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Dors ! petit enfant.

16 Octobre 2019, 01:46am

Publié par vertuchou

Dors ! Dors ! petit enfant blotti dans nos refuges ;
Tu es le nourrisson par les Muses nourri,
Tes rires et tes pleurs se noient dans nos déluges
Entre soleil et pluie, en nos rêves tu vis.

Nos doigts te dessinent sur mon ventre brûlant ;
Ton visage d’ange a les traits de l’envie
Et ta peau le velours d’une fleur de printemps
Qui perce la neige et la mélancolie.

À tes cheveux bouclés se pendent les étoiles
Et dans tes yeux de nuit se perdent nos sanglots.
Le vent d’amour souffle sur un bateau à voiles
Perdu dans le désert d’une mer sans rouleaux.

Il n’est plus pur désir que te tendre nos bras,
Et t’apprendre à aimer la vie et ses beautés,
À te tenir la main au premier de tes pas
Et te bercer le soir au murmure des fées.

Dors ! Dors ! petit enfant blotti dans nos refuges ;
Tu es le nourrisson par les Muses nourri,
Tes rires et tes pleurs se noient dans nos déluges
Entre soleil et pluie, en nos rêves tu vis.

Michèle Brodowicz

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Un poème est un mystère

15 Octobre 2019, 01:45am

Publié par vertuchou

Un poème est un mystère

dont le lecteur doit chercher la clef.


Stéphane Mallarmé

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I am a lonesome hobo / Je suis un clochard solitaire

14 Octobre 2019, 01:39am

Publié par vertuchou

I am a lonesome hobo
Without family or friends
Where another man’s life might begin
That’s exactly where mine ends
I have tried my hand at bribery
Blackmail and deceit
And I’ve served time for ev’rything
’Cept beggin’ on the street

Well, once I was rather prosperous
There was nothing I did lack
I had fourteen-karat gold in my mouth
And silk upon my back
But I did not trust my brother
I carried him to blame
Which led me to my fatal doom
To wander off in shame

Kind ladies and kind gentlemen
Soon I will be gone
But let me just warn you all
Before I do pass on
Stay free from petty jealousies
Live by no man’s code
And hold your judgment for yourself
Lest you wind up on this road

Bob  Dylan

 Je suis un clochard solitaire
Sans famille ni amis,
Là où la vie d’un homme pourrait commencer,
C’est là que finit la mienne.
J’ai touché à la corruption,
Au chantage et à la tromperie,
Et j’ai été condamné pour tout
A part mendier dans la rue.

Jadis j’étais plutôt à l’aise,
Il n’y avait rien dont je manquais.
J’avais de l’or à quatorze carats dans la bouche,
Et de la soie sur le dos.
Mais je n’ai pas fait confiance à mon frère,
Je lui ai fait porter la faute,
Ce qui m’a conduit vers ce funeste destin :
Errer dans la honte.

Bonnes dames et gentilshommes,
Bientôt je serai parti,
Mais permettez-moi de vous avertir tous,
Avant de passer mon chemin :
Abandonnez les jalousies mesquines,
Ne vivez sous la loi d’aucun homme,
Et gardez votre jugement pour vous-même
Autrement vous terminerez sur cette route.

Bob Dylan

Traduction Pierre Mercy et François Guillez

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Berthe Krull

13 Octobre 2019, 01:19am

Publié par vertuchou

Germaine Krull, Berthe Krull, 1927

Germaine Krull, Berthe Krull, 1927

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L'espoir est la créature avec des ailes

12 Octobre 2019, 01:23am

Publié par vertuchou

L'espoir est la créature avec des ailes
Qui se perche dans l'âme
Et chante l'air sans les paroles
Et ne s'arrête jamais.
C'est la voix la plus douce dans la rafale ;
Affreux doit être l'orage
Qui pourrait déconcerter l'oiseau
Qui réchauffait tant de monde.
Je l'ai entendu au pays le plus froid
Et sur la mer la plus étrange ;
Pourtant jamais dans la détresse
Il ne m'a demandé une miette.

Emily Dickinson

Hope is the thing with feathers
That perches in the soul,
And sings the tune without the words,
And never stops at ail,
And sweetest in the gale is heard;
And sore must be the storm
That could abash the little bird
That kept so many warm.
I've heard it in the chillest land,
And on the strangest sea;
Yet, never, in extremity,
It asked a crumb of me.

--

 

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Devant lui, souriante se tenait une jeune fille

11 Octobre 2019, 01:12am

Publié par vertuchou

Devant lui, souriante se tenait une jeune fille. Samba Diallo ne bougea pas, malgré l’invite, comme fasciné par l’apparition. Elle était grande et bien prise dans un jersey serré, dont la couleur noir rehaussait le teint chaud de soleil couchant du cou, du visage et des bras. Une masse pesante de cheveux noirs auréolait la tête et descendait en un pan lourd jusqu’aux épaules (…) Le cou était gracile sans être mince et sa sveltesse soulignait le poids d’une gorge ferme. Sur soleil rouge du visage éclatait le jais des yeux immenses, le reflet tour à tour retenu et offert du sourire timide. […] Il la suivit, et son regard s’attarda sur le lent ondoiement du buste qu’animait le rythme des jambes longues, et qu’il devinait fines, dans le prolongement des petits pieds chaussés de mocassins.
Cheikh Hamidou Kane, L’aventure ambiguë

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Laisse les nuages

10 Octobre 2019, 01:55am

Publié par vertuchou

Laisse les nuages blancs passer au soleil.
Il n'y a ici que toi, la terre et le ciel.
Ne pense à presque rien.
Douces comme du miel.
Les ânes passeront en frissonnant de mouches.
La mère chantera sur l'enfant qu'elle couche,
Et je t'embrasserai, la bouche sur la bouche.
Puis le ciel sera bleu, puis le ciel sera gris.
Les oiseaux chanteront et pousseront des cris,
Et auprès du vieux puits il poussera des buis.
Ecoute mon amie : il y a sous la grange
Un nid d'hirondelles petites et criardes
Et qui ont la douceur de la vie calme et sage.
On a coupé les blés qui dormaient au soleil,
Puis la pluie est venue, elle est venue du ciel :
Elle a noyé le blé et a mangé le miel.
Mais la douleur est douce et ton amour est doux.
Tu m'as donné ton cœur, ta tête et tes genoux :
Nous ne faisons plus qu'un et ton cœur est à nous.

Francis Jammes

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When I Am Laid In Earth

9 Octobre 2019, 01:51am

Publié par vertuchou

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Cet obscur comme une étreinte

8 Octobre 2019, 02:23am

Publié par vertuchou

Cet obscur comme une étreinte,

Quelque chose qui semble toujours nous attendre quelque

Part et reste toujours caché ce cri étrange solitaire d’avant

Le monde comme d’un grand oiseau dans le gris du matin

Ce quelque part cet incertain qui est une solitude éternelle

Un manteau qui flotte autour du corps et dont on voudrait

Se défaire à chaque instant Toute rencontre est une énigme

Est un miroir qui nous défait et nous fait ressembler à cela

Ces mains enfouies dans la farine du soir quand l’heure est

Bleue quand il est temps d’écarter doucement les dentelles

De la nuit ou de l’aube ou de quelque début de toute rencontre

Nous prend la main dans le sac des yeux et nous transporte

Jusqu’à cet inconnu en nous cet obscur comme une étreinte

Qui se prépare mais nous ne savons pas ce qui nous lie à ça

Cet étonnement cette goutte d’ombre qui noue les cils de l’

Un à l’autre celle qui semble saoule et qu’on va reconnaître

Alain Duault

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La poésie est une parole aimante

7 Octobre 2019, 02:17am

Publié par vertuchou

La poésie est une parole aimante : elle rassemble celui qui la prononce, elle le recueille dans la nudité de quelques mots. Ces mots – et avec eux le mystère de la présence humaine – sont offerts à celui qui les entend, qui les reçoit. La poésie, en ce sens, c’est la communication absolue d’une personne à une autre : un partage sans reste, un échange sans perte. On ne peut mentir en poésie. On ne peut dire que le vrai et seulement le vrai. Si on ment on sort de la poésie pour choir dans le langage coutumier, dans le mensonge habituel, dans la vie ordinaire, morte.

Christian Bobin

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