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À celle que j'aime

13 Novembre 2021, 01:45am

Publié par vertuchou

Dans ta mémoire immortelle
Comme dans le reposoir
D'une divine chapelle
Pour celui qui t'est fidèle,
Garde l'amour et l'espoir

Garde l'amour qui m'enivre,
L'amour qui nous fait rêver
Garde l'espoir qui fait vivre
Garde la foi qui délivre
La foi qui nous doit sauver

L'espoir, c'est de la lumière,
L'amour, c'est une liqueur,
Et la foi, c'est la prière
Mets ces trésors, ma très chère
Au plus profond de ton coeur.

Nerée Beauchemin

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Vous êtes entrée chez moi

12 Novembre 2021, 01:48am

Publié par vertuchou

Vous êtes entrée chez moi, brutalement, comme une voleuse. Vous n’y avez laissé qu’un grand amour, un vide, une douleur. Je n’en ai pas été surpris, tout m’y préparait. J’ai souffert de crises morales trop violentes, trop fortes, depuis quelques années, surtout deux ans, qu’il fallait logiquement que cela vînt à finir, d’une façon ou d’une autre. L’autre, j’en ai peur, aurait été terrible. Il me fallait la Vie, ou la Fin. La Vie, Simone, c’est Vous. Vous l’êtes dans toute sa fraîcheur, sa pureté, et un peu, dans son désenchantement, parce que vous possédez, à un degré très rare, la conscience imminente des choses qui passent. Et cela me fait vous aimer d’autant plus, puisque cela me rapproche de vous. Vous avez la perception douloureuse de la vie, avant même d’avoir vécu.

Alain Grandbois,  Lettre à Simone Routier, 10 août 1920.

 

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Qui sommes-nous au juste ?

11 Novembre 2021, 01:35am

Publié par vertuchou

...Qui sommes-nous au juste ? Ce que nous avons été ou bien ce que nous aurions aimé être ?
Le tort que nous avons causé ou bien celui que nous avons subi ? Les rendez-vous que nous avons ratés ou les rencontres fortuites qui ont dévié le cours de notre destin ?
Les coulisses qui nous ont préservés de la vanité ou bien les feux de la rampe qui nous ont servi de bûchers ?
Nous sommes tout cela en même temps, toute la vie qui a été la nôtre, avec ses hauts et ses bas, ses prouesses et ses vicissitudes ; nous sommes aussi l'ensemble des fantômes qui nous hantent... nous sommes plusieurs personnages en un, si convaincants dans les différents rôles que nous avons assumés qu'il nous est impossible de savoir lequel nous avons été vraiment, lequel nous sommes devenus, lequel nous survivra...

Yasmina Khadra

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Ne suis que l'une...

10 Novembre 2021, 01:51am

Publié par vertuchou

Ne suis que l'une
de ces choses,
de ces infimes,
issue
d'exubérance.

Serre-moi en tes mains,
qu'elles surgissent
exultant
jusqu'au succès.

Hannah Arendt

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Ne jamais s éloigner de la poésie

9 Novembre 2021, 01:26am

Publié par vertuchou

“Ne jamais s éloigner de la poésie... Elle est cette folie d'âme qui fait rêver les êtres.

Elle demeure ce voyage infini de beauté.

Jean Pierre Siméon

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Moesta et Errabunda

8 Novembre 2021, 01:10am

Publié par vertuchou

Dis-moi, ton cœur parfois s'envole-t-il, Agathe,
Loin du noir océan de l'immonde cité,
Vers un autre océan où la splendeur éclate,
Bleu, clair, profond, ainsi que la virginité ?
Dis-moi, ton cœur parfois s'envole-t-il, Agathe ?

La mer, la vaste mer, console nos labeurs !
Quel démon a doté la mer, rauque chanteuse
Qu'accompagne l'immense orgue des vents grondeurs,
De cette fonction sublime de berceuse ?
La mer, la vaste mer, console nos labeurs !

Emporte-moi, wagon ! enlève-moi, frégate !
Loin ! loin ! ici la boue est faite de nos pleurs !
- Est-il vrai que parfois le triste cœur d'Agathe
Dise : Loin des remords, des crimes, des douleurs,
Emporte-moi, wagon, enlève-moi, frégate ?

Comme vous êtes loin, paradis parfumé,
Où sous un clair azur tout n'est qu'amour et joie,
Où tout ce que l'on aime est digne d'être aimé,
Où dans la volupté pure le cœur se noie !
Comme vous êtes loin, paradis parfumé !

Mais le vert paradis des amours enfantines,
Les courses, les chansons, les baisers, les bouquets,
Les violons vibrant derrière les collines,
Avec les brocs de vin, le soir, dans les bosquets,
- Mais le vert paradis des amours enfantines,

L'innocent paradis, plein de plaisirs furtifs,
Est-il déjà plus loin que l'Inde et que la Chine ?
Peut-on le rappeler avec des cris plaintifs,
Et l'animer encor d'une voix argentine,
L'innocent paradis plein de plaisirs furtifs ?

Charles Baudelaire

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La grande odalisque

7 Novembre 2021, 01:25am

Publié par vertuchou

Martial Raysse, La grande odalisque 1964.

Martial Raysse, La grande odalisque 1964.

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Nuit

6 Novembre 2021, 01:47am

Publié par vertuchou

Même la nuit la plus légère
a ses enroulements qui feulent
ses vacillements incertains
la soierie du gibet

Et pourtant
dans l'irradiance de l'obscur
on ouvre l'embrasure
enrobé
dans l'écartée des eaux
où l'on frissonne
à peine

S'ouvrant le corps
aux portes tutélaires
sous la fraisure même
du venin.

Marie Bataille

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Adieu, charmante cousine

5 Novembre 2021, 01:26am

Publié par vertuchou

Adieu, charmante cousine. Adieu, beauté incomparable ! Adieu, pure et céleste âme. Adieu, tendre et inséparable amie, femme unique sur la terre. Vous êtes le seul objet digne de mon cœur. Daignez vous rappeler quelquefois la mémoire d’un infortuné qui n’existait que pour partager avec vous les sentiments de son âme, et qui cessa de vivre au moment où il s’éloigna de vous. Si jamais…
 
Jean-Jacques Rousseau.

 

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Sur la mort de Marie

4 Novembre 2021, 09:07am

Publié par vertuchou

Comme on voit sur la branche au mois de May la rose
En sa belle jeunesse, en sa première fleur
Rendre le ciel jaloux de sa vive couleur,
Quand l'Aube de ses pleurs au poinct du jour l'arrose :

La grâce dans sa fueille, et l'amour se repose,
Embasmant les jardins et les arbres d'odeur :
Mais batue ou de pluye, ou d'excessive ardeur,
Languissante elle meurt fueille à fueille déclose :

Ainsi en ta première et jeune nouveauté,
Quand la terre et le ciel honoroient ta beauté,
La Parque t'a tuée, et cendre tu reposes.

Pour obseques reçoy mes larmes et mes pleurs,
Ce vase plein de laict, ce panier plein de fleurs,
Afin que vif, et mort, ton corps ne soit que roses.


Pierre de Ronsard

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