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Coups de cœur
La mince couche de glace
La mince couche de glace
Était une barrière
Pour endiguer mes larmes.
Uejima Onitsura
La poésie est la preuve
La poésie est la preuve de la vie.
Si ta vie brûle, la poésie est en cendres.
Léonard Cohen
Balançoire / Swing
Balance-moi, balance-moi, balance-moi,
Je ne veux pas que mes pieds touchent le sol.
Balance-moi une heure, balance-moi encore plus
balancez-moi jusqu'à quatre heures et quart.
Balance-moi jusqu'à l'été, balance-moi jusqu'à l'automne,
Je promets que je ne me lasserai jamais du tout.
...
Swing me, swing me, swing me round,
I don’t want my feet to touch the ground.
Swing me an hour, swing me some more,
swing me until a quarter past four.
Swing me till summer, swing me through fall,
I promise I’ll never get tired at all.
Eve Merriam
Cyanotype
Elle passe des heures émues
Elle passe des heures émues
appuyée à sa fenêtre,
tout au bord de son être,
distraite et tendue.
Comme les lévriers en
se couchant leurs pattes disposent,
son instinct de rêve surprend
et règle ces belles choses
que sont ses mains bien placées.
C'est par là que le reste s'enrôle.
Ni les bras, ni les seins, ni l'épaule,
ni elle-même ne disent : assez !
Rainer Maria Rilke
La poésie est la description
La poésie est la description d’une chose particulière – un plat de fer blanc, le morceau de pain dessus, le vin que je bois, de l’eau claire dans un bol qui brille, un petit caillou dans la paume de ma main, l’arbre trapu sans feuilles que je vois de la fenêtre de ma cuisine, la lune dans un clair ciel d’hiver.
Simon Critchley
Avec toi
Je tiens la rue comme un verre
Plein de lumière enchantée
Plein de paroles légères
Et de rires sans raison
Le plus beau fruit de la terre
Les promeneurs sont de paille
Les oiseaux d’absence bleue
Une fille étroite et pâle
Toujours aussi soucieuse
Ne manque pas d’apparaître
Petite fille ancienne
Elle justifie mes rêves
Elle cède à mes désirs
Et veille reflet d’enfance
Sur le flot d’or de la rue
Paul Eluard
On s'connaît depuis longtemps
Tu mourras en mer
Tu mourras en mer.
Ta tête bercée par le rugissement des vagues,
Ton corps se balançant dans l'eau,
comme un bateau perforé.
Dans la fleur de l'âge tu iras,
timide de ton trentième anniversaire.
Partir tôt n'est pas une mauvaise idée;
mais ce sera le cas si tu meurs seul,
sans qu'aucune femme ne t'appelle en son étreinte:
« Laisse-moi te serrer contre ma poitrine,
J'ai beaucoup de place.
Laisse-moi laver la saleté de la misère de ton âme »
Abdel Wahab Yousif
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