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Tout était sans beauté, sans règlement, sans flamme ;
Tout était sans façons, sans mouvement, sans âme.
Le feu n'était point feu, la mer n'était point mer ;
La terre n'était terre, et l'air n'était point air ;
Ou si déjà se pouvait trouver en un tel monde,
Le corps de l'air, du feu, de la terre et de l'onde,
L'air était sans clarté, la flamme sans ardeur,
Sans fermeté la terre, et l'onde sans froideur.
Bref, forge en ton esprit une terre qui, vaine,
Soit sans herbe, sans bois, sans mont, sans val, sans plaine
Un ciel non azuré, non clair, non transparent,
Non marqueté de feu, non voûté, non errant,
Et lors tu concevras quelle était cette terre,
Et quel le ciel encore où régnait tant de guerre,
Terre et ciel, que je puis chanter d'un style bas,
Non point tels qu'ils étaient, mais tels qu'ils n'étaient pas
Du Bartas
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