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Coups de cœur
Je m’en vais en pleurant...
Je m’en vais en pleurant sur mon passé
et je me repose sur l’amour des choses mortelles,
sans m’élever à toute volée, ayant moi-même des ailes,
pour peut-être ne pas donner de moi mauvais exemple.
Toi qui vois mes maux indignes et sacrilèges,
Roi du ciel invisible et immortel,
va secourir l’âme détournée de toi et frêle,
et remplis son défaut de ta Grâce:
Si moi, j’avais vécu de guerre et de tempête,
je serais mort en paix et à bon port;
si la partie fut vaine, au moins qu’elle soit honnête.
Pour le peu qu’il me reste à vivre
et à mourir, je désire être prêt dans ta main:
tu sais bien qu’en personne d’autre est mon espérance.
Francesco Pétrarque
Je veux être avec toi
“ Je veux être avec toi. Tout me manque, chacun des mouvements de ton être, ta voix, tes yeux, ta jolie bouche, ton rire si clair et sincère, TOI. Je t’aime mon Nick. Je suis si heureuse de penser que je t’aime — de penser que tu m’attends — et que tu m’aimes. ”
Frida Kahlo, Lettre adressée à Nickolas Muray, 16 février 1939
À toi
Je suis à toi
ce que la vague est à l'océan,
ce que l'eau est au vivant,
ce que le sens est au signe
Je suis à toi
ce que le sable est au désert
ce que l'arme est à la guerre
ce que la rime est au vers
...à toi
ce que la particule est à l'univers
ce que la pluie est au désert
ce que la goutte est à la mer
Je suis à toi comme ça...
Dina Sahyouni
With Lilies White
Comme un dévot
Comme un dévot devers les cieux,
Mes yeux tournés devers tes yeux,
A genoux auprès de ta bouche,
Pressé de mille ardents désirs
Je laisse sans ouvrir ma bouche
Avec toi dormir mes plaisirs.
Théophile de Viau
Ma main glissait sur sa nuque
Ma main glissait sur sa nuque, sous ses cheveux. Dans les moments les plus vains ou les plus ternes, j’avais ainsi le sentiment de rester en contact avec les grands objets naturels, l’épaisseur des forêts, l’échine musclée des panthères, la pulsation régulière des sources. Mais aucune caresse ne va jusqu’à l’âme.
Marguerite Yourcenar, Mémoires d’Hadrien
Les Marquises
Ils parlent de la mort comme tu parles d’un fruit
Ils regardent la mer comme tu regardes un puits
Les femmes sont lascives au soleil redouté
Et s’il n’y a pas d’hiver, cela n’est pas l’été
La pluie est traversière, elle bat de grain en grain
Quelques vieux chevaux blancs qui fredonnent Gauguin
Et par manque de brise, le temps s’immobilise
Aux Marquises
Du soir, montent des feux et des points de silence
Qui vont s’élargissant, et la lune s’avance
Et la mer se déchire, infiniment brisée
Par des rochers qui prirent des prénoms affolés
Et puis, plus loin, des chiens, des chants de repentance
Et quelques pas de deux et quelques pas de danse
Et la nuit est soumise et l’alizé se brise
Aux Marquises
Le rire est dans le cœur, le mot dans le regard
Le cœur est voyageur, l’avenir est au hasard
Et passent des cocotiers qui écrivent des chants d’amour
Que les sœurs d’alentour ignorent d’ignorer
Les pirogues s’en vont, les pirogues s’en viennent
Et mes souvenirs deviennent ce que les vieux en font
Veux-tu que je te dise : gémir n’est pas de mise
Aux Marquises
Jacques Brel
Camera's Rolling
Chef de section
Ma bouche aura des ardeurs de géhenne
Ma bouche te sera un enfer de douceur et de séduction
Les anges de ma bouche trôneront dans ton cœur
Les soldats de ma bouche te prendront d’assaut
Les prêtres de ma bouche encenseront ta beauté
Ton âme s’agitera comme une région pendant un tremblement de terre
Tes yeux seront alors chargés de tout l’amour qui s’est amassé dans les regards de l’humanité depuis qu’elle existe
Ma bouche sera une armée contre toi une armée pleine de disparates
Variée comme un enchanteur qui sait varier ses métamorphoses
L’orchestre et les chœurs de ma bouche te diront mon amour
Elle te le murmure de loin
Tandis que les yeux fixés sur la montre j’attends la minute prescrite pour l’assaut
Guillaume Apollinaire