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Ne retourne pas dormir ...

16 Mars 2015, 05:03am

Publié par vertuchou

La fraicheur de l'aube a des secrets à te dire.
Ne retourne pas dormir.

Tu dois demander ce que tu veux vraiment.
Ne retourne pas dormir.

Les gens vont et viennent et ainsi de suite
A l'endroit où se touchent les deux mondes
La porte est ronde et ouverte.
Ne retourne pas dormir.

Djalâl-od-Dîn Rûmî

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Marlene Dietrich

15 Mars 2015, 04:58am

Publié par vertuchou

Irving Penn, Marlene Dietrich, Noël 1948

Irving Penn, Marlene Dietrich, Noël 1948

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Attente

14 Mars 2015, 04:55am

Publié par vertuchou

Le soleil a passé toute la nuit chez les
morts depuis que je l'attends, assise sur mon
lit, lasse d'avoir veillé. La mèche de la lampe
épuisée a brûlé jusqu'à la fin.
Elle ne reviendra plus : voici la dernière
étoile. Je sais bien qu'elle ne viendra plus.
Je sais même le nom que je hais. Et cependant
j'attends encore.
Qu'elle vienne maintenant ! oui, qu'elle
vienne, la chevelure défaite et sans roses,
la robe souillée, tachée, froissée, la langue
sèche et les paupières noires !
Dès qu'elle ouvrira la porte, je lui dirai...
mais la voici... C'est sa robe que je touche,
ses mains, ses cheveux, sa peau. Je l'embrasse
d'une bouche éperdue, et je pleure.

Pierre Louÿs

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Le poète est un four à brûler

13 Mars 2015, 04:42am

Publié par vertuchou

Le poète est un four à brûler le réel. De toutes les émotions brutes

qu’il reçoit, il sort parfois un léger diamant d’une eau et d’un éclat

incomparables.

Pierre Reverdy

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Art poétique

12 Mars 2015, 04:10am

Publié par vertuchou

Dans le poème
On peut lire

Le monde comme il apparaît
Au premier regard.

Mais le poème
Est un miroir

Qui offre d'entrer dans le reflet

Pour le travailler,
Le modifier.

- Alors le reflet modifié
Réagit sur l'objet
Qui s'est laissé refléter.

Eugène Guillevic

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Yellow Street II

11 Mars 2015, 05:36am

Publié par vertuchou

Lyonel Charles Feininger (1871 -1956), Yellow Street II, 1918

Lyonel Charles Feininger (1871 -1956), Yellow Street II, 1918

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Sa dernière nuit....

10 Mars 2015, 05:33am

Publié par vertuchou

Sa dernière nuit de vivante
C’était une Nuit comme les Autres
Sauf qu’elle Mourait — et cela
Changeait pour nous l’Aspect des Choses

Nous remarquions les plus menues —
Auparavant inaperçues
Cette grande clarté sur nos Esprits
Les mettait — comme en italique.

Comme Nous allions et venions
Entre sa Chambre finale
Et les Chambres où Ceux qui seraient
Vivants demain étaient, un Blâme

À l’idée que les Autres puissent vivre
Alors que tout était fini pour Elle
Une Jalousie dans l’air envers Elle
Si proche de l’infini —

Nous avons attendu qu’Elle franchisse le pas —
Un moment étroit — Nos Âmes —
Trop bousculées pour parler
Enfin l’avis est arrivé.

Elle en a pris note et l’a oublié —
Puis aussi légère qu’un Roseau
Penché sur l’Eau, s’est à peine débattue —
A consenti, et elle est morte —

Et Nous — Nous avons arrangé les Cheveux —
Et mis la Tête droite —
Puis il n’est plus resté que le terrifiant loisir
de gendarmer la Foi —

Emily Dickinson

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Aux yeux d’un photographe

9 Mars 2015, 04:38am

Publié par vertuchou

Tout ce qui surgit, mort ou vif, aux yeux d’un photographe inspire prend

mystérieusement différentes formes : un objet vient à la vie grâce

à la lumière ou a à ce qui l’entoure.

Et si le photographe est un peu talentueux,

il pourra en faire quelque chose – j’imagine que cela s’appelle la poésie.

Josef Sudek

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Faire vivre

8 Mars 2015, 04:55am

Publié par vertuchou

Ils étaient quelques-uns qui vivaient dans la nuit
En rêvant du ciel caressant
Ils étaient quelques-uns qui aimaient la forêt
Et qui croyaient au bois brûlant
L’odeur des fleurs les ravissait même de loin
La nudité de leurs désirs les recouvrait
Ils joignaient dans leur cœur le souffle mesuré
A ce rien d’ambition de la vie naturelle
Qui grandit dans l’été comme un été plus fort

Ils joignaient dans leur cœur l’espoir du temps qui vient
Et qui salue de loin un autre temps
A des amours plus obstinées que le désert

Un tout petit peu de sommeil
Les rendait au soleil futur
Ils duraient ils savaient que vivre perpétue

Et leurs besoins obscurs engendraient la clarté.

Ils n’étaient que quelques-uns
Ils furent foule soudain

Ceci est de tous les temps.

Paul Eluard

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Piazzolla Forever

7 Mars 2015, 04:50am

Publié par vertuchou

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