Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Vertuchou.over-blog.com

Ses lèvres touchèrent son cerveau

29 Octobre 2021, 01:11am

Publié par vertuchou

Ses lèvres touchèrent son cerveau alors qu'elles touchaient ses lèvres, comme si elles étaient le véhicule d'un discours vague et entre elles il ressentait une pression inconnue et timide, plus sombre que l'évanouissement du péché, plus doux que le son ou l'odeur.

James Joyce, Un portrait de l'artiste en tant que jeune homme

Voir les commentaires

La vie après l'amour

28 Octobre 2021, 01:43am

Publié par vertuchou

Il se trouve à côté de mon lit, ce livre qu'elle aimait le plus,
comme si elle était à la maison pour le lire.
Je garde nos verres préférés sur le comptoir ;
une nuit je bois dans l'un, la nuit suivante dans l'autre.
Alors que je mange sans passion  mon repas quelconque, mes yeux se posent
sur la chaise dans laquelle elle avait l'habitude de se pelotonner.
Je me tourne brusquement vers ma gauche en espérant l'attraper là à côté de moi,
yeux brillants et sourire vivant, et proche, amoureuse.
Chaque fois que nous nous séparions, avant même les ténèbres qui l'emportaient,
Il y avait des larmes dans ses yeux,
alors même qu'elle m'embrassait, même lorsqu'elle souriait,
comme si elle savait quelque chose
qu'elle ne pouvait pas partager.
C'est toujours ma chambre et c'est toujours moi. Nous gérons.

Michael Boiano

Voir les commentaires

Nus

27 Octobre 2021, 01:48am

Publié par vertuchou

Suzanne Valadon, Nus, 1919, huile sur toile, 32 x 45,5 cm,

Suzanne Valadon, Nus, 1919, huile sur toile, 32 x 45,5 cm,

Voir les commentaires

La femme aux roses

26 Octobre 2021, 01:11am

Publié par vertuchou

Nue, et ses beaux cheveux laissant en vagues blondes
Courir à ses talons des nappes vagabondes,
Elle dormait, sereine. Aux plis du matelas
Un sommeil embaumé fermait ses grands yeux las,
Et ses bras vigoureux, pliés comme des ailes,
Reposaient mollement sur des flots de dentelles.

Or, la capricieuse avait, d'un doigt coquet,
Sur elle et sur le lit parsemé son bouquet,
Et, — fond éblouissant pour ces splendeurs écloses ! —
Son corps souple et superbe était jonché de roses.

Et ses lèvres de flamme, et les fleurs de son sein,
Sur ces coteaux neigeux qu'elle montre à dessein,
Semblaient, aux yeux séduits par de douces chimères,
Les boutons rougissants de ces fleurs éphémères.


Théodore de Banville.

Voir les commentaires

Écrire un poème

25 Octobre 2021, 01:25am

Publié par vertuchou

Écrire un poème, c’est mettre sa nuit sur la table.
 
Carl Norac

 

Voir les commentaires

Ma sirène

24 Octobre 2021, 01:34am

Publié par vertuchou

Ma sirène est bleue comme les veines où elle nage
Pour l'instant elle dort sur la nacre
Et sur l'océan que je crée pour elle
Elle peut visiter les grottes magiques des îles saugrenues
Là des oiseaux très bêtes
conversent avec des crocodiles qui n'en finissent plus
Et les oiseaux très bêtes volent au-dessus de la sirène bleue
Les crocodiles retournent à leur boire
Et l'île n'en revient pas
ne revient pas d'où elle se trouve
où ma sirène et moi nous l'avons oubliée

Ma sirène a des étoiles très belles dans son ciel
Des étoiles blondes aux yeux noirs
Des étoiles rousses aux dents étincelantes
et des étoiles brunes aux beaux seins
Chaque nuit trois par trois
alternant la couleur de leurs cheveux
Ces étoiles visitent ma sirène
Cela fait beaucoup d'allées et venues dans le ciel
Mais le ciel de ma sirène n'est pas un ciel ordinaire...

Robert  Desnos

Voir les commentaires

Bacchanale

23 Octobre 2021, 01:38am

Publié par vertuchou

Voir les commentaires

Chevauchée nocturne

22 Octobre 2021, 01:41am

Publié par vertuchou

Au sommet de la montagne je lève la main,
j’emplis d’étoiles ma musette.
Je suis au centre de la nuit silencieuse,
seule la lumière de mon vélo garde un reste de chaleur.
Qu’elle est faible, cette chaleur,
et vaste le froid qui traverse
les longues herbes mortes de l’an passé !
Toujours le ronron de ma dynamo sur la roue
fait vraiment hivernal.
Bien des longues nuits il m’a suivi
jusqu’en haut d’une longue côte, le clair de lune blanc
se déversant sur nous, blanc comme l’écume de la mer.
Ah ! cette mer, dont l’énorme rugissement
sort de l’énorme nuit
et qui se cabre sur les rochers noirs en contrebas.
Qu’elle est petite, la lumière de mon vélo,
et minuscule mon âme !
 
Tatamkhulu Afrika

Voir les commentaires

L'amour est un principe mystérieux

21 Octobre 2021, 01:06am

Publié par vertuchou

L'amour est un principe mystérieux, le désamour plus encore,

on arrive à savoir pourquoi on aime, jamais vraiment pourquoi on n'aime plus.

Hélène Grémillon

Voir les commentaires

Les naufragés de l'alzheimer

20 Octobre 2021, 01:13am

Publié par vertuchou

J'aime ces gens étranges
Aux trous dans la mémoire
Des trous remplis de plaies
Présentes ou bien passées
Vérités toutes crues
Remontant en marée
Quand les masques ont fondu
Que la farce est jouée

L'inconscient se lézarde
La raison capitule
Des blessures tenaces
Font surface et bousculent
L'hier est aujourd'hui
Le présent n'est qu'instant
De vieilles photos parlent
Révélateurs puissants

J'aime ces gens étranges
Leur raison déraisonne
Ils sont les dissidents
Des logiques des hommes
Leur cœur ne souffre pas
L'événement leur échappe
Ils captent les émois
L'essentiel sans flafla

J'aime ces gens étranges
Qui repèrent la fausseté
Des gestes et des paroles
Réclament l'amour vrai
Fonctionnent à la tendresse
Négligent tout le reste
Ils sont vérité nue
Ils aiment ou ils détestent

J'aime ces gens étranges
À la mémoire trouée
Qui changent des bribes
De leurs vies effacées
Voyageurs sans papier
Sans qualifications
Ils sont ce que nous sommes
Et nous leur ressemblons

J'aime ces gens étranges
Qui me montrent du doigt
Les immenses trous noirs
Que j'ai au fond de moi
Ils sont le grand miroir
De mes désirs enfouis
De ma débridence tue
Et de ma fantaisie

J'aime ces gens étranges
Qui ont le mal d'enfance
Comme le mal d'un pays
Qu'ils chercheraient en silence
Derrière l'apparence
De leur mémoire perdue
Leur peau parle une langue
Que nous n'entendons plus

J'aime ces gens étranges
Aux trous dans la mémoire
Des trous remplis de plaies
Présentes ou bien passées
Vérités toutes crues
Remontant en marée
Quand les masques ont fondu
Que la farce est jouée.

Julos Beaucarne

https://www.youtube.com/watch?v=uf4JUKqcXZg

Voir les commentaires