La fleur parfaite
La fleur parfaite est chose rare.
On pourrait passer sa vie
à en chercher une,
et ce ne serait pas une vie gâchée.
Katsumoto
Coups de cœur
La fleur parfaite est chose rare.
On pourrait passer sa vie
à en chercher une,
et ce ne serait pas une vie gâchée.
Katsumoto
Le poète est le véhicule, le médium naturel de forces inconnues qui le manœuvrent, profitent de sa pureté pour se répandre par le monde.
Jean Cocteau
Il reste toujours quelque chose des amours
mortes ou perdues, un regard sur les prés,
sur une fleur qui penche vers le soir,
sur les montagnes qui émergent après
les brumes du matin, il reste toujours,
sous nos paupières, des rêves inachevés,
des souvenirs de neiges ou d'étoiles
filantes comptées dans les nuits d'août,
il reste aussi quelques fenêtres ouvertes
sur les averses d'été qui sentent si bon
qu'on se sent proche d'un nouvel amour,
d'un amour tranquille et brûlant à la fois,
qui tremblerait à la lisière du temps
comme un dernier sourire, avant de s'en aller.
Richard Rognet, 2016
Amour – tu es profond –
Je ne puis te franchir –
Mais, en étant Deux
Au lieu d’un Seul –
Yacht, et Rameur – par un royal Eté –
Qui sait – si nous n’atteindrions pas le Soleil?
Amour – tu es Voilé –
Peu – te contemplent –
Sourient – et changent – et jasent – et meurent –
Le Bonheur – serait Bizarrerie – sans toi –
Surnommé par Dieu –
Eternité –
Emily Dickinson
Un sentiment esthétique intense me transporta au moment où je posai ma main sur ta peau, sans rien faire d'autre, sans rien vouloir d'autre, un sentiment profond qui avait cette dimension étrange des sentiments esthétiques, qui exaltent et qui comblent, et qui continuent après avoir comblé de procurer une exaltation inépuisable.
Alexis Jenni, Dans l'attente de toi
On n’a jamais été portés
Au laisser-aller
Notre gravité nous tient
Serrés court
Et dans le peu des choses
Bien obligés
On respire menu
De la vie pourtant
On attend plus
Que la vie
C’est là-haut
Que cela se joue
Le ciel est tout ouvert
Pour nous
Nos œuvres à venir
Florence Saint-Roch
Mon esprit qui toujours d'un vain espoir s'apaise,
Compare votre sein, dont je suis envieux,
A des jeunes boutons, puis il dit à mes yeux :
Si vous les pouviez voir, ne mourriez-vous point d'aise ?
Ainsi dans mon esprit s'allume une fournaise,
Et son feu se nourrit d'un objet gracieux,
Qui me fait concevoir en tout et en tous lieux,
L'enflure de ce marbre où fleurit une fraise.
Enfin si votre amour demeure le vainqueur,
Et si jusqu'à la mort vous poursuivez mon cœur,
Mon Amaranthe, au moins donnez-lui sépulture.
Que si vous voulez suivre en cela mon dessein,
Son tombeau n'aura pas une autre couverture
Que du marbre qu'on voit qui blanchit votre sein.
Pierre de Marbeuf
Aussi longtemps que nous fréquenterons la poésie,
nous ne risquerons pas le vide intérieur !
Emil Cioran