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Blackbird

3 Novembre 2021, 01:46am

Publié par vertuchou

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Solo sub nocte

2 Novembre 2021, 01:47am

Publié par vertuchou

Cette nuit, comme toutes les nuits,
Je terrorise mon envie
De n'avoir pour scène
Que ton lit,
Et d'y être, sans bruit,
La part obscène de ta vie,
Le vieil enfant, l'aveugle archer, le gardien nu
Des fleurs noires de ton jardin.

Philippe Léotard

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La poésie.

1 Novembre 2021, 01:58am

Publié par vertuchou

La poésie.
Elle a — comme la vie — l'excuse de ne rien prouver.

Emil Cioran

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Il faut continuer à porter en soi

31 Octobre 2021, 02:42am

Publié par vertuchou

Il faut continuer à porter en soi un grand silence dans lequel on peut constamment se retirer, même au cœur du plus grand chaos et de la plus intense conversation.

 Etty Hillesum

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Kaléidoscope

30 Octobre 2021, 02:11am

Publié par vertuchou

(A Germain Nouveau)

Dans une rue, au coeur d'une ville de rêve
Ce sera comme quand on a déjà vécu :
Un instant à la fois très vague et très aigu...
Ô ce soleil parmi la brume qui se lève !

Ô ce cri sur la mer, cette voix dans les bois !
Ce sera comme quand on ignore des causes ;
Un lent réveil après bien des métempsycoses :
Les choses seront plus les mêmes qu'autrefois

Dans cette rue, au coeur de la ville magique
Où des orgues moudront des gigues dans les soirs,
Où les cafés auront des chats sur les dressoirs
Et que traverseront des bandes de musique.

Ce sera si fatal qu'on en croira mourir :
Des larmes ruisselant douces le long des joues,
Des rires sanglotés dans le fracas des roues,
Des invocations à la mort de venir,

Des mots anciens comme un bouquet de fleurs fanées !
Les bruits aigres des bals publics arriveront,
Et des veuves avec du cuivre après leur front,
Paysannes, fendront la foule des traînées

Qui flânent là, causant avec d'affreux moutards
Et des vieux sans sourcils que la dartre enfarine,
Cependant qu'à deux pas, dans des senteurs d'urine,
Quelque fête publique enverra des pétards.

Ce sera comme quand on rêve et qu'on s'éveille,
Et que l'on se rendort et que l'on rêve encor
De la même féerie et du même décor,
L'été, dans l'herbe, au bruit moiré d'un vol d'abeille.

Paul Verlaine

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Ses lèvres touchèrent son cerveau

29 Octobre 2021, 01:11am

Publié par vertuchou

Ses lèvres touchèrent son cerveau alors qu'elles touchaient ses lèvres, comme si elles étaient le véhicule d'un discours vague et entre elles il ressentait une pression inconnue et timide, plus sombre que l'évanouissement du péché, plus doux que le son ou l'odeur.

James Joyce, Un portrait de l'artiste en tant que jeune homme

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La vie après l'amour

28 Octobre 2021, 01:43am

Publié par vertuchou

Il se trouve à côté de mon lit, ce livre qu'elle aimait le plus,
comme si elle était à la maison pour le lire.
Je garde nos verres préférés sur le comptoir ;
une nuit je bois dans l'un, la nuit suivante dans l'autre.
Alors que je mange sans passion  mon repas quelconque, mes yeux se posent
sur la chaise dans laquelle elle avait l'habitude de se pelotonner.
Je me tourne brusquement vers ma gauche en espérant l'attraper là à côté de moi,
yeux brillants et sourire vivant, et proche, amoureuse.
Chaque fois que nous nous séparions, avant même les ténèbres qui l'emportaient,
Il y avait des larmes dans ses yeux,
alors même qu'elle m'embrassait, même lorsqu'elle souriait,
comme si elle savait quelque chose
qu'elle ne pouvait pas partager.
C'est toujours ma chambre et c'est toujours moi. Nous gérons.

Michael Boiano

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Nus

27 Octobre 2021, 01:48am

Publié par vertuchou

Suzanne Valadon, Nus, 1919, huile sur toile, 32 x 45,5 cm,

Suzanne Valadon, Nus, 1919, huile sur toile, 32 x 45,5 cm,

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La femme aux roses

26 Octobre 2021, 01:11am

Publié par vertuchou

Nue, et ses beaux cheveux laissant en vagues blondes
Courir à ses talons des nappes vagabondes,
Elle dormait, sereine. Aux plis du matelas
Un sommeil embaumé fermait ses grands yeux las,
Et ses bras vigoureux, pliés comme des ailes,
Reposaient mollement sur des flots de dentelles.

Or, la capricieuse avait, d'un doigt coquet,
Sur elle et sur le lit parsemé son bouquet,
Et, — fond éblouissant pour ces splendeurs écloses ! —
Son corps souple et superbe était jonché de roses.

Et ses lèvres de flamme, et les fleurs de son sein,
Sur ces coteaux neigeux qu'elle montre à dessein,
Semblaient, aux yeux séduits par de douces chimères,
Les boutons rougissants de ces fleurs éphémères.


Théodore de Banville.

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Écrire un poème

25 Octobre 2021, 01:25am

Publié par vertuchou

Écrire un poème, c’est mettre sa nuit sur la table.
 
Carl Norac

 

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