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Ode à la pauvreté

18 Août 2020, 01:51am

Publié par vertuchou

Quand je suis né,
pauvreté,
tu m’as suivi,
tu me regardais
à travers
les tables pourries
dans l’hiver profond.
Aussitôt
c’étaient tes yeux
qui regardaient par les trous.
Les fuites d’eau
pendant la nuit, répétaient
ton nom et ton prénom
ou parfois
le talon cassé, le robe déchirée,
les chaussures éventrées,
Me mettaient en garde.
Tu étais là
à me guetter
tes dents de ver à bois,
tes yeux de marais,
ta langue grise
qui lacère
les vêtements, le bois,
les os et le sang,
tu étais là
à ma recherche,
à me suivre,
depuis ma naissance
À travers les rues.

Quand j’ai loué une chambre
petite, dans les faubourgs,
assise sur une chaise
tu m’attendais,
ou en tirant les draps
dans un hôtel obscur,
adolescent,
je n’ai pas rencontré le parfum
de la rose dénudée,
mais le sifflement froid
de ta bouche.
Pauvreté,
tu m’as suivi
dans les casernes et les hôpitaux,
dans la paix comme dans la guerre.
Quand je suis tombé malade on a frappé
à la porte :
ce n’était pas le médecin qui entrait,
encore une fois c’était la pauvreté.
Je t’ai vue jeter mes meubles
dans la rue :
les hommes
les laissaient tomber comme une volée de pierres.
Toi, avec un amour horrible,
d’un tas d’abandon
au milieu de la rue et de la pluie
tu faisais
un trône édenté
et en regardant les pauvres,
tu ramassais
mon dernier plat et en faisais un diadème.


Maintenant,
pauvreté,
je te poursuis.
De même que tu fus implacable,
Je suis implacable.
Aux côtés
de chaque pauvre
tu me trouveras en train de chanter,
sous
chaque drap
d’hôpital impossible
tu trouveras mon chant.
Je te suis,
pauvreté,
je te surveille,
je t’approche,
je te tire dessus,
je t’isole,
je te taille les griffes,
je brise
les dents qu’il te reste.
Je suis
partout :
dans l’océan avec les pêcheurs,
dans la mine
les hommes
en s’essuyant le front,
en épongeant la sueur noire,
trouvent mes poèmes.
Je sors chaque jour
avec l’ouvrière textile.
J’ai les mains blanches
à force de distribuer du pain dans les boulangeries.

Là où tu vas,
pauvreté,
mon chant
y chante,
ma vie
y vit,
mon sang
y lutte.
Je jetterai bas
tes pâles bannières
là où elles se dressent.
D’autres poètes
jadis t’ont appelé
sainte,
ils ont adoré ta cape,
se sont nourris de fumée
et ils ont disparu.
Moi, je te défie,
avec de durs vers je te frappe au visage,
je t’embarque et je te déterre.
Moi, avec d’autres,
avec d’autres, bien d’autres,
nous allons te chasser
de la terre vers la lune
pour que tu y demeures
froide et emprisonnée
regardant d’un œil
le pain et les grappes
que couvrira la terre
de demain.

Pablo Neruda

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À la fenêtre

17 Août 2020, 01:00am

Publié par vertuchou

Hans Kammerer, À la fenêtre, 1922

Hans Kammerer, À la fenêtre, 1922

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Ni vous sans moi

16 Août 2020, 01:25am

Publié par vertuchou

D'eux deux il en fut ainsi
Comme il en est du chèvrefeuille
Qui au coudrier se prend:
Quand il s'est enlacé et pris
Et tout autour du fût s'est mis,
Ensemble ils peuvent bien durer;
Qui les veut ensuite désunir
Fait tôt le coudrier mourir
Et le chèvrefeuille avec lui.
- Belle amie, ainsi est de nous:
Ni vous sans moi, ni moi sans vous.

Marie de France

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Pour la première fois depuis bien longtemps je ferme les yeux

15 Août 2020, 01:21am

Publié par vertuchou

Pour la première fois depuis bien longtemps je ferme les yeux. Sur la paix de mon cœur.
Je n'ai plus à chercher mon chemin.
On ne peut pas m'empêcher de fermer les yeux si je suis heureux.
Un peu comme les portes ou les fenêtres des granges.
On les ferme une fois qu'elles sont pleines.
Tu es en moi comme une provision merveilleuse.
Bien sûr je te ferai mal.
Bien sûr tu me feras mal.
Bien sûr nous aurons mal.
Mais ça, c'est la condition de l'existence.
Se faire printemps, c'est prendre le risque de l'hiver.
Se faire présent, c'est prendre le risque de l'absence...
... Et moi, c'est à mon risque de peine que je connais ma joie.

Antoine de Saint-Exupéry, Lettre à Nathalie Paley, 1942

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Adieu tristesse

14 Août 2020, 01:01am

Publié par vertuchou

Je t'ai croisée
Un samedi soir
Et j'ai jeté sur ta silhouette
Une poignée d'épices colorées
Mon but était clair
T'envoûter
Tout en restant
Libre moi et libre toi
Car le roi de l'amour
N'a plus besoin d'esclaves.

Adieu, adieu la nuit
Adieu tristesse, adieu les larmes
Je ne suis plus celui
Que tu as connu, plus le même
Ô belle enfant
Qui a tant pleuré
Adieu tout est fini
Adieu les larmes, adieu la nuit.

Et le soleil de minuit a brillé pour nous
Jusqu'à l'arrivée du jour
Alors nous nous sommes séparés
Comme déjà saturés des délices du futur
Et j'ai marché seul
Guidé par ton ombre
J'ai traversé la ville déserte
Encore étincelante
Du voyage des rêveurs

Adieu, adieu la nuit
Adieu tristesse, adieu les larmes
Je ne suis plus celui
Que tu as connu, plus le même
Ô belle enfant
Qui a tant pleuré
Adieu tout est fini
Adieu les larmes, adieu la nuit.

Arthur H

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Adieu tristesse

14 Août 2020, 01:01am

Publié par vertuchou

 

Je t'ai croisée
Un samedi soir
Et j'ai jeté sur ta silhouette
Une poignée d'épices colorées
Mon but était clair
T'envoûter
Tout en restant
Libre moi et libre toi
Car le roi de l'amour
N'a plus besoin d'esclaves.

Adieu, adieu la nuit
Adieu tristesse, adieu les larmes
Je ne suis plus celui
Que tu as connu, plus le même
Ô belle enfant
Qui a tant pleuré
Adieu tout est fini
Adieu les larmes, adieu la nuit.

Et le soleil de minuit a brillé pour nous
Jusqu'à l'arrivée du jour
Alors nous nous sommes séparés
Comme déjà saturés des délices du futur
Et j'ai marché seul
Guidé par ton ombre
J'ai traversé la ville déserte
Encore étincelante
Du voyage des rêveurs

Adieu, adieu la nuit
Adieu tristesse, adieu les larmes
Je ne suis plus celui
Que tu as connu, plus le même
Ô belle enfant
Qui…  

Arthur H

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Adieu tristesse

14 Août 2020, 01:01am

Publié par vertuchou

 

Je t'ai croisée
Un samedi soir
Et j'ai jeté sur ta silhouette
Une poignée d'épices colorées
Mon but était clair
T'envoûter
Tout en restant
Libre moi et libre toi
Car le roi de l'amour
N'a plus besoin d'esclaves.

Adieu, adieu la nuit
Adieu tristesse, adieu les larmes
Je ne suis plus celui
Que tu as connu, plus le même
Ô belle enfant
Qui a tant pleuré
Adieu tout est fini
Adieu les larmes, adieu la nuit.

Et le soleil de minuit a brillé pour nous
Jusqu'à l'arrivée du jour
Alors nous nous sommes séparés
Comme déjà saturés des délices du futur
Et j'ai marché seul
Guidé par ton ombre
J'ai traversé la ville déserte
Encore étincelante
Du voyage des rêveurs

Adieu, adieu la nuit
Adieu tristesse, adieu les larmes
Je ne suis plus celui
Que tu as connu, plus le même
Ô belle enfant
Qui…  

Arthur H

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Adieu tristesse

14 Août 2020, 01:01am

Publié par vertuchou

 

Je t'ai croisée
Un samedi soir
Et j'ai jeté sur ta silhouette
Une poignée d'épices colorées
Mon but était clair
T'envoûter
Tout en restant
Libre moi et libre toi
Car le roi de l'amour
N'a plus besoin d'esclaves.

Adieu, adieu la nuit
Adieu tristesse, adieu les larmes
Je ne suis plus celui
Que tu as connu, plus le même
Ô belle enfant
Qui a tant pleuré
Adieu tout est fini
Adieu les larmes, adieu la nuit.

Et le soleil de minuit a brillé pour nous
Jusqu'à l'arrivée du jour
Alors nous nous sommes séparés
Comme déjà saturés des délices du futur
Et j'ai marché seul
Guidé par ton ombre
J'ai traversé la ville déserte
Encore étincelante
Du voyage des rêveurs

Adieu, adieu la nuit
Adieu tristesse, adieu les larmes
Je ne suis plus celui
Que tu as connu, plus le même
Ô belle enfant
Qui…  

Arthur H

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All The World Is Green

13 Août 2020, 01:43am

Publié par vertuchou

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La nuit de mai

12 Août 2020, 01:14am

Publié par vertuchou

S’il ne te faut, ma sœur chérie,
Qu’un baiser d’une lèvre amie
Et qu’une larme de mes yeux,
Je te les donnerai sans peine ;
De nos amours qu’il te souvienne,
Si tu remontes dans les cieux.
Je ne chante ni l’espérance,
Ni la gloire, ni le bonheur,
Hélas ! pas même la souffrance.
La bouche garde le silence
Pour écouter parler le cœur.

Alfred de Musset

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