Le poète est semblable
Le poète est semblable au prince des nuées. Ses ailes de géant l'empêchent de marcher
Charles Baudelaire
Coups de cœur
Le poète est semblable au prince des nuées. Ses ailes de géant l'empêchent de marcher
Charles Baudelaire
J'ai les méninges nomades
J'ai le miroir maussade
Tantôt mobile
Tantôt tranquille
Je moissonne sans bousculade
Je dis Aime
Et je le sème
Sur ma planète
Je dis M
Comme un emblème
La haine je la jette
Je dis AIME, AIME, AIME
Du Sphinx dans mon rimeur
Paris au fil du cœur
Du Nil dans mes veines
Dans mes artères coule la Seine
Je dis Aime
Et je le sème
Sur ma planète
Comme un emblème
La haine je la jette
Je dis AIME, AIME, AIME
Andrée Chedid
Jean-Sébastien. Bach: Was mir behagt, ist nur die muntre Jagd, Cantata BWV 208 - Aria: Schafe können sicher, interprétation Magdalena Kožená
L’agneau cherche l’amère bruyère,
C’est le sel et non le sucre qu’il préfère,
Son pas fait le bruit d’une averse sur la poussière.
Quand il veut un but, rien ne l’arrête,
Brusque, il fonce avec de grands coups de sa tête,
Puis il bêle vers sa mère accourue inquiète…
Agneau de Dieu, qui sauves les hommes,
Agneau de Dieu, qui nous comptes et nous nommes,
Agneau de Dieu, vois, prends pitié de ce que nous sommes.
Donne-nous la paix et non la guerre,
Ô l’agneau terrible en ta juste colère.
Ô toi, seul Agneau, Dieu le seul fils de Dieu le Père.
Paul Verlaine
Ils marchèrent côte à côte, lentement. Plantin n'était pas pressé de la perdre, adoptait un pas de flâneur des deux rives. Elle balançait, heureuse, un petit sac à main noir. Oui, elle était heureuse, épanouie, jeune et vive. Elle devait avoir vingt-cinq ans, ou vingt-six. Elle était même un peu plus grande que lui. Il est vrai qu'elle était anglaise. Henri n'avait jamais parlé à une Anglaise.
René Fallet, Paris au mois d’août.
J'étais enfant, la nuit régnait étincelante,
Je m'étais endormi sur le bord d'un chemin,
Quand, en songe, une vierge à mes yeux se présente,
Belle, fière et portant des palmes à la main.
Elle pencha vers moi sa tête ravissante,
Dit des mots inconnus dans le langage humain ;
Et puis je crus sentir sur ma bouche brûlante
Se poser un instant ses lèvres de carmin.
C'est bien loin, et pourtant les traits de cette femme,
Présents à mes regards, charment encor mon âme.
Souvent, la nuit, j'en rêve, et j'y pense, le jour.
Cette amante au front pur que mon cœur s'est choisie,
Ce bel ange aux ailes d'or, c'était la poésie.
Qu'elle soit, ô mon Dieu ! sensible à tant d'amour !
Armand de Flaux
La poésie demande un génie particulier, qui ne s'accommode pas trop avec le bon sens. Tantôt, c'est le langage des dieux, tantôt c'est le langage des fous, rarement celui d'un honnête homme.
Charles de Marguetel de Saint-Denis de Saint-Évremond
Ils cassent le monde
En petits morceaux
Ils cassent le monde
A coups de marteau
Mais ça m'est égal
Ça m'est bien égal
Il en reste assez pour moi
Il en reste assez
Il suffit que j'aime
Une plume bleue
Un chemin de sable
Un oiseau peureux
Il suffit que j'aime
Un brin d'herbe mince
Une goutte de rosée
Un grillon de bois
Ils peuvent casser le monde
En petits morceaux
Il en reste assez pour moi
Il en reste assez
Boris Vian