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À qui est depuis longtemps confiné dans la cité

22 Octobre 2019, 01:33am

Publié par vertuchou

À qui est depuis longtemps confiné dans la cité,
Il est fort doux de perdre son regard
Dans le beau visage ouvert du ciel — d’exhaler une prière
En plein sourire du bleu firmament.
Qui serait plus heureux, lorsque, le cœur comblé,
Il se laisse choir, très las, en quelque délicieuse couche
D’herbes onduleuses, et, lit une courtoise
Et douce histoire sur l’amour et ses peines ?
Rentrant au logis, le soir, l’oreille attentive
Aux plaintes de Philomèle, et l’œil
Épousant la course d’un petit nuage brillant qui passe,
Il se lamente qu’un tel jour ait pu si vite s’enfuir,
S’enfuir comme une larme répandue par un ange
Qui tombe dans la transparence de l’éther, silencieusement.

John Keats





 

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Ça aussi, c’est un émerveillement inépuisable

21 Octobre 2019, 01:14am

Publié par vertuchou

Ça aussi, c’est un émerveillement inépuisable : non seulement les femmes sont nues sous leurs vêtements, mais elles ont  toutes cette chose miraculeuse entre les jambes et le plus troublant, c’est qu’elles l’ont tout le temps, même quand elles n’y pensent pas. [...] J’aime en regardant le visage d’une femme qu’on puisse l’imaginer en train de jouir. Il y en a c’est presque impossible, on ne sent aucun abandon, mais toi on te vois bouger, sourire, parler de tout autre chose, on devine tout de suite que tu aimes jouir, on a tout de suite envie de te connaître quand tu jouis et quand on te connait, eh bien on est pas déçu….

Emmanuel Carrère, Un roman russe
E

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Beaucoup de ces dieux ont péri

20 Octobre 2019, 01:30am

Publié par vertuchou

Beaucoup de ces dieux ont péri
C’est sur eux que pleurent les saules
Le grand Pan l’amour Jésus-Christ
Sont bien morts et les chats miaulent
Dans la cour je pleure à Paris

Moi qui sais des lais pour les reines
Les complaintes de mes années
Des hymnes d’esclave aux murènes
La romance du mal aimé
Et des chansons pour les sirènes

L’amour est mort j’en suis tremblant
J’adore de belles idoles
Les souvenirs lui ressemblant
Comme la femme de Mausole
Je reste fidèle et dolent

Je suis fidèle comme un dogue
Au maître le lierre au tronc
Et les Cosaques Zaporogues
Ivrognes pieux et larrons
Aux steppes et au décalogue

Portez comme un joug le Croissant
Qu’interrogent les astrologues
Je suis le Sultan tout-puissant
O mes Cosaques Zaporogues
Votre Seigneur éblouissant

Devenez mes sujets fidèles
Leur avait écrit le Sultan
Ils rirent à cette nouvelle
Et répondirent à l’instant
A la lueur d’une chandelle

Guillaume Apollinaire

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De l'extérieur on ne sait rien

19 Octobre 2019, 01:59am

Publié par vertuchou

De l'extérieur on ne sait rien de ce qui se noue entre les êtres,

de ce qui se joue dans un couple. On émet des hypothèses,

des jugements hâtifs mais au fond on ne sait rien,

c'est beaucoup trop profond, beaucoup trop complexe.

-   Olivier Adam, Des vents contraires

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Visages, miroirs

18 Octobre 2019, 01:51am

Publié par vertuchou

Lorsque je suis entré dans la chambre
celle qui dormait ne s'est pas éveillée.

Lorsque je me suis assis dans la chambre
celle qui veillait ne m'a pas regardé.

Lorsque je suis sorti de la chambre
celle qui pleurait ne s'est pas retournée.

Ô visage, nuage !
La lune s'est noyée dans le miroir.

Jean Joubert

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Le grand ballet

17 Octobre 2019, 01:48am

Publié par vertuchou

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Dors ! petit enfant.

16 Octobre 2019, 01:46am

Publié par vertuchou

Dors ! Dors ! petit enfant blotti dans nos refuges ;
Tu es le nourrisson par les Muses nourri,
Tes rires et tes pleurs se noient dans nos déluges
Entre soleil et pluie, en nos rêves tu vis.

Nos doigts te dessinent sur mon ventre brûlant ;
Ton visage d’ange a les traits de l’envie
Et ta peau le velours d’une fleur de printemps
Qui perce la neige et la mélancolie.

À tes cheveux bouclés se pendent les étoiles
Et dans tes yeux de nuit se perdent nos sanglots.
Le vent d’amour souffle sur un bateau à voiles
Perdu dans le désert d’une mer sans rouleaux.

Il n’est plus pur désir que te tendre nos bras,
Et t’apprendre à aimer la vie et ses beautés,
À te tenir la main au premier de tes pas
Et te bercer le soir au murmure des fées.

Dors ! Dors ! petit enfant blotti dans nos refuges ;
Tu es le nourrisson par les Muses nourri,
Tes rires et tes pleurs se noient dans nos déluges
Entre soleil et pluie, en nos rêves tu vis.

Michèle Brodowicz

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Un poème est un mystère

15 Octobre 2019, 01:45am

Publié par vertuchou

Un poème est un mystère

dont le lecteur doit chercher la clef.


Stéphane Mallarmé

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I am a lonesome hobo / Je suis un clochard solitaire

14 Octobre 2019, 01:39am

Publié par vertuchou

I am a lonesome hobo
Without family or friends
Where another man’s life might begin
That’s exactly where mine ends
I have tried my hand at bribery
Blackmail and deceit
And I’ve served time for ev’rything
’Cept beggin’ on the street

Well, once I was rather prosperous
There was nothing I did lack
I had fourteen-karat gold in my mouth
And silk upon my back
But I did not trust my brother
I carried him to blame
Which led me to my fatal doom
To wander off in shame

Kind ladies and kind gentlemen
Soon I will be gone
But let me just warn you all
Before I do pass on
Stay free from petty jealousies
Live by no man’s code
And hold your judgment for yourself
Lest you wind up on this road

Bob  Dylan

 Je suis un clochard solitaire
Sans famille ni amis,
Là où la vie d’un homme pourrait commencer,
C’est là que finit la mienne.
J’ai touché à la corruption,
Au chantage et à la tromperie,
Et j’ai été condamné pour tout
A part mendier dans la rue.

Jadis j’étais plutôt à l’aise,
Il n’y avait rien dont je manquais.
J’avais de l’or à quatorze carats dans la bouche,
Et de la soie sur le dos.
Mais je n’ai pas fait confiance à mon frère,
Je lui ai fait porter la faute,
Ce qui m’a conduit vers ce funeste destin :
Errer dans la honte.

Bonnes dames et gentilshommes,
Bientôt je serai parti,
Mais permettez-moi de vous avertir tous,
Avant de passer mon chemin :
Abandonnez les jalousies mesquines,
Ne vivez sous la loi d’aucun homme,
Et gardez votre jugement pour vous-même
Autrement vous terminerez sur cette route.

Bob Dylan

Traduction Pierre Mercy et François Guillez

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Berthe Krull

13 Octobre 2019, 01:19am

Publié par vertuchou

Germaine Krull, Berthe Krull, 1927

Germaine Krull, Berthe Krull, 1927

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