdu
A savoir comment
Oublier ces heures
Qui tuaient parfois
A coups de pourquoi
Le cœur du bonheur
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas

Moi je t'offrirai
Des perles de pluie
Venues de pays
Où il ne pleut pas
Je creuserai la terre
Jusqu'après ma mort
Pour couvrir ton corps
D'or et de lumière
Je ferai un domaine
Où l'amour sera roi
Où l'amour sera loi
Où tu seras reine
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas

Nicholas-Waton05
Ne me quitte pas
Je t'inventerai
Des mots insensés
Que tu comprendras
Je te parlerai
De ces amants-là
Qui ont vu deux fois
Leurs cœurs s'embraser
Je te raconterai
L'histoire de ce roi
Mort de n'avoir pas
Pu te rencontrer
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas

On a vu souvent
Rejaillir le feu
De l'ancien volcan
Qu'on croyait trop vieux
Il est paraît-il
Des terres brûlées
Donnant plus de blé
Qu'un meilleur avril
Et quand vient le soir
Pour qu'un ciel flamboie
Le rouge et le noir
Ne s'épousent-ils pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas

Ne me quitte pas
Je n'vais plus pleurer
Je n'vais plus parler
Je me cacherai là
A te regarder
Danser et sourire
Et à t'écouter
Chanter et puis rire
Laisse-moi devenir
L'ombre de ton ombre
L'ombre de ta main
L'ombre de ton chien
Mais
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas.

Jacques Brel

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La Promesse

20 Septembre 2010, 12:16pm

Publié par vertuchou

Nous ne sommes personne, un nom
pourtant nous est donné.

 

Contre lui, ange profond, inavoué
nous nous serrons.
Il y a une origine, infime
où nom et corps se rejoignent
déroulent leurs arcanes
extase, plainte ardente
que révèle le poème.

Ton nom touche ta blessure.


Sylvie Fabre G.

 

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Agrigente

19 Septembre 2010, 07:02am

Publié par vertuchou

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Nicolas de Staël, Agrigente, 1954, huile sur toile, 60 x 81 cm

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« Connaissez-vous Maître Eckart ? »

18 Septembre 2010, 06:41am

Publié par vertuchou

Connaissez-vous le grand Albert ?
Joachim ? Amaury de Bène ?
à Thöss, Margareta Ebner
de Christ enceinte en chair humaine ?

Connaissez-vous Henri Suso ?
Ruysbrock surnommé l’Admirable ?
et Joseph de Cupertino
qui volait comme un dirigeable ?

Et les sermons de Jean Tauler ?
et le jeune homme des Sept Nonnes
qu’on soigna comme une amazone
débarquant des Ciels-univers ?

Connaissez-vous Jacob Boehm
et la Signatura Rerum ?
et Paracelse l’archidoxe,
le précurseur des rayons X ?

On connaît bien peu ceux qu’on aime
mais je les comprends assez bien
étant tous ces gens-là moi-même
qui ne suis pourtant qu’un babouin


Max Jacob

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Ô Seigneur

17 Septembre 2010, 06:24am

Publié par vertuchou

Ô Seigneur
la cage est devenue oiseau
et s´est envolée
et mon coeur est devenu fou
il hurle à la mort
et sourit à mes délires
à l´insu du vent...

Que ferai-je de ma peur?
Que ferai-je de ma peur?

La lumière de mon sourire ne danse plus
les saisons ne brûlent plus les colombes de mes songes.
Mes mains se sont dénudées
et sont allées là où la mort
enseigne à vivre aux morts.

 

INSPIRACION Pilar Escota longas


Ô Seigneur
l´espace condamne mon être.
Et derrière lui des monstres
boivent mon sang

C´est le désastre.
C´est l´heure du vide sans vide,
il est temps de verrouiller mes lèvres,
d´écouter crier les condamnés,
contempler chacun de mes noms
suspendus dans le néant.

Ô Seigneur
jette les cercueils de mon sang...

Je me souviens de mon enfance,
lorsque j´étais vieille
et que les fleurs mouraient entre mes mains
car la danse sauvage de mon allégresse
leur détruisait le coeur.

Je me souviens des sombres matins de soleil
quand j´étais petite fille,
c´était hier,
c´était il y a des siècles.

Ô Seigneur
la cage est devenue oiseau
et a dévoré mes espérances.

Ô Seigneur
la cage est devenue oiseau
et que ferai-je de ma peur?

Alejandra Pizarnik


traduction :  Noëlle-Yábar Valdez

 

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