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Vertuchou.over-blog.com

Ma sirène

24 Octobre 2021, 01:34am

Publié par vertuchou

Ma sirène est bleue comme les veines où elle nage
Pour l'instant elle dort sur la nacre
Et sur l'océan que je crée pour elle
Elle peut visiter les grottes magiques des îles saugrenues
Là des oiseaux très bêtes
conversent avec des crocodiles qui n'en finissent plus
Et les oiseaux très bêtes volent au-dessus de la sirène bleue
Les crocodiles retournent à leur boire
Et l'île n'en revient pas
ne revient pas d'où elle se trouve
où ma sirène et moi nous l'avons oubliée

Ma sirène a des étoiles très belles dans son ciel
Des étoiles blondes aux yeux noirs
Des étoiles rousses aux dents étincelantes
et des étoiles brunes aux beaux seins
Chaque nuit trois par trois
alternant la couleur de leurs cheveux
Ces étoiles visitent ma sirène
Cela fait beaucoup d'allées et venues dans le ciel
Mais le ciel de ma sirène n'est pas un ciel ordinaire...

Robert  Desnos

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Bacchanale

23 Octobre 2021, 01:38am

Publié par vertuchou

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Chevauchée nocturne

22 Octobre 2021, 01:41am

Publié par vertuchou

Au sommet de la montagne je lève la main,
j’emplis d’étoiles ma musette.
Je suis au centre de la nuit silencieuse,
seule la lumière de mon vélo garde un reste de chaleur.
Qu’elle est faible, cette chaleur,
et vaste le froid qui traverse
les longues herbes mortes de l’an passé !
Toujours le ronron de ma dynamo sur la roue
fait vraiment hivernal.
Bien des longues nuits il m’a suivi
jusqu’en haut d’une longue côte, le clair de lune blanc
se déversant sur nous, blanc comme l’écume de la mer.
Ah ! cette mer, dont l’énorme rugissement
sort de l’énorme nuit
et qui se cabre sur les rochers noirs en contrebas.
Qu’elle est petite, la lumière de mon vélo,
et minuscule mon âme !
 
Tatamkhulu Afrika

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L'amour est un principe mystérieux

21 Octobre 2021, 01:06am

Publié par vertuchou

L'amour est un principe mystérieux, le désamour plus encore,

on arrive à savoir pourquoi on aime, jamais vraiment pourquoi on n'aime plus.

Hélène Grémillon

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Les naufragés de l'alzheimer

20 Octobre 2021, 01:13am

Publié par vertuchou

J'aime ces gens étranges
Aux trous dans la mémoire
Des trous remplis de plaies
Présentes ou bien passées
Vérités toutes crues
Remontant en marée
Quand les masques ont fondu
Que la farce est jouée

L'inconscient se lézarde
La raison capitule
Des blessures tenaces
Font surface et bousculent
L'hier est aujourd'hui
Le présent n'est qu'instant
De vieilles photos parlent
Révélateurs puissants

J'aime ces gens étranges
Leur raison déraisonne
Ils sont les dissidents
Des logiques des hommes
Leur cœur ne souffre pas
L'événement leur échappe
Ils captent les émois
L'essentiel sans flafla

J'aime ces gens étranges
Qui repèrent la fausseté
Des gestes et des paroles
Réclament l'amour vrai
Fonctionnent à la tendresse
Négligent tout le reste
Ils sont vérité nue
Ils aiment ou ils détestent

J'aime ces gens étranges
À la mémoire trouée
Qui changent des bribes
De leurs vies effacées
Voyageurs sans papier
Sans qualifications
Ils sont ce que nous sommes
Et nous leur ressemblons

J'aime ces gens étranges
Qui me montrent du doigt
Les immenses trous noirs
Que j'ai au fond de moi
Ils sont le grand miroir
De mes désirs enfouis
De ma débridence tue
Et de ma fantaisie

J'aime ces gens étranges
Qui ont le mal d'enfance
Comme le mal d'un pays
Qu'ils chercheraient en silence
Derrière l'apparence
De leur mémoire perdue
Leur peau parle une langue
Que nous n'entendons plus

J'aime ces gens étranges
Aux trous dans la mémoire
Des trous remplis de plaies
Présentes ou bien passées
Vérités toutes crues
Remontant en marée
Quand les masques ont fondu
Que la farce est jouée.

Julos Beaucarne

https://www.youtube.com/watch?v=uf4JUKqcXZg

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Gigue

19 Octobre 2021, 01:04am

Publié par vertuchou

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Un poète est un rossignol

17 Octobre 2021, 01:22am

Publié par vertuchou

Un poète est un rossignol qui, assis dans l'obscurité,

chante pour égayer de doux sons sa propre solitude.

Percy Bysshe Shelley

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Complainte d'un lézard amoureux

16 Octobre 2021, 01:06am

Publié par vertuchou

N' égraine pas le tournesol,

Tes cyprès auraient de la peine,

Chardonneret reprend ton vol

Et revient  à ton nid de laine.

 

Tu n'es pas un caillou du ciel

Pour que le vent te tienne quitte

Oiseau rural, l'arc-en -ciel

 S'unifie dans la marguerite.

 

L'homme fusille, cache-toi;

Le tournesol est son complice.

Seules les herbes sont pour toi,

Les herbes des champs qui se plissent.

 

Le serpent ne te connais pas ,

Et la sauterelle est bougonne;

La taupe, elle, n'y voit pas;

Le papillon ne hait personne.

 

Il est midi, chardonneret.

 

Le séneçon est là qui brille.

Attarde-toi, va, sans danger:

L'homme est rentré dans sa famille!

 

L'écho de ce pays est sûr.

J'observe, je suis bon prophète;

Je vois tout de mon petit mur,

Même tituber la chouette.

 

Qui, mieux qu'un lézard amoureux,

Peut dire les secrets terrestres?

Ô léger gentil roi des cieux

Que n'as-tu ton nid dans ma pierre!

                            Orgon, août 1947

                René Char

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Portrait of a Young Woman

15 Octobre 2021, 01:15am

Publié par vertuchou

Wayne Albee, Portrait of a Young Woman, 34.29 x 26.83 cm, 1935.  Tirage gélatino-argentique

Wayne Albee, Portrait of a Young Woman, 34.29 x 26.83 cm, 1935. Tirage gélatino-argentique

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Autre eventail de Mademoiselle Mallarmé

14 Octobre 2021, 01:47am

Publié par vertuchou

Ô rêveuse, pour que je plonge
Au pur délice sans chemin,
Sache, par un subtil mensonge,
Garder mon aile dans ta main.

Une fraîcheur de crépuscule
Te vient à chaque battement
Dont le coup prisonnier recule
L'horizon délicatement.

Vertige ! voici que frissonne
L'espace comme un grand baiser
Qui, fou de naître pour personne,
Ne peut jaillir ni s'apaiser.

Sens-tu le paradis farouche
Ainsi qu'un rire enseveli
Se couler du coin de ta bouche
Au fond de l'unanime pli !

Le sceptre des rivages roses
Stagnants sur les soirs d'or, ce l'est,
Ce blanc vol fermé que tu poses
Contre le feu d'un bracelet.

Stéphane Mallarmé

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